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Notre confrère Godefroid Mombula Alekiabo vient d’être élu membre du Comité Directeur de Pax Christi International (PCI). 
 
Extraits de son interview dans DIA (revue de la Conférence Episcopale du Congo) août 2019: 
 
Il s’agit des 3 pays des Grands Lacs mais aussi de 38 organisations africaines membres de Pax Christi réparties sur 14 pays Africains (Kenya, Ouganda, Ethiopie, Soudan du Sud, Rwanda, Burundi, RDC, Zimbabwe, Afrique du Sud, Togo, Cameroun, Mali, Liberia, Tchad).
 (…)
Le réseau mondial des organisations membres de Pax Christi est fondé sur la conviction que la paix est possible et que des cycles vicieux de violence et d’injustice peuvent être brisés. Pax Christi International lutte contre les causes fondamentales et les conséquences désastreuses des conflits violents et de la guerre.
 
DIA : Vous faites votre entrée au Comité directeur de cette organisation catholique au moment où la paix est fortement fragilisée en Afrique en général et dans la région des Grands lacs en particulier, quelles seront vos priorités ?
 
Godefroid : L’Afrique en général et la région des Grands lacs en particulier, se caractérisent actuellement par une démocratie en déclin, une détérioration de l’espace civique et une instabilité croissante dans un contexte de gouvernance autoritaire et agressive ainsi que l’instrumentalisation de la jeunesse à la violence. Des conflits persistent et ont des effets profonds sur la sécurité des communautés locales et la stabilité des pays. Cela crée un cycle de guerres et de violence, et l’espace civique et public est beaucoup restreint.
 
Face à cette situation instable et préoccupante, le réseau Pax Christi des Grands lacs a adopté une approche régionale au lieu de se focaliser sur un seul pays. Ainsi PCI a initié le programme triennal axé sur la jeunesse (Renforcement des nouvelles générations à la NVA - Action non Violente - et à l’entrepreneuriat). Ce programme vise à former les jeunes à la non-violence active, à la culture de la paix et aider les jeunes défavorisés à s’engager dans l’entrepreneuriat, c’est-à-dire, créer des opportunités d’emploi, des activités génératrices de revenus.
 
DIA : Un message particulier à cette jeunesse africaine dont la majorité est dans le chômage et certains exploités par des groupes rebelles.
Godefroid : Les jeunes sont les acteurs clés du changement dans la société. Eduquer et former la jeunesse à la NVA et à la culture de la paix est un outil puissant pour prévenir les conflits et combattre la violence.
 
Je suis convaincu que les jeunes formés à la NVA et à la paix, imprégnés des valeurs positives et évangéliques, deviendront des catalyseurs du changement dans leurs propres communautés et contribueront de manière significative à la restauration d’une culture de paix, de réconciliation et de tolérance dans leurs localités et leurs pays.
 
Propos recueillis par Junior Kitambala
 
 
 
 
 
 

Cinq prêtres enlevés en RDC - par webMaster le 01/10/2019 @ 21:35

 

TROIS PRETRES DISPARUS EN 2012 ET DEUX EN 2017

On n'en parle pas parce que c'est loin, mais voici déjà 7 ans que 3 pères assomptionistes Ndulani, Kishagu et Wasukundi ont été enlevés  dans le Nord Kivu par des bandes de rebelles. Depuis le mois d'octobre 2012, il n'y a aucune nouvelle, personne ne sait ce qu'ils sont devenus.

En juillet 2017, ce sont deux abbés qui ont été enlevés :  Charles Kipasa et JP. Akilimla. Cela s'est passé dans une paroisse du Nord Kivu, diocèse de Butembo-Beni. Ils étaient en compagnie de séminaristes dans le presbytère l'orsqu'une bande non identifiée a fait irruption et a rossé tout le monde avant d'amener avec eux les deux prêtres. Depuis, personne n'a aucune nouvelle du lieu où ils seraient et s'ils sont encore vivants.

De plus, un abbé qui était en poste dans le diocèse de Tournai en Belgique n'est jamais revenu de son congé au Kasaï en 2018. Quand on connaît le nombre personnes massacrées dans cette province, toutes les craintes sont permises.

 

 

 

 

 


 
 
Pierre Ruquoy : victime de la dispersion d’insecticides 
 
 
       On se souvient qu’il y a douze ans, Pierre quittait la République Dominicaine pour la Zambie. Très vite il n’a pu refuser de répondre positivement à la demande de familles qui, ayant déjà plusieurs orphelins à charge, ne pouvaient en accepter un en plus. C’est ainsi qu’aujourd’hui près d’une soixantaine de jeunes, garçons et filles, vivent dans ce petit centre géré actuellement par Pierre et un confrère cicm.
 
     Mais son dernier séjour pour soins médicaux en Belgique a été l’occasion de réfléchir sur l’origine de sa maladie de Parkinson. En effet, vivant dans un petit village de coupeurs de cannes à sucre en République Dominicaine, il est certain d’avoir été victime de l’insecticide dispersé par avion dans les champs voisins. Deux de ses confrères qui l’avaient précédé dans les environs (Frank De Waele et Gérard Rogmans) sont décédés également gravement atteints par cette maladie. De même, un bon nombre de travailleurs dans les Bateys (camps de travailleurs) tremblaient comme des feuilles au vent au moment de leur décès.
 
   Sur place, Pierre avait déjà contacté l’entreprise responsable de la dispersion du produit, mais celle-ci avait nié tout effet secondaire. Comme Pierre ne se laisse pas faire, il avait dénoncé ce danger dans des journaux. Le patron de l’entreprise a voulu acheter son silence en l’invitant à un petit banquet chez lui. 
 
    Comme Pierre avait décliné l’invitation, c’est l’un des chefs de la sucrerie qui s’est déplacé en jet avec tous les plats. Arrivé à la Paroisse, il a été accueilli par un grand merci, j’ai déjà mangé, mais vous pouvez aller à tel endroit donner ce repas aux malheureux qui sont victimes de votre produit ! Peu après, des agents sont venus discuter avec lui ; Pierre leur a offert un verre d’eau et, en se quittant, il leur a dit : Puisque vous assurez que votre produit n’est pas nocif, j’en ai mis un peu dans l’eau ! Voir la tête des agents.
 
    L’entreprise a également essayé d’acheter son remplaçant en lui faisant parvenir une bonne somme d’argent, mais notre confrère l’a fait transférer chez l’évêque. En Belgique, un médecin de l’hôpital St Pierre à Ottignies lui a affirmé qu’il connaissait ce produit et qu’effectivement, il engendrait des effets secondaires graves pour la santé. Aujourd’hui, Pierre envisage de recommencer ce combat pour la santé des coupeurs de canne à sucre.
 
Jean Peeters
 
 
 
 
 

BANQUE ING AU TRIBUNAL - par webMaster le 13/07/2019 @ 18:52

 
 
 
 LA BANQUE ING EST ACCUSEE D'ETRE COMPLICE D’ABUS DE DROITS HUMAINS DANS LE SECTEUR DE L’HUILE DE PALME: LES ONG DÉPOSENT PLAINTE
 
Bruxelles/Amsterdam, le 5 juillet 2019 – Aujourd’hui, des organisations membres des Amis de la Terre (Friends of the Earth) déposeront une plainte contre la banque néerlandaise ING Group auprès du Point de contact national des Pays-Bas pour la mise en œuvre des Principes directeurs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour des entreprises multinationales.
 
Plusieurs ONG belges y ont participé et soutiennent la plainte qui fait échos aux revendications adressées depuis plusieurs années à ING Belgique. La plainte concerne le financement des entreprises de palmiers à huile - Noble Group, le Groupe Bolloré/Socfin et Wilmar International - et porte sur le déboisement de forêts tropicales (Noble Group), l’accaparement de terres (Groupe Bolloré/Socfin) et le travail des enfants (Wilmar International).
 
Comme membre d'une asbl qui rassemble les instituts missionnaires européens (AEFJN), Scheut participe financièrement à cette action. La banque incriminée finance allègrement des multinationales qui agrandissent illégalement leur possessions en Afrique et en Asie et ne respectent pas les promesses faites aux paysans expulsés de construire des routes, des dispensaires ou des écoles.
 
NB : on ne se fait pas d'illusions, car les banques ont de quoi financer des avocats réputés. De plus, d'autres banques sont également dans le collimateur. C'est pour cela que Scheut surveille de très près les placements que nous faisons. Nous exigeons que ces placements soient éthiques et.... nous les surveillons.
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
LIBEREZ MON PEUPLE
(cf. Ex 3, 10)
PAS D’ENTRAVES AU CHANGEMENT
 
*Message de la 56ème Assemblée Plénière des Evêques Membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo*
 
1.      Nous, Cardinal, Archevêques, Evêques et Administrateur diocésain, réunis à Kinshasa en Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), du 17 au 21 juin 2019, nous sommes penchés, entre autres, sur la situation actuelle de notre pays.
2.      En vertu de notre ministère pastoral et prophétique, nous poursuivons notre contribution à l’avènement d’un Congo uni, juste, prospère et solidaire.
                                                                                     
I. LE PEUPLE VEUT LE CHANGEMENT
 
3.      Les élections du 30 décembre 2018 ont suscité un espoir de changement dans le pays. Le Peuple s’est exprimé pour une véritable rupture avec l’ancien système de gouvernance, en vue d’avoir des dirigeants qui le mettraient au centre de leurs préoccupations. C’est dans cette perspective qu’il a salué les premiers gestes du nouveau Président de la République, notamment l’ouverture de l’espace politique et médiatique, la libération des prisonniers politiques, le retour au pays des exilés politiques, le lancement du programme de 100 premiers jours. Ce fait traduit sa volonté d’adhérer au changement voulu pour améliorer les conditions de vie de la population.
4.      Cependant, plus les jours passent  nous constatons que la situation n’évolue pas. L’élan pris pour l’avènement d’une nouvelle ère a été brisé par de sérieuses entraves de tous ordres. Cet état de choses compromet l’avenir de notre pays sur plusieurs plans.
                   
II. DES SITUATIONS PREOCCUPANTES
 
Sur le plan socio-politique
5.      Nous sommes plus que préoccupés par le temps pris pour les négociations en vue de la désignation des animateurs de certaines institutions, en l’occurrence le Bureau du Sénat et le Gouvernement. Cette manière d’agir, dans le contexte de notre pays, porte de graves préjudices au bon fonctionnement de l’Etat.
6.      En outre, le spectacle de la corruption éhontée, lors des élections des Gouverneurs et Sénateurs dans les Provinces, a suscité la question de la crédibilité et du sens de redevabilité de ceux qui ont été proclamés. Ainsi, l’image de notre pays s’en trouve-t-elle sérieusement ternie.
7.      Pire encore, l’institutionnalisation de la corruption dans les milieux éducatifs, surtout dans l’organisation des examens d’Etat, compromet gravement l’avenir de notre jeunesse.
8.       Après la tenue des élections présidentielle et législative au niveau national et provincial, les élections locales, fondement de la démocratie à la base, pourtant prévues par la Constitution et fixées par la CENI pour le 22 septembre 2019, semblent ne plus faire l’objet des préoccupations des instances compétentes. Le Peuple attend impatiemment et instamment ces élections. Peut-on asseoir la démocratie dans les Entités Territoriales Décentralisées par des acteurs nommés ?
9.      La liberté de mouvement de certains acteurs politiques n’est pas garantie dans quelques Provinces et villes de notre pays. Cette restriction de droits des citoyens constitue un recul par rapport à la décrispation du climat politique amorcée.
 
Sur le plan socio-économique
10.  L’économie souffre de faiblesses structurelles héritées du passé. Le chômage persiste, la scolarité et l’accès aux soins médicaux sont un luxe pour beaucoup de familles. Des milliers de personnes, dont un nombre impressionnant d’enfants, vivent dans une insécurité alimentaire sévère, dans un pays au sol fertile, et regorgeant en plus d’abondantes ressources naturelles ! Il s’observe un contraste scandaleux entre l’enrichissement vertigineux d’une minorité de nos compatriotes et l’extrême pauvreté dans laquelle gît la majorité des Congolais, et le fossé ne fait que se creuser.
 
Sur le plan sécuritaire et humanitaire
11.  L’insécurité perdure dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi que dans le Tanganyika ; la violence connaît une recrudescence en Ituri. Nous ne comprenons pas que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), n’arrivent pas encore à neutraliser les groupes armés, nationaux et étrangers, entre autres les ADF, la LRA et les FDLR ainsi que les envahisseurs Mbororo qui prolifèrent, sèment la mort et la désolation, comme si l’Etat n’existait pas ! Il est inacceptable que des groupes armés étrangers s’installent, s’entraînent et commettent des crimes en RD Congo, alors qu’ils n’attaquent pas leurs pays d’origine contre lesquels ils sont censés se rebeller. Les populations ont le sentiment d’être abandonnées. Tout porte à croire que le plan de déstabilisation et de balkanisation du pays, orchestré de l’extérieur avec la complicité de certains de nos compatriotes, se poursuit.
12.  De même, malgré l’engagement du Gouvernement et l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la riposte, la maladie à virus Ebola et aussi la rougeole, continuent à faire de nombreuses victimes parmi nos compatriotes. Nous saluons les efforts de tous les intervenants. Mais, nous déplorons et condamnons les attaques perpétrées régulièrement contre les Centres de Traitement de la maladie à virus Ebola.
13.  Une fois de plus, nous exprimons notre compassion et nos condoléances les plus chrétiennes aux familles éprouvées, victimes des violences, des pillages et de la maladie à virus Ebola.
14.  Ces événements malheureux, qui secouent notre pays, doivent être pour nous, Congolais, un motif d’assumer nos responsabilités et de resserrer davantage nos liens de solidarité et de fraternité (cf. 1Co 12, 26), afin de raffermir notre amour pour la Patrie.
 
Sur le plan de la justice et des droits humains
15.  La justice est l’un des piliers d’un Etat de droit ; elle grandit une nation (cf. Pr 14,34)[1]. Malheureusement, dans notre pays, elle est mal rendue, gangrénée par la corruption et instrumentalisée par le politique. Pour beaucoup de nos concitoyens, l’appareil judiciaire est perçu comme une officine de combines, un espace de règlement des comptes et de cautionnement des injustices. On espérait que l’éclatement de la Cour suprême en trois juridictions (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’Etat) allait améliorer l’exercice de la justice. Hélas!, la corruption semble être le principal moyen pour gagner un procès. L’invalidation des mandats de certains députés, par la Cour constitutionnelle, au-delà du délai fixé par la loi, que d’aucuns perçoivent comme sélective, en est bien une illustration. On ne le dira jamais assez : on ne construit pas une nation sur la corruption, le mensonge et la tricherie.
 
III. NOS RECOMMANDATIONS
 
16.   En vue du changement voulu par le Peuple et de la sortie de la crise multiforme, nous recommandons :
            
A Son Excellence Monsieur le Président de la République
17.  D’assumer pleinement ses responsabilités de Chef de l’Etat ;
18.  De changer le système de gouvernance en instaurant un véritable Etat de droit à même de rendre notre pays fort et prospère ;
19.  De mettre l’Armée dans les conditions qui lui permettent de répondre efficacement à sa mission de défendre et de sauvegarder l’unité et l’intégrité du territoire national ;
20.  De redorer le blason de la Magistrature, particulièrement celui de la Cour constitutionnelle, de façon que le Peuple ait confiance en la Justice.
           
Au Parlement
21.  De se mettre réellement au service du Peuple qui a opté pour le changement ; de gérer utilement le temps pour voter des lois qui promeuvent la démocratie plutôt que les intérêts partisans. Dans cette perspective, la révision de la loi électorale en vue de la dépolitisation de la CENI s’avère plus que nécessaire ;
22.  De veiller à ce que la majorité au Parlement n’abuse pas de sa supériorité numérique pour faire voter des lois peu favorables au progrès de la démocratie dans notre pays ; de contrôler sans complaisance les membres du Gouvernement et les mandataires de l’Etat ;
23.  De ne pas chercher à modifier et à tailler sur mesure des individus ou des partis politiques,  les dispositions de la Constitution, particulièrement celles relatives aux modes des scrutins.
            
Au futur Gouvernement
24.  De mettre au centre de son action l’amélioration des conditions de vie de la population, spécialement dans les secteurs de l’éducation, la santé et les infrastructures ;
25.  De se préoccuper du grave devoir de l’éducation scolaire, entre autres, en régularisant la situation salariale des enseignants non payés ou omis, préalable nécessaire à la gratuité de l’enseignement promise par le Chef de l’Etat.
26.  De mettre en place un Comité de lutte contre la corruption ; de travailler à la dépolitisation de l’appareil judiciaire ; de veiller à l’effectivité de l’autonomie des Provinces ;
            A nous, Peuple congolais 
27.  De nous unir, d’assumer notre destin et de réaliser que le changement est un combat de nous tous ; de ne pas laisser une minorité prendre en otage notre Patrie et notre avenir ;
28.  De nous mettre résolument au travail pour notre développement intégral ; de savoir revendiquer et défendre pacifiquement nos droits.
 
CONCLUSION
 
29.  Le Peuple veut le changement, car « personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres » (Mc 2, 22). Raison pour laquelle, il s’est fortement mobilisé pour les élections du 30 décembre 2018. N’entravons pas son élan par des subterfuges politiciens dilatoires. Ainsi, avons-nous déjà affirmé dans notre message en 2007 : « la crise de notre pays est avant tout éthique. Le pays a grandement besoin d’hommes nouveaux et intègres. Un changement radical dans le comportement personnel, social et politique pourra apporter une nouvelle manière de gérer la République. Le Congo nouveau sera fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques »[2].
30.  Par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, et par celle de nos Bienheureux Isidore Bakanja et Marie-Clémentine Anuarite, que Dieu bénisse la RD Congo et son Peuple.
                                    Fait à Kinshasa, le 21 juin 2019
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
TRAVAIL DES ONG et des Instituts missionnaires
 
 
 Une entreprise canadienne (Feronia) qui avait repris les implantations au Congo d’UNILEVER totalisant 100.000ha de terres et de forêts s’était engagée par contrat à développer des routes, écoles, des dispensaires etc… pour dédommager les paysans de la confiscation de leurs terres. Après plusieurs années, rien n’a pratiquement été fait. 
 
Cette multinationale de l'agriculture a été financée largement par  6 pays membres l’UE (près de 100 millions de $ dont 11 millions de la belge BIO-invest (www.bio-invest.be/); donc de l’argent public belge est utilisé pour aider des entreprises privées dans les pays en développement et c’est avec notre argent que FERONIA exploite injustement les terres congolaises et réprime celles et ceux qui protestent. 
 
Grâce au travail de plusieurs ONG dont AEFJN (congrégations missionnaires européennes dont Scheut fait partie), la résistance s'organise. Ces ONG ont acheté quelques actions, elles ont droit de parole lors des Assemblées Générales. Dernièrement, cela a chauffé à l'AG au Luxembourg tandis que des délégués des associations de paysans congolais manifestaient à l'extérieur.
 
 Pour celles et ceux qui l'ignorent, c'est un exemple de ce qui se fait avec l'argent donné aux ONG et la contribution des Instituts missionnaires européens.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

P. Michel Decreane - par webMaster le 27/04/2019 @ 21:25

 

LES RESTES DU P. MICHEL DECRAENE, ANCIEN SUPÉRIEUR GÉNÉRAL,  RAMENÉS À MBUDI À KINSHASA

 

Décédé le 22 mai 1994 à l'âge de 59 ans à Mbanza Congo en Angola, Michel venait de terminer son mandat de Supérieur Général de Scheut. Il était venu à Mbanza Congo en réponse à la demande de l'évêque du pays afin de fonder une première équipe Scheutiste dans le pays.

Ce vendredi 26 avril, ses restes sont rentrés "au pays" et enterrés à Mbudi à Kinshasa, au milieu des siens. La cérémonie s'est déroulée en présence de nombreux confrères, sous la présidence de Monseigneur Philippe Nkiere.

Certains se sont posé la question de l'opportunité de ce transfert et de son coût. La réponse est simple : d'un côté nous avions été prévenus que la concession de Mbanza Congo appartenant à une congrégation de religieuses allait recevoir une autre affectation. Mais d'un autre côté, ce transfert correspond à totalement à la mentalité africaine : Michel est un des nôtres, il doit reposer au milieu des siens au Congo. Il ne pouvait pas rester tout seul éloigné des siens.

 

 

 

 


Interview Mgr Monsengwo Kinshasa - par webMaster le 16/03/2019 @ 11:31

 

Interview du cardinal Monsengwo sur la situation au Congo
Extraits (www.lalibre.be) 
 
LLA. Vous avez confirmé, au Sénat belge, que pour la Conférence épiscopale congolaise (Cenco), le vainqueur de l’élection présidentielle était Martin Fayulu. Que peut faire celui-ci pour que soit reconnue sa victoire. Y a-t-il encore de l’espoir pour lui ?
Mgr Monsengwo. Oui. Nous avons bien fait de diffuser les chiffres. Ceux qui ont financé le déploiement de nos observateurs l’ont fait pour que ceux-ci récoltent les résultats affichés bureau de vote par bureau de vote. Malheureusement, l’occasion d’afficher ces résultats n’a pas été totalement donnée aux agents de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) mais nos observateurs ont pu prendre environ 73% des procès-verbaux. Nos chiffres ont été compilés pour être diffusés, pas pour être cachés. D’autant qu’ils sont similaires à ceux rapportés par Cach (NDLR : la coalition Tshisekedi/Kamerhe) et à ceux des Églises protestantes. Martin Fayulu doit continuer à faire ce qu’il a fait jusqu’ici – soit le contraire de ce qu’on veut lui faire faire. Il doit s’efforcer de faire éclater la vérité des urnes. Son combat, c’est celui du peuple.
 
LLA. Mais de quels leviers dispose-t-il, concrètement, alors que la Cour constitutionnelle a dit sa requête non fondée ?
Mgr M. La Cour constitutionnelle est inféodée. Le peuple voulait que disparaisse le système de gouvernance de Kabila ; ce n’est pas une affaire de personne, c’est une affaire de système. C’est ce que dit le peuple.
LLA. Mais personne ne l’entend…
Mgr M. Nous ne pensons pas. On a dit que l’Union africaine avait reconnu Tshisekedi. Or, quand M. Tshisekedi s’est rendu à Luanda, le président angolais Joao Lourenço avait fait déployer le drapeau national, pas celui du Congo. Et lorsque leurs entretiens ont été terminés, qu’a-t-il donné à Félix Tshisekedi ? Il lui a dit : puisque le régime a changé, reprenez vos réfugiés. Ces gestes, cela voulait dire : je reçois un commerçant, avec lequel je fais des accords.
LLA. A l’Union africaine on l’a cependant élu comme un des vice-présidents de la Commission africaine. Mgr M. Oui. (Rire) Cela ne veut rien dire…
LLA. Comment se fait-il que la population n’ait pas protesté devant le tour de passe-passe électoral ? Mgr M. La population proteste par sa manière d’accueillir Martin Fayulu en triomphe, partout où il est passé après les élections – Kinshasa, Beni, Butembo, Goma, Kikwit, Masi-Manimba, Matadi.
 
LLA. Mais cela ne change pas les choses.
 
Mgr M. Après les élections, la Cenco, les confessions religieuses, les acteurs politiques et Fayulu lui-même ont appelé le peuple au calme ; c’est très important pour comprendre pourquoi le peuple est resté calme malgré sa déception. Plusieurs fois, d’ailleurs, le peuple a réclamé des armes mais Martin Fayulu a dit : c’est un combat démocratique. Il faut se rappeler qu’avant les élections, il y a eu beaucoup de morts lors des protestations (NDLR : contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila). La seule réaction de Joseph Kabila a été la répression dans le sang. Il est encore là ; son gouvernement est encore là ; sa police est là, son armée est là… Donc on voit la volonté du peuple dans sa mobilisation lorsque vient Martin Fayulu.
 
LLA. Que pensez-vous de l’attitude de l’Union européenne (NDLR : qui a félicité Félix Tshisekedi) ? De la Belgique (qui a pris note de son accession à la Présidence) ? Mgr M. Si vous ne comprenez pas les signaux qui vous sont envoyés, que voulez-vous qu’on vous dise ?
 
LLA. Comment agir si les Congolais eux-mêmes n’organisaient pas les protestations violentes auxquelles les capitales étrangères s’attendaient ? Mgr M. Pour qu’on les tue ? Qu’on les tue jusque dans les églises, comme cela s’est déjà fait ? La mobilisation, aujourd’hui, tient compte des précédents ; les manifestations sont donc pacifiques.
 
LLA. En Europe, on a l’impression que, pour la majorité des Congolais, même si Fayulu n’a pas vu sa victoire reconnue, il y a quand même alternance et qu’ils se contentent de ça. Tshisekedi est-il l’alternance pour la population ?
Mgr M. Il est nommé. Est-ce ce que la population attendait, je ne le pense pas.
LLA. Jusqu’à quand durera le mouvement de manifestations pacifiques ?
Mgr M. Tant que Fayulu réclamera la vérité des urnes.
 
LLA. Que pensez-vous qui va changer au Congo avec le passage d’un régime Kabila à un attelage Kabila-Tshisekedi ? Mgr M. C’est le même régime. Rien n’a changé. Au contraire : c’est un Président nommé. Si vous vous contentez de cela, bon. Mais Fayulu va continuer à réclamer la vérité des urnes.
(..)
LLA. En tant que cardinal, vous pensez que la Cenco n’a pas reconnu Tshisekedi ?
Mgr M. La Cenco, en son temps, avait donné sa position : il ne lui appartient pas de refuser l’investiture de M. Tshisekedi. L’Église accompagne les institutions pour y mettre la vérité. Et c’est cette vérité que nous voulons. Parce que c’est cette vérité qui apportera la paix au Congo.
.
LLA. On se focalise sur la présidentielle mais les législatives interpellent aussi 
Mgr. M. Ces résultats, tels que proclamés par la CENI, ne vont pas dans le sens de la logique du résultat de l’élection présidentielle, car quelqu’un qui vote pour un candidat président ne va quand même pas voter aux législatives contre les partisans de ce candidat présidentiel ! 
(…)
LLA. On a tué dans les églises lors des trois marches de décembre 2017, janvier et février 2018 à Kinshasa. Puis ces marches n’ont plus eu lieu…
Mgr M. On leur a demandé d’arrêter ces marches parce que des gens ont été empêchés de prier alors qu’ils voulaient juste prier ; ils ont été entraînés dans le mouvement des autres ou bien n’ont même pas pu sortir des enclos des églises.
LLA. Cet arrêt des marches n’a pas été bien compris par la population. Mgr M. C’est vrai. La population l’a vu comme une demi-mesure ; ça lui a laissé une impression d’inachevé. On a alors décidé de changer de stratégie.
(…)
LLA. Face à un pouvoir comme celui de M. Kabila, l’Église catholique n’a-t-elle pas perdu de son influence en RDC ?
Mgr. M. C’est une affirmation massive ! Non, pas du tout ! L’Église, ce sont des dizaines de milliers d’écoles, des centaines d’hôpitaux, des milliers de dispensaires, des milliers de paroisses disséminées dans tout le pays et des universités. Près de 60% de la population est catholique. Et l’Église Catholique du Congo est la plus importante d’Afrique ; elle est de loin l’organisation de la société civile la mieux structurée et gouvernée. La majorité des cadres du pays sont sortis des écoles catholiques et ils apportent au pays un important socle intellectuel et moral de grande qualité. Dites-moi alors si votre affirmation n’est pas trop hâtive ! Un adage latin dit ceci : « Quod gratis affirmatur, gratis negatur ! »
(…)
NB : On se rappelle les massacres opérés par l’armée et par la garde présidentielle (cette dernière est composée principalement de mercenaires et…. nettement mieux payée et équipée que l’armée nationale), lors des manifestations pour exiger que Kabila respecte la constitution. 
 
 
 
 
 
 

 
 
Une vie missionnaire mouvementée au Congo : 
André Leblanc, 40 ans au Congo.
(Document rédigé par son frère Jacques)
 
     Né à Namur, le 8 décembre 1933, André entre dans la congrégation de Scheut à Jambes en 1953 et il sera ordonné prêtre à Scheut-Bx, le 2 août 1959. Au moment où après l’indépendance de 1960 les Belges fuient le Congo, il part en mission pour un premier terme de sept ans. C’est dans la province du Bas-Congo, à Tshela qu’il rejoint la communauté de Scheut, avant celle Seke-Mbanza où les langues usuelles sont le Kimbala et le kiyombe.
 
Paroisse abandonnée depuis 25 ans
     En 1984, André se porte volontaire pour une paroisse délaissée après la rébellion de 1964 et donc sans prêtre depuis 25 ans, Banalia à une centaine de km au nord de Kisangani et il s’adapte maintenant à la langue swahili. Il dessert alors la région dans un rayon de plus de 150 km jusqu’à Panga, une ancienne mission construite dans les années vingt et abandonnée depuis l’indépendance. Les bâtiments sont en ruine, mais habités par un assistant paroissial, sa femme et ses enfants, on l’appelle le vicaire, il n’y a ni eau, ni électricité! Le plus souvent, André se déplace à pied ou en vélo, il s’absente alors de la mission plusieurs jours, voir plusieurs semaines pour visiter les paroisses, de village en village.
      En mai 1990, dans le cadre d’une mission de coopération, j’ai pu rejoindre André à Banalia et l’accompagner dans une expédition à Panga situé à 150 km, sur les chemins des petits chercheurs d’or. C’est le cœur d’une région d’exploitation sauvage et de trafic d’or et de diamants qui ne profite pas à la population. Il fallait acheminer à Panga des vivres et un volumineux matériel, avec une ancienne jeep Toyota et Maurice, un confrère véritable as du volant, nous sommes partis à l’aurore à travers des pistes embourbées. On ne devait pas éviter des trous, mais les choisir et le pire, franchir ce qui avait été des ponts. Sur le trajet, j’en ai compté quatre-vingts, fait de grumes et de planches instables, surplombant rivières et ravins, chaque traversée comprenant des risques inimaginables. 
     Après quinze heures de route, c'est au crépuscule que nous arrivons à Panga où nous sommes accueillis tellement chaleureusement. Les gens du lieu avaient été prévenus de l’arrivée du père André par une succession de messages « tam-tam » que nous avions pu entendre tout au long de notre parcours. André me cède sa chambre, une sorte de grange, de mon lit de camp, j’aperçois plus les étoiles que la toiture, une peau de serpent desséchée d’environ un mètre parait collée à une poutre et le vol des chauffe-souris ne me facilite pas le sommeil… Le lendemain à 6 heures une cloche sonne et la grande chapelle délabrée et presque sans toit se trouve remplie par plus de cent personnes, dont beaucoup d’enfants qui improvisent une petite chorale. Ils ont souvent marché la nuit plus ou moins de vingt km, me dit André, pour assister à la messe. 
 
Au secours de Mgr Nkiere cicm
    En 1996, André répond à un nouvel appel, presque de détresse, lancé par Mgr Philippe Nkiere-Kena, évêque de Bondo, depuis 1992. André y arrive en novembre 1996, alors seul prêtre européen dans une région (province du Bas-Uele) plus grande que la Belgique et ne dispose d’aucune commodité, comme l’eau ou l’électricité.  
 
    Une atmosphère d’insécurité règne dans la région, les milices de Mobutu, livrées à elles-mêmes, commettent de nombreuses d’exactions, des pillages et des arrestations arbitraires sont courantes et déjà on parle de l’avancée du rebelle Kabila. À Bondo, Mgr Nkiere avait aussi mis en place ce mouvement de défense des plus démunis, « Ekolo ya Bondeko » qu’il avait créé à Kinshasa et qui lui tenait fort à cœur. André est avec lui dans les moments les plus difficiles, et ils n’ont pas manqués. Ensemble ils effectuent des démarches presque quotidiennes pour aider des paroissiens aux prises avec les abus de ces militaires qui ne touchent plus de solde et vivent surtout de rapines. 
 
En état de guerre
 
     Le 6 janvier 1997, André m’écrit : Depuis la prise de Bunia (1000 km de Bondo), par l’armée de Kabila, je suis à Lisanga (petit village des environs de Bondo). Alors que j’animais une retraite de séminaristes, dans la nuit du 30 au 31 décembre, vers 23 heures, un de nos stagiaires est venu me réveiller. Mgr me faisait savoir qu’il fallait fuir sur-le-champ en emportant ce que nous avions de plus précieux, c’était mon calice et ma petite machine à écrire. La retraite ainsi écourtée, l’étudiant me précède et nous partons rejoindre notre évêque ainsi que trois demoiselles missionnaires laïques. Mgr avait été informé qu’avec André, ils étaient en tête de liste de personnes recherchées et condamnées à mort !
La contrée est en état de guerre, les fuyards de Mobutu avaient complètement pillé les localités environnantes et ils se déplaçaient en colonnes de camions et voitures volées… La nuit on se cache, il est cependant décidé d’avancer l’ordination au diaconat de deux de nos jeunes séminaristes. André poursuit : Nous n’imaginions pas que la situation allait empirer si rapidement, nous nous sommes ainsi retrouvés dans la brousse, mais finalement cette nuit dans la tourmente fut pour nous une expérience très riche. Nous avons ensuite été recueillis dans un petit village non loin de l’évêché, là où « notre évêque des abandonnés », comme le dénomme André, recueille les exclus de la société, les lépreux et les plus misérables. C’est eux qui nous ont sauvés durant cette nuit où nous avons craint le pire. D’abord réfugié sous une toiture en construction, à côté d’une palmeraie d’huile, avant d’être reçu dans une maisonnette ronde, au toit de chaume où des stagiaires nous ont procuré deux matelas. Un a été donné aux trois demoiselles, le second, Philippe et moi l’avons partagé fraternellement.  Ce qu’André ne dit pas, c’est qu’en fait, il était devenu le fraternel « garde du corps » de son évêque ! 
 
La fuite
    Le 30 décembre, dit André, nous avons eu une dernière réunion avec Mgr pour décider de la sauvegarde des personnes et des biens. La situation est telle que nous devons impérativement quitter la région. Un avion devrait venir nous prendre le 1er janvier, mais il ne pourra emmener que cinq passagers, sans bagage, Mgr Philippe, trois expatriés, deux sœurs et moi. Les auxillaires diocésaines se cacheront dans leur famille ainsi que les séminaristes et les stagiaires. Pour finir, l’avion annoncé ne viendra pas et c’est en voiture que durant la nuit de la Saint-Sylvestre 1997 nous cherchons à fuir, mais après 7 heures de route, nous décidons à nos risques et périls de rentrer à Bondo. Vers 13 heures, à peine arrivés à l’entrée en ville, nous sommes informés de l’atterrissage du petit avion attendu. Finalement, nous arriverons à Kinshasa le 4 janvier où nous sommes accueillis par nos confrères de Scheut à Limete. 
 
    Après quelque temps à Kinshasa, Laurent Kabila ayant pris le complètement le pouvoir en mai 1997, André retourne à Bondo où malgré les fortes tensions qui règnent, il poursuit son action missionnaire et reste très proche de son évêque Mgr Nkiere. 
 
Une vie pleine de risques
      Au cours de sa vie au Congo, déjà avant Bondo, le père André frôle plusieurs fois la mort, il n’a pas pu échapper à la malaria ; à Banalia, alors que le bac qui traverse la rivière Aruwimi est en panne, un villageois l’invite à monter dans sa pirogue, il est ivre et l’embarcation ne tarde pas à se retourner, repêché inconscient, on le croit noyé, il revient à lui, les témoins parlent d'un miracle ! Dans ses nombreux déplacements, André dort chez l’habitant sur une natte à même le sol, il sera mordu par un serpent et soigné par un guérisseur local. À Panga, il se blesse sérieusement à la jambe, il fera 200 km en vélo pour se faire soigner à l’hôpital de Bangassou en République centrafricaine.
 
    Après un congé en Belgique en 1999, André retourne à Bondo, mais en début de l’an 2000, des problèmes sérieux de santé l’obligent à rentrer en Belgique. Il devient malvoyant et se dirige avec une canne, malgré cette dure épreuve, il veut rester utile et missionnaire. En 2001, il rejoint la communauté paroissiale des Scheutistes, proche des aéroports de Paris, dans un quartier populaire à Goussainville, il visite les gens du voyage, mais il sera aussi l’objet agression qui le marque douloureusement. En 2002, son état s’aggrave et il est amené à rentrer en Belgique, après un pénible parcours d’hôpitaux, il décédera dans sa communauté d’Embourg, le 30 mars 2004.
 
Quelques jours avant sa mort, André me disait : « J’ai été heureux d’avoir pu vivre avec les plus démunis, mes 40 ans de Congo ont été pour moi, des années de bonheur,
ici je suis un peu un SDF » !
 
 
Jacques Leblanc,  10 février 2019.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
REGINALD MOREELS : la clandestinité des Sans Papier leur est non seulement nuisible, mais elle l’est également pour notre société
 
Il y a quelques mois, le Docteur Moreels, Médecin du Monde et ancien ministre CD&V a publié une analyse très interpellante sur l’arrivée de nombreux migrants dans notre pays et a été plusieurs fois interviewé. L’essentiel de son message a été étudié par notre groupe JPIC :
 
1. La migration est un phénomène naturel qui existe depuis toute éternité et que nul pouvoir politique, policier ou même militaire ne pourra vraiment empêcher. Laisser ces gens dans la clandestinité finit par les inciter à des vols, des agressions, même entre eux. Il en va de leur bien-être comme du nôtre. Il faut agir :
 
2. D’abord analyser la situation avec le Secrétaire d'État, des représentants des gouvernements locaux, d’associations de migrants, mais surtout des employeurs privés et publics. Ce groupe de travail aurait comme objectif de répondre aux questions suivantes : 
      - Nombre de nouveaux arrivants font-ils de petits travaux, quel genre ?
      - Combien de postes vacants sont à pourvoir - Il y a énormément de postes de travail qui cherchent des travailleurs : lesquels, où, quelle qualification…. ? 
      - Combien d'enfants migrants vont à l'école, combien d’adultes suivent une formation ? 
 
3. Contrat de travail temporaire
Ces recherches peuvent donner des pistes en vue d’impliquer ces personnes dans un processus utile, sans risque d'être arrêté, au lieu de les laisser traîner dans des centres d'asile, ou de devoir vagabonder clandestinement ou travailler au noir. Ces personnes pourraient bénéficier d'un contrat de travail temporaire dans un métier en pénurie et contribuer ainsi à notre sécurité sociale par la cotisation mensuelle des salariés. De plus, une activité est le meilleur moyen de prévenir la criminalité.
 
4. Formation : il faut absolument mettre en œuvre des cours obligatoires : langue, droits et devoirs civils, sécurité sociale ainsi que toutes les possibilités de résider légalement dans notre pays. Ces cours devraient être accompagnés d’un certain nombre d'incitants pour des projets de développement ou des start-ups. Cela est déjà le cas pour Fedasil, mais il est limité aux seuls demandeurs d'asile.
 
5. Décision Européenne : il est évident qu’une telle politique ne peut se réaliser dans la seule Belgique, elle doit être coordonnée avec les pays européens voisins qui pourraient être ouverts à une amélioration du statut des migrants. Si la Commission européenne veut mettre des dizaines de milliards sur la table pour mieux protéger les frontières de l'Europe, je me révolte. En effet, ces milliards devraient être dépensés plus utilement affirme Mr Moreels.
 
6. Transformer les "hot spot" de la Méditerranée en bureaux "info-immigrés", dotés d'un personnel nombreux où chaque migrant pourrait s'inscrire avec son curriculum vitae et être renvoyé vers un État membre où il peut être logé et employé et où les mineurs scolarisés peuvent être logés et recevoir un guide de l'État membre qui accueille ce migrant. 
 
NOTRE REFLEXION :
 
Ce projet semble faisable et réaliste, mais demandera bien des années pour se réaliser. Pour ce faire, il faut que l’opinion publique évolue, car c’est elle qui dicte la conduite des Politiques.
 
Même si nous Scheutistes, nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan belge et européen, c’est notre mission de collaborer à la construction d’une société plus juste et respectueuse des personnes en danger. C’est pour cela que nous avons décidé de faire connaître cette proposition dans des associations qui peuvent influencer l’opinion publique : contacter les Commissions diocésaine « Pro Migrantibus » : Namur, Bruxelles et Liège Flandres – Jesuit Refugiee Service  – AEFJN – Jakoeboe - Orbit Refugees Flanders Entr'aide et fraternité/11 11 11 ......... 
 
 
 
 
 
 
 

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