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Centrales nucléaires en Afrique ? - par webMaster le 16/11/2011 @ 18:16

 L'explosion de la centrale nucléaire au Japon fait réfléchir les peuples du monde entier. Voici une réflexion venue du Forum des Peuples réunis en Afrique sur le sujet : les dégats causés par l'extraction de l'uranium dans leurs pays, et le danger d'y construire des centrales électriques. :
 
http://www.cadtm.org/Appel-de-Niono-contre-le-nucleaire.


D'autres informations intéressantes sur les dettes des pays du Tiers Monde, mais également chez nous :

http://www.cadtm.org/Newsletter

Nous y étions à la Toussaint - par webMaster le 14/11/2011 @ 18:04

 Oui, nous étions présents comme chaque année à la rencontre des familles à l'église de la Montagne Ste Barbe à Jambes.
jules_denis_cimetiere.jpg
C'est le P. Pierre Devogele (Piet) qui célébrait et qui nous rappelé que nous sommes tous missionnaires, là où nous sommes. Dieu nous appelle constamment à vivre la Mission là où nous vivons.
journée famille 2011
Qu'elle soit grande ou petite, l'essentiel, c'est de la remplir avec coeur !

Chaque année, c'est le samedi qui suit la fête de la Toussaint, à 10h30, suivi de la visite au cimetière, et d'un petit lunch.
 


DEUX DECES - par webMaster le 19/09/2011 @ 20:33

 Au début de ce mois, c'est Monseigneur Matondo qui décédait à Kinshasa. Il avait séjourné plusieurs mois en en Belgique à Kessel-lo près de Leuven pour soins médicaux. Mais il était retourné à Kinshasa il y a plus d'un an.

Ce 15 septembre, c'est Pierre Ameloot qui s'éteignait dans notre maison de Torhout.

Originaire de Mouscron, Pierre a vécu sa vie missionnaire en Belgique, principalement auprès des personnes en difficulté. Il avait commencé par être facteur à Bruxelles. Ensuite, c'est dans une communauté de Jean Vannier en France qu'il s'engagera. Rentré en Belgique, il s'engagera dans la communauté de la Poudrière à Bruxelles. Un peu fatigué par toutes ces Missions, il rendra de bons services dans notre maison de Jambes. Lors de la fermeture de cette communauté, il demandera de rejoindre la communauté cicm de Torhout, ville proche de sa famille.










Echange entre confrères à propos de la Pauvreté - par webMaster le 12/09/2011 @ 21:39

 Chaque année, quelques confrères francophones et néerlandophones se réunissent pour échanger sur des sujets concernant la Justice, Paix et Protection de la nature. Cette fois, c'était à Liers chez Luc Lhoest près de Liège :

COJUPA

RENCONTRE DU 31 AOÛT 2011

Chez  Luc à Liers/Herstal

 Présents : Jacques Piron, Joseph Noël, Jacques Brisbois, Paul Delrue, Fons Ysebaer, Paul Snoeck, Luc Lohest, Nicolas, JP Bénit, Jean Peeters,  Luc Lhoest (merci à lui pour les boissons).

1.          Ce qui ressort principalement de ce partage, c’est que la Pauvreté et l’Exclusion se manifestent de + en + fort et atteint même les ménages moyens. Ceci est du en partie aux décisions prises par nos représentants à l'Union Européenne !

 

Service Social Ste Walburge/Ste Croix/St Julien/Ste Marguerite : (Jacques y est comme bénévole) :

Le nombre des bénéficiaires de colis alimentaires augmente et il est de + en + difficile pour avoir les produits nécessaires, car l’Union Européenne a diminué de 70 % les dons !!!  Il faut donc se mobiliser pour avoir des dons venant des grandes surfaces. Pour certains ménages, pourtant « biens », un seul petit accident les font tomber dans la spirale de surendettement : facture de l’hôpital, chauffage en panne, factures d’énergie d’où,  difficulté de payer le loyer.

 

Liers/Herstal (Service de l’Unité pastorale : Luc, Nicolas et autres)

C’est le même constat, mais dans notre service, nous tenons un fichier et assurons un suivi des personnes. En effet, à l’encontre de certains groupes évangélistes, les bons pour des colis alimentaires sont limités dans le temps et accompagnés d’aide d’une Assistance sociale. L’objectif est en effet d’essayer que les bénéficiaires puissent trouver d’autres solutions (étalement des remboursements, économies etc.). Tandis que d’autres groupes donnent sans aucune condition, ce qui n’est pas éducatif, ni respectueux des droits humains. Ils ont peut-être un grand cœur, mais le manque de professionnalisme est un handicap pour l’autonomie des personnes.

Pour nous, l’aide ponctuelle n’est que la moitié du travail, car c’est surtout l’occasion de creuser leur situation afin de pouvoir leur assurer une aide administrative et juridique. En effet, bien de  ces personnes ne comprennent pas bien toutes les difficultés administratives : pour les pensions, chômage, aides au surendettement, lois sur les loyers, aide des CPAS pour payer des notes d’électricité et chômage (Fonds Vandelanotte), aides en cas de divorce etc…

Les lettres qu’ils reçoivent sont difficiles à comprendre, même pour nous ! Donc, l’aide alimentaire est une amorce pour déboucher sur une aide juridique et administrative.

NB : un journal flamand titrait : les pauvres, victimes de la bureaucratie.

 

Nicolas : Au niveau de l’Unité Pastorale, nous essayons de coordonner les différents

Services de St Vincent de Paul ou autre qui dépendent des paroisses. Malheureusement, il y a une forte résistance de la part de certains qui ont peur de perdre « leurs » pauvres. Souvent ce sont des anciens avec beaucoup de générosité, mais ils ne se rendent pas compte qu’il faut évoluer avec le temps et l’augmentation de la pauvreté. Il faudrait aussi plus de démocratie dans ces groupes habitués à trop d’autoritarisme. Souvent les bénévoles sont des gens au bon cœur et qui ont aidé un  tel ou un  tel depuis des années, mais sans jamais vouloir les aider à s’en sortir par eux-mêmes, ce qui cimente la dépendance.

Mon travail à moi, c’est surtout cette coordination au niveau de l’Unité Pastorale, en plus de la Pastorale catéchétique et liturgique.

NB : à la question de savoir ce que les autres jeunes prêtres font dans le domaine social, Nico répond bien souvent, ces derniers disent qu’ils n’ont pas le temps pour le social. Par contre, pour moi, c’est tout naturel, et c’est je crois la même chose pour les autres jeunes cicm.

 

 2.       Débat spontané concernant la responsabilité des Partis Européens pour lesquels nous avons voté et qui inconsciemment organisent la pauvreté en même temps que la chasse à la visibilité des pauvres

C’est incroyable que les Partis aient décidé la diminution de 70 % des dons aux banques alimentaires (MR, PS, CDH sauf Ecolo/Verts). De plus, il y a un comme un vent de « purification sociale » qui souffle depuis + de 10 ans sur l’Europe. On ne compte plus le nombre de villes qui ont bénéficié d’aides Européennes pour leur rénovation, avec comme conséquence l’augmentation des loyers au centre ville et l’exil de populations moins favorisées, qui pourtant étaient là depuis toujours. Il y a bien une obligation de construire du logement, mais sans aucun contrôle. Et les Bourgmestres ne se gênent pas pour dire qu’ils préfèrent que les centres ville soient habités par des gens qui payent de solides impôts.

De plus, la chasse aux extrêmes pauvres est ouverte depuis près de deux ans en Europe avec un nouveau slogan housing first : Paris supprime la moitié de son aide au SAMU social dont l’objectif est de trouver un abri de nuit pour les SDF (d’où démission de leur fondateur), Copenhague à supprimé en janvier 2011 toute aide financière à toutes les organisations de terrain qui aident les SDF. Motif : les nourrir, les loger, les laver, c’est les encourager à rester en rue, il faut les forcer à se loger décemment ! (Très juste, sauf qu’il faudrait d’abord construire des logements à bon prix et s’occuper de l’accompagnement des personnes). Madrid a pris des décisions semblables au mois de mars + l’utilisation de bulldozer pour détruire des logements de fortune construits dans la banlieue. Motif : des logements malsains, les gens doivent partir. S’ils ne trouvent pas en ville, ils n’ont qu’à partir à la campagne ! En Hollande, quelqu’un qui passe la nuit à la rue reçoit une condamnation à la prison + une amende. Après un certain nombre d’amendes, il est envoyé en travaux forcés dans une ferme ou autre lieux à la campagne. En Belgique, la SNCB expérimente depuis 2 ans un projet nommé Hope in Station à la gare Centrale. L’objectif déclaré est louable (meilleure compréhension entre les SDF et la police, commerçants, passagers etc..). Malheureusement le but caché est bien de « nettoyer » les gares : déclaration faite (en d’autres termes évidemment) par l’Union Européenne, suite aux actions semblables menées à Paris et à Rome.

 

3.    Que faire devant ce constat (augmentation de la pauvreté + chasse à sa visibilité)

-          Au niveau local, Fons fait remarquer qu’à Embourg, il y a régulièrement des invitations pour participer à des rencontres à la Commune. Nous n’y allons jamais. Pourtant en + de la politique locale, il y a des élus qui sont au Parlement Européen 

-          Un groupe de chrétiens fait du travail de lobbying au Parlement Européen, que font-ils, comment les joindre, ce serait intéressant peut-être d’y participer ?

-          En France, la Conférence Episcopale a fait une solide déclaration contre la politique française de détruire les habitats des Roms. Interpeller nos évêques locaux pour qu’ils prennent position ?

-          Caritas International a-t-il pris position ? Qu’en est-il de « Vivre Ensemble » ou « Samen leven » ?

 

4    . Protection de l’environnent, changement climatique

Paul nous informe que la prochaine réunion mondiale se tiendra en Afrique du Sud : la CO17 (les pays qui ont signé les accords de Kyoto +  ceux qui n’ont pas signé, mais qui sont en observateurs). L’objectif est double : prolonger les accords de Kyoto au-delà de 2012. Proposer des accords moins contraignants, mais qui pourraient être signés par + de pays.

Des pétitions existent en ligne ou sur papier.

5.    Décision du Chapitre Général concernant COJUPA

C’est une très bonne nouvelle que Fons nous communique. Il nous lit divers textes dans lesquels il apparaît clairement que le travail concernant la Justice, la Paix, l’Intégrité de la Création ne sont pas des « à coté » pour certains confrères intéressés, mais que cela fait partie intégrante de la Mission au moins pour nous, CICM. Les textes que nous recevrons bientôt sont très clairs à ce sujet. C’est donc à la fois :

 

-          Un encouragement pour les confrères engagés dans l’un ou l’autre de ces domaines

-       Une invitation à tous d’envisager, même à un niveau très limité et local, un certain engagement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Elections en RDC : éléments d'analyse - par webMaster le 15/08/2011 @ 12:25

 

Une analyse de ce qui se passe actuellement en RDC où les élections sont prévue pour novembre. Cette analyse vient de la revue électronique "Dialogue" organisée par Guy Deboeck :  guydeboeck@gmail.com.

Ces réflexions n'engagent que son auteur. Lecture assez fastidieuse pour les non initiés  (moi par exemple), mais qui donne un aperçu des difficultés ainsi que des tendances des différents partis.


Pauvres, mais honnêtes, nous paraissons quand nous pouvons, et notamment le mercredi 10 août 2011

 

RDC

Qu’est-ce qui coince ?

RDC

Qu’est-ce qui coince ?

    La Commission électorale de la RDC est invariablement présidée par un ecclésiastique. Hier, c’était un prêtre catholique. Aujourd’hui, un pasteur protestant. Et, si l’on fait le compte de toutes les défectuosités qui pourraient faire glisser, déraper ou coincer la machine électorale, on finit, tant il y en a, par se demander si cette propension à placer à cette fonction des Hommes de Dieu ne viendrait pas de la conviction qu’il faudra de toute façon un miracle et qu’ils sont les mieux placés pour le demander au Ciel et, sait-on jamais… pour l’obtenir.

 

Lorsque je parle ici de « coincer », ce n’est pas forcément pour désigner « une

circonstance qui empêcherait les élections de se tenir ». Je fais allusion à tout fait ou

circonstance qui ferait que les élections faillissent à jouer leur rôle. Ce rôle est de permettre à

la population de désigner ses dirigeants et, surtout, de se débarrasser des dirigeants qui l’ont

déçu d’une manière suffisamment libre et transparente pour que le résultat s’en impose à tous.

On est loin du compte.

 

La Constitution

    Qu’il me soit permis d’enfoncer ici une porte ouverte : une Constitution devant servir

au gouvernement de la RDC devait être un texte adapté à l’homme tel qu’il se rencontre

couramment au Congo, avec un certain nombre de qualités et de défauts spécifiques.

L’abbé (encore un !) JP Mbelu s’est parfois complu à l’appeler « Constitution de

Liège » à cause du rôle joué par le corps académique de l’ULg dans certains contacts belgocongolais préalables à sa rédaction. Personnellement, il m’est arrivé de l’appeler

« Constitution de Paris », du fait de sa très grande similitude avec la Loi Fondamentale de la

V° RF. Dans un cas comme dans l’autre, cela appelle l’attention sur une origine étrangère. Il

s’agit d’un habit de confection, voire de seconde main, et non pas d’un costume taillé sur

mesure.

 

      La question ne me paraît pas être celle de la présence de consultants étrangers. Il est

courant que la rédaction d’un texte important s’entoure d’un aréopage international de

jurisconsultes. De toute façon, lorsque l’on réunit autour d’une tâche des Européens

connaissant bien l’Afrique et des sommités africaines bardées de diplômes délivrés par de

prestigieuses universités européennes ou américaines, on a souvent la surprise de s’apercevoir

que les eurocentristes les plus prononcés n’ont pas forcément la couleur de peau à laquelle on

s’attendrait. C’est tout le problème de la « colonisation des cerveaux ».

Les rédacteurs de la Constitution ont été fondamentalement des juristes congolais,

dont notamment une belle brochette de professeurs de droit constitutionnel des différentes

universités du pays. Et ils ont travaillé en bons juristes bourgeois et en bons juristes

occidentalisés.

 

     En bons juristes bourgeois, ils ne se sont aucunement souciés d’apporter des correctifs

au monopole du pouvoir par la classe bourgeoise locale, relais du grand capital international.

En bons juristes occidentalisés, faisant preuve du défaut typique du juriste occidental :

légiférer pour un être humain abstrait en oubliant qu’il travaille pour des hommes concrets,

appartenant à une certaine culture, situés dans un contexte donné et ayant donc des

propensions plus grandes à commettre certaines fautes que d’autres.

 

     Comment, par exemple, a-t-on pu oublier le contexte historique congolais (trente ans

de dictature personnelle de Mobutu), mais aussi le contexte historique français du milieu du

XX° siècle (De Gaulle voulait pour la France un régime plus présidentiel, plus personnel, il

était hostile aux partis politiques et ne faisait pas de cadeaux à l’opposition !) et imaginer que

la V°RF était le régime « présidentiel, mais pas trop » qu’il fallait à l’Afrique ? N’aurait-on

pas dû penser plutôt qu’après de longues années de pouvoir personnel, il convenait de mettre

en place des régimes à présidence faible ? Ne devait-on pas, sinon prévoir, au moins

soupçonner, qu’un Congolais, mis dans ce contexte « présidentiel, mais pas trop » allait très

vite en faire du « personnel, pur et simple ». A vouloir faire du gaullisme sans De Gaulle, on

obtient, d’entrée de jeu, du Sarkozy.

 

      Aux alentours du Cinquantenaire de l’Indépendance, je me rendis à Liège pour

participer à un colloque sur l‘avenir des relations belgo-congolaises où l’un des autres

membres du panel était le professeur Verjans, l’une de ces personnalités académiques que

l’abbé Mbelu lorgne d’un oeil irrité quand il parle de la « Constitution de Liège ». Et je

l’entendis avec quelque surprise parler de sa conviction que JKK ne modifierait pas la

Constitution avant les élections de 2011. Cette conviction s’appuyait essentiellement sur le

fait que « ne pas modifier les règles juste avant le match » serait une règle de bonne conduite

« universellement » acceptée. Peut-être eût-il dû considérer aussi, et même d’abord que « on

n’organise pas les élections pour les perdre » paraît une règle très largement acceptée dans

les sphères dirigeantes d’Afrique, continent auquel, jusqu’à preuve du contraire, appartient le

Congo.

 

       Entendons-nous bien. Je ne prétends pas que les Congolais, ou plus généralement les

Africains, seraient par nature tricheurs et roublards, cependant que les Européens seraient par

nature « fair play ». Mais, de même qu’un Belge et un Italien peuvent tous deux devenir

alcooliques mais ne boiront pas la même chose, l’un s’imbibant de vin et l’autre de bière, le

Noir et le Blanc, à malhonnêteté égale, le seront chacun à sa façon. Et il semble bien que,

dans le registre de la malhonnêteté politique, on ait en Afrique une forte propension à se faire

réélire dans des conditions très douteuses.

 

     Voyez l’exemple d’Olusegun Obasanjo. Voilà un homme qui était général à l’époque

où, à la présidence du Nigeria, un général chassait l’autre. La démocratie lui doit beaucoup

parce que, le jour où comme les autres il fit son coup d’état, ce fut pour rétablir les élections et

rendre le pouvoir à nouveau accessible aux civils. Il fut ensuite lui-même élu Président pour

deux mandats successifs, et, une fois élu, chercha par tous les moyens à se faire donner le

droit de se présenter pour un troisième mandat !

 

     L’habileté d’un législateur, ce n’est pas seulement de faire des lois qui soient bonnes

dans leurs principes, c’est d’en faire qui soient applicables par le peuple auquel elles sont

censées s’appliquer. L’histoire et l’actualité montrent surabondamment qu’en Afrique le

personnel politique ne s’embarrasse pas de scrupules excessifs pour ce qui est de la

modification « sur mesure » des règles électorales afin se perpétuer au pouvoir. Il faudrait tout

simplement en tenir compte !

 

     Il est donc ahurissant de constater que les Constituants congolais ont légiféré sans

penser à rendre la Constitution, non pas inaltérable, car il faut pouvoir la modifier à mesure

que les temps changent, mais plus difficile à modifier que les lois ordinaires. Les articles qui

fixent les modalités des élections, en particulier, auraient dû être protégés par une solide

clôture, et ce n’aurait pas été du luxe d’y prévoir du fil de fer barbelé !

Car, il ne faut pas se faire d’illusions, nul n’a l’intention d’en rester là et la manoeuvre

est destinée à être répétée.

 

   Lorsque les règles sont fixes, leurs effets mécaniques (et ils sont inévitables) jouent

tantôt au profit des uns, tantôt au profit des autres. Ce sont alors les comportements des

organisations politiques qui s’adaptent afin de tirer le meilleur parti possible du système tel

qu’il est.

 

    Au contraire, la révision constitutionnelle congolaise a visé à adapter le système aux

besoins d’un parti. En effet, elle a consisté essentiellement à supprimer un effet mécanique

qui était défavorable à la réélection de JKK : offrir, au second tour, à tous ceux qui ne

voudraient pas de cette réélection, la possibilité de voter pour le « challenger ».

 

La session extraordinaire des Chambres

 

    Alors que la Révision de la Constitution a fait l’objet d’une session-éclair et d’un vote

sans surprise, majorité contre opposition (qui s’était retirée), le débat sur les modifications

proposées à la loi électorale a, au contraire, été animé, mouvementé et a abouti au rejet de ces

modifications. Maintenant qu’il faut débattre des annexes de cette loi, la question que chacun

se pose est de savoir si ce débat ressemblera au premier (vote de discipline, le petit doigt sur

la couture du pantalon) ou au deuxième (fronde et votes individuels, y compris dans la

majorité).

 

    Le contraste entre ces deux débats frappe d’autant plus qu’ils ne furent séparés que par

un bref intervalle de temps. D’où l’impression, par un contraste violent, que, d’un débat à

l’autre, les moutons de Panurge étaient subitement devenus enragés. En réalité, ce contraste

violent ne résulte que de la proximité dans le temps. Les deux attitudes étaient pleinement

prévisibles parce qu’elles rattachent à deux élections différentes. La révision constitutionnelle

regardait uniquement la présidentielle. La loi électorale et ses annexes ne concernent que les

élections législatives. Autre formulation des choses : ces dernières concernent l’entrecôte de

tous les parlementaires, alors que la révision ne concernait que le rosbif de Kabila.

Ceci renvoie aux projets (réélection de Kabila et majorité absolue) de l’Université du PPRD à

Kisangani en 2010. Comme je l’ai fait remarquer maintes fois depuis lors ces deux projets

sont parfaitement logiques et cohérents du point de vue politique, mais ils apparaissent

contradictoires dès que l’on cherche à en déduire une ligne tactique en vue des élections !

 

     Le débat sur la révision constitutionnelle aurait certes gagné en richesse de contenu et

tout simplement en démocratie si l’opposition y avait pris part et si l’on n’y avait pas limité la

prise de parole. C’est la responsabilité, respectivement, des chefs de groupes de l’opposition

et d’Evariste Boshab. Mais il faut bien admettre que le baroud d’honneur de l’opposition et,

peut-être, quelques discours d’une belle venue, dont le public a été ainsi privé, n’auraient rien

changé à la situation de fond. Toute la majorité se perçoit comme liée, dans ses intérêts, à

l’ombre tutélaire de son Autorité Morale et donc accepte une modification du mode de scrutin

dont le but évident est de favoriser sa réélection. Les intérêts de JKK et ceux des

parlementaires de la majorité sont perçus, en la circonstance, comme identiques.

 

     Il n’en va plus de même quand il s’agit, non plus de la réélection de Kabila, mais de la

conquête de la majorité absolue par le PPRD. Pour parler platement, on trouve que, là, le

PPRD fait preuve d’un trop gros appétit.

     Il faut sans doute rappeler que le PPRD n’occupe que 111 sièges, alors que la majorité

simple est de 251. Lorsque le PPRD annonce qu’il veut la majorité absolue, il annonce en fait

sa volonté de piquer 140 sièges à… ses alliés de la majorité actuelle. On admettra sans peine,

je pense, que comme preuve d’amitié, on a vu mieux.

 

     Entre temps, a eu lieu la naissance, lors d’une « grand-messe politique » au vélodrome

de Kinshasa, de la MP, succédant à la défunte AMP. Et l’on pourrait se demander à quoi

rimait cette refondation, si l’on ne savait que la MP sera beaucoup plus unitaire, stricte et

disciplinée que ne l’était l’AMP, fonctionnera moins comme une sorte de « Mister Cash » où

aller retirer des sous pour sa campagne électorale sans trop de souci d’apporter une

contrepartie, bref que, par rapport du « conglomérat AMP », la MP sera une structure dont le

fonctionnement sera beaucoup plus proche de celui d’un parti unifié. Cela ressemble

beaucoup à un « plan B » pour arriver à la majorité absolue, si nécessaire, sans y arriver avec

le seul PPRD.

 

     Les propositions qui ont été rejetées par l’Assemblée, l’ont été parce qu’elles auraient

diminué les chances des petits partis membres de la « nébuleuse AMP » d’avoir un ou des

élus, et auraient donc coûté leurs sièges à un certain nombre de députés. Or, le siège en

question est aussi leur gagne-pain. C’est sans doute la même raison « alimentaire » qui a

amené le rejet, sans examen ni réflexion, de toute mesure favorable à une meilleure

représentation des femmes : « plus de parlementaires femmes » a été perçu, tout comme

« plus de parlementaires PPRD », comme signifiant « moins de réélections des parlementaires

actuels ».

 

     Sans doute a-t-on craint de nouvelles réactions de ce genre à propos des annexes à la

loi électorale, et est-ce la raison pour laquelle on a procédé à la « mise sous pression » du

Parlement en proclamant que les annexes devaient être votées pour le 10 août au plus tard,

faute de quoi il faudrait « découpler » la Présidentielle et les Législatives. La session

s’ouvrant le samedi 6, cela laisse aux deux Chambres trois jours, les 8, 9 et 10 août pour en

terminer. Cela revient à demander que le débat se passe « à la hussarde » comme pour la

révision de la Constitution. On a pris soin de faire proclamer cet « ultimatum » à la fois par le

Président de la CENI, Ngoy Mulunda, proche de Kabila, mais aussi par son vice-président

Jacques Ndjoli (venant du MLC), par les Présidents des deux assemblées et des propos du

genre : « C’est vrai, il faut se hâter » ont été tenus par des « ténors » tant de la majorité que de

l’opposition…

Cet étrange consensus peut d’expliquer par des raisons très différentes de vouloir la

même chose.

 

     La majorité gagnerait au découplage car, dans l’hypothèse de la victoire de Kabila à la

Présidentielle, le « vote de précaution » lui vaudrait sans doute beaucoup de voix aux

législatives mais cela coulerait définitivement sa crédibilité internationale. De plus, le

découplage bénéficierait dans cette hypothèse fondamentalement au PPRD, ce qui

constituerait encore une fois la même menace pour les parlementaires des « petits partis de la

MP ».

 

      L’opposition, évidemment, a tout à perdre à un éventuel « découplage ».

Là où cela atteint un certain comique, c’est lorsqu’on se rend compte que la pire

menace qui pèse sur cette session, quant à la « date-butoir » du 10 août, est celle du quorum.

Tout au long de la législature, on a maintes fois rappelé aux « honorables

parlementaires » que leurs vacances devaient leur servir à visiter leurs circonscriptions et non

à jouir des plaisirs de Kinshasa. Quelques « touristes » se sont même fait enguirlander à ce

sujet par leurs chefs de groupe. Et, bien sûr, l’approche des élections pousse bien des

parlementaires à regagner leur « terroir électoral ». Or, on sait ce qu’est un voyage en RDC :

on est rarement sûr de l’heure de son départ et on ne l’est jamais de son jour d’arrivée.

 

     Convoquer une session extraordinaire expose toujours au risque de voir des sièges vides, leurs

titulaires étant en train de se battre avec les routes embourbées. Le risque de perdre du temps

parce que le vote serait impossible faute d’atteindre le quorum est donc réel.

Mis à part ce problème particulier, la question est donc de savoir ce qui, dans les

annexes, mériterait une longue discussion.

 

Les annexes à la loi électorale.

     Les annexes comprennent avant tout la fixation du quotient électoral et la répartition

des sièges. Si j’écris « avant tout », ce n’est pas pour diminuer l’importance de choses comme

le « code de bonne conduite » mais parce que l’adoption du quotient électoral et de la

répartition des sièges sont des préalables indispensables à la mise en marche matérielle des

élections législatives.

 

     Le quotient électoral est obtenu en divisant le nombre total d’électeurs par le nombre

de sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale, soit cinq cents députés. Quant à la répartition

des sièges proprement dite, ce chiffre est fixé à 64 049 électeurs pour un siège. Il est à noter

que le chiffre qui devrait être pris en compte pour déterminer à combien de sièges une

circonscription a droit devrait être celui de ses habitants et non pas de ses électeurs. Mais cela

ne serait évidemment possible que si la population était recensée, ce qui n’est pas le cas.

 

    On ne peut que répéter à tout bout de champs combien les élections seraient plus

crédibles si la population était préalablement recensée, et déplorer à chaque fois que cela ne

soit pas fait.

 

    Voici les chiffres de la CENI 1 :

1 D’après EURAC. Il s’agit de chiffres avant correction ou « nettoyage ».

Province Inscrits Prévisions %

Bandundu 3 553 322 3 555 702 100 %

Bas-Congo 1 502 939 1 485 850 101%

Equateur 3 960 643 3 584 982 110 %

Kasai Occidental 2 661 245 2 457 453 108%

Kasai Oriental 2 643 905 2 437 108 108%

Katanga 4 627 302 4 241 326 109%

Kinshasa 3 287 745 3 573 399 92% 2

Maniema 874 809 759 427 115%

Nord-Kivu 3 003 246 2 968 297 101%

Province Orientale 3 886 524 3 927 123 99%

Sud-Kivu 2 022 960 2 009 336 101%

 

    Comme on a pu le voir plus haut, il a été fait usage d’un quotient électoral national, et

non d’un quotient établi circonscription par circonscription. Cela aboutit en principe à

défavoriser les circonscriptions peu peuplées au profit de celles qui le sont davantage. Il faut

toutefois nuancer cette affirmation, en ce sens que les circonscriptions urbaines (à Kinshasa :

les communes) sont aussi beaucoup plus petites que les circonscriptions de brousse, parfois

carrément immenses.

 

     D’autre part, le nombre de députés étant fixé à 500, il est clair que l’on ne peut pas

attribuer un siège à un endroit sans le retirer à un autre, le total étant fixe.

Bien évidemment, il n’arrive que rarement que le nombre d’électeurs d’un endroit soit

un multiple de 64 049 ! L’attribution doit alors se faire « au plus fort reste ». Ces chiffres

amènent des gains ou des pertes de sièges3, dans les proportions suivantes :

Seule la province du Sud-Kivu garde le même nombre de siège qu’en 2006, soit 32.

 

Cinq provinces4 connaissent un accroissement des sièges:

· Equateur (quatre sièges de plus)

· Katanga (trois sièges de plus)

· Kasaï-Occidental (deux sièges de plus)

· Kasaï-Oriental (deux sièges de plus)

· Maniema (deux sièges de plus)

2 On ne voit donc guère pourquoi APRODEC parle de la disparition de 1 021 077 électeurs en ce qui concerne la

Ville-Province de Kinshasa

3 Ils ont été publiés abondamment dans la presse congolaise.

4 De ces cinq provinces, l’Equateur passe généralement pour acquise à l’Opposition, la Katanga et le Maniema à

la Majorité, les deux Kasai, à l’UDPS.

 

D’autres provinces5, par contre, ont perdu quelques sièges par rapport à 2006:

· Bandundu (deux sièges de moins)

· Bas Congo (un siège de moins),

· Nord-Kivu (un siège de moins),

· Province-Orientale (deux sièges de moins)

· Kinshasa (sept sièges de moins).

     Ce sont évidemment les pertes de sièges qui vont toucher les parlementaires sortants

au point le plus sensible puisque modifier le nombre de sièges signifie aussi modifier leurs

chances d’être réélus. Encore une fois, la menace pèse sur l’entrecôte.

 

      Comme les modifications d’attribution de sièges résultent d’un calcul, le seul moyen

de les contester serait de s’en prendre, non au calcul lui-même, mais aux données qui lui

servent de base, c'est-à-dire l’ensemble du travail d’enrôlement de la CENI. Sur ce point, les

deux « blocs » du Parlement ont des positions dogmatiques très tranchées. Pour la Majorité,

tout ce que fait la CENI est bien. Pour l’Opposition, tout ce qui sort du cirque à Ngoy

Mulunda ne peut être que magouilles, tripotages et compagnie. Ce qui laisserait présager un

vote majorité/opposition analogue à celui de la révision constitutionnelle.

 

    Cependant, les victimes de la réduction des sièges seraient sans doute au premier chef,

encore une fois, les « petits partis de la MP ». Ils pourraient donc avoir des velléités

frondeuses. Le résultat le plus sûr est qu’ils prolongeraient les débats, ce qui peut mener au

« découplage ». Placer les législatives après la présidentielle (quel que soit le président élu)

provoquera un afflux de « votes de précaution » au parti du vainqueur. Cela se fera fatalement

en laminant les mêmes petits partis. Les parlementaires n’ont donc que la consolation de

savoir qu’ils seront mangés, mais qu’on leur laisse choisir à quelle sauce.

 

(Note : ce texte avait été écrit avant le vote à la Chambre, intervenu le 9 août, adoptant les

annexes par 375 voix pour, 6 voix contre et 5 abstentions. Les députés votants étaient donc

386, ce qui réalise mes prévisions de quorum péniblement obtenu et d’adoption du texte

proposé).

 

Du côté des partis

 

PALU

5 De ces cinq provinces, le Bandundu passe généralement pour acquis au PALU, le Nord-Kivu et la PO sont des

régions où l’on s’attend à un fort recul de la majorité, le Bas-Congo pencherait vers la Majorité et Kinshasa vers

l’Oppsition.

 

     Le Parti lumumbiste unifié (PALU) ne présentera pas de candidat à l’élection

présidentielle prévue en novembre prochain en RD Congo, a annoncé samedi son secrétaire

général, Antoine Gizenga. S’exprimant devant des militants de son parti, il a affirmé que le

PALU « soutiendra le candidat nationaliste de gauche », sans donner plus de précision.

Il convient d’examiner quels avantages le PALU recherche ainsi (ou, ce qui revient un

peu au même, quels inconvénients cela lui évite) et ce que cela change dans la donne

électorale.

 

    Etant donnée la façon dont on conçoit, en RDC, la politique et les partis, c'est-à-dire en

accordant une importance très grande aux personnes, il est presque naturel que tous les leaders

et présidents de parti soient candidats présidentiels. En outre, il est connu que le PALU

pratique un très fort « culte de la personnalité » envers Gizenga.

 

      La conclusion logique, à savoir la candidature de Gizenga, aurait cependant été

absurde autant que logique, le Patriarche étant âgé de 86 ans. Se présenter pour un mandat de

cinq ans aurait donc équivalu à un pari d’atteindre l’âge de 91 ans, pari que l’on peut

difficilement considérer comme gagné à l’avance.

Ne pas participer à la présidentielle est, de ce point de vue, logique, en ce sens que

Gizenga ne se lance pas dans une aventure perdue à l’avance, mais ne se crée pas, non plus,

les problèmes qui pourraient résulter de la désignation d’un « dauphin ».

 

    D’autre part, en ne prenant aucune option pour la présidentielle, le PALU s’épargne

les gros problèmes qu’il aurait eus s’il avait considéré son alliance de 2006 avec la MP

comme valant aussi pour la campagne 2011. Il pourra ainsi faire campagne pour les

législatives sans avoir à épargner personne et, en particulier, sans avoir à épargner JKK qui

tire vigoureusement la couverture de son côté. Exemple : toute une série de dépenses, faites

aux frais de l’Etat, sont présentées comme « dons du Président » et nul ne souligne que s’il y a

de l’argent pour les faire, c’est à la suite d’allègements de dettes qui ont été obtenus par

Muzito, dont la tâche principale, à la Primature, était de se concilier le FMI.

 

     Sur son terroir naturel du Bandundu, d’autre part, le PALU aura à compter surtout

avec des concurrents qui, eux, sont membres de la MP, feront donc campagne pour Kabila et

tendront à diminuer le rôle du gouvernement pour magnifier celui de la Présidence. Le PALU

adopte donc la position qui le met dans la meilleure position tactique en vue de législative, et

il a raison d’agir ainsi.

 

       On peut bien sûr s’interroger sur le sens de l’expression « soutenir le candidat

nationaliste de gauche », sans plus de précision. Cela revient à dire que si Lumumba

ressuscitait, le Parti Lumumbiste voterait pour lui. On s’en doutait déjà un peu ! Mais qu’y at-

il derrière cette expression qui peut désigner tout le monde et personne ?

Il se pourrait très bien qu’il n’y ait en fait rien du tout, et que cette expression vague

masque, aux yeux des gens simple de la base, un vide délibéré.

 

      La Constitution française, dont s’inspire celle du Congo, crée un système bicéphale, en

laissant à l’appréciation du Président et du Premier Ministre de déterminer de quelle manière

leurs pouvoirs respectifs s’articulent. Le fonctionnement très « présidentiel » auquel on a

assisté jusqu’ici au Congo n’en est pas la seule application possible. Comme on l’a vu

ailleurs, cela peut aboutir à des épisodes de « cohabitation ».

      Le vote à la proportionnelle ayant été maintenu, la majorité gouvernementale devra

être construite « à la belge » (si possible plus vite qu’en Belgique), ce qui veut dire qu’un parti

qui s’avèrerait indispensable pour constituer une majorité pourrait se faire « payer » au prix

fort, par exemple en obtenant de former le gouvernement.

 

    En outre, cela manifeste qu’aux yeux de Gizenga, ou plus généralement de l’Etatmajor

du PALU, la partie est loin d’être jouée d’avance et que les « certitudes » mises en

avant tant dans le camp de JKK que dans l’opposition ont tout du « bluff électoral ».

Ces vues sont sans doute un peu complexe pour l’électeur de base, d’autant plus que

les partisans du PALU sont connus pour leur discipline et attendent des consignes. Leur en

donner une qui vaut tout dire est une manière de les satisfaire sans s’engager.

 

MLC

      Le Mouvement de libération du Congo (MLC) a reconduit Jean-Pierre Bemba Gombo

à la tête du parti pour un nouveau mandat de 5 ans. C’était samedi 23 juillet à la clôture du

congrès de ce parti à Kinshasa Bemba demeure par conséquent le candidat du MLC à

l’élection présidentielle de novembre 2011. En retenant la candidature du sénateur Bemba

Gombo, le MLC se dit confiant de la libération de son leader par la Cour pénale

internationale.

 

     Jean-Lucien Busa, le vice-président du bureau du congrès, a précisé que son parti

venait de renouveler, à l’unanimité, le mandat du président national Jean-Pierre Bemba

Gombo à la présidence pour une durée de 5 ans. Ensuite, le parti l’a choisi comme son

candidat à l’élection présidentielle de 2011. « Concernant le programme du gouvernement, le

MLC a fait des propositions qui reposent sur deux axes, avec une seule finalité : créer des

conditions d’une vie meilleure pour les Congolais et aussi donner des perspectives pour la

jeunesse congolaise », a déclaré Jean-Lucien Busa. Le MLC se dit par ailleurs confiant de la

libération de son leader par la CPI avant la tenue des élections en RDC.

 

     Certaines personnalités politiques de l’opposition comme Vital Kamerhe, président de

l’Union pour la nation congolaise (UNC), Oscar Kashala de l’UREC et Ne Mwanda Nsemi de

Bundu dia Mayala étaient présents lors des cérémonies d’ouverture et de clôture de ce

congrès.

 

     La candidature Bemba est logique… par rapport à Bemba lui-même qui, puisqu’il

plaide non-coupable, doit bien sûr montrer qu’il est sûr que son procès ne peut se terminer que

par un acquittement. Elle l’est moins par rapport au MLC et au Congo.

Il est d’abord assez improbable que le procès Bemba se termine en septembre.

 

     Plusieurs dizaines de témoins doivent encore comparaître et, compte tenu de la procédure

anglo-saxonne en usage à la CPI, qui fait que « défendre Bemba » signifie fondamentalement

« démolir les témoignages », ces auditions prendront, dans l’intérêt même de l’accusé, du

temps. Il se peut fort bien que le procès se termine par un acquittement, non pas parce que

Bemba serait innocent mais parce qu’il n’a pas à répondre seul d’actes dont la responsabilité

est partagée notamment par feu Ange Patassé. Mais que cela soit fait en temps utile est

nettement plus douteux.

 

    En 2006, Bemba a fait au second tour un excellent résultat qui a étonné tout le monde.

Mais c’était moins le résultat de Bemba que celui du « Tout sauf Kabila ». Ramener l’élection

à un seul tour n’avait pas d’autre finalité que d’empêcher, en 2011, cet « effet TSK ». Le vote

Bemba était aussi en grande partie un vote « UDPS frustré ». Mais, entre temps, pendant

pratiquement toute la législature, des représentants du MLC ont siégé dans différentes

assemblées dans des conditions difficiles et ne méritent pas forcément de couler avec le

bateau Bemba. Le MLC et Bemba lui-même auraient pu faire preuve de grandeur en décidant

de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et de se battre aux seules législatives pour

leurs parlementaires qui n’ont pas démérité. Encore une occasion ratée.

 

L’UDPS et la question de la candidature unique

     La pratique, par le pouvoir, du « divide et impera » et donc à la fois l’importance et la

difficulté de l’union sont des problèmes qui ne datent pas d’hier. En son temps, Lumumba

disait ceci : « L’expérience démontre que dans nos territoires africains, l’opposition que

certains éléments créent au nom de la démocratie n’est pas souvent inspirée par le souci du

bien général ; la recherche de la gloriole et des intérêts personnels en est le principal, si pas

l’unique mobile. »

Il est très clair que la tournée katangaise de Tshisekedi, puis son meeting kinois au

Stade des Martyrs, en exhibant sa force, avaient un double but : la campagne électorale

proprement dite, mais aussi la campagne, interne à l’opposition, en vue de l’investiture

comme candidat unique. Il l’a fait en soufflant alternativement le froid et le chaud, alternant

des rodomontades comme ses « 100 % » durant sa tournée katangaise, ou des déclarations à

l’emporte-pièce revendiquant pour lui seul le titre d’opposant, et des propos beaucoup plus

conciliants, comme ceux du stade des Martyrs, faisant allusion à des négociations au sein de

l’opposition. Il convient donc d’examiner les propos tenus en l’une et l’autre occasion.

 

     D’abord, la tournée katangaise. Le Palmarès du 8 aout note qu’au cours du point de

presse animé à Kolwezi à l’attention de la presse nationale et internationale, Tshisekedi dit

qu’il pourrait réaliser cent pour cent à la présidentielle du 28 novembre. Il titre : « Tshisekedi

prédit sa victoire ; mais, Kabila rit sous cape », rapporte que dans la Majorité présidentielle

après avoir eu vent de la prédiction d’Etienne Tshisekedi, une rengaine a été entendue : « On

ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Cette déclaration en forme de

rodomontade est, à la même date l’occasion d’un numéro des « frères ennemis ».

 

     L’Avenir titre « Etienne Tshisekedi, certain de gagner avec 100% des voix ». Sans

blague, s’exclame ce journal proche du pouvoir, le leader de l’UDPS a revu ses ambitions à la

hausse. Si hier, il pensait gagner dans dix provinces et partager le Katanga, cette fois il est sûr

d’avoir 100% des voix. L’accueil au Katanga donne à Tshisekedi le sentiment que son

élection est acquise à 100%. Il n’envisage pas la possibilité de perdre. A la question de savoir

ce qu’il fera en cas d’échec. Tshisekedi répond : « Quel échec ? Avec ce que j’ai fait au

Katanga, je crois que je pourrais réaliser jusqu’à 100% des voix ».

   

Pour le leader de l’Udps,

souligne L’Avenir, la vraie opposition est celle qui est alignée derrière lui. Les autres, ce sont

des taupes. Portant son jugement sur l’opposition, il déclare : « Il y a opposition et opposition

au Congo. C’est aux jeunes de venir vers les vieux, il y a aussi des taupes parmi ceux qui se

disent de l’opposition ». S’adressant à la presse à Kolwezi, Etienne Tshisekedi espère qu’il

pourrait remporter jusqu’à 100% des voix. « Dans un pays qui se veut sérieux avec une classe

politique sérieuse, cette déclaration devrait faire scandale », écrit l’Avenir. Pour le journal,

«la réponse de Etienne Tshisekedi s’inscrit dans une logique qui, de plus en plus, devient une

fixation et son jugement sur l’opposition répond également à la même logique. La seule

opposition valable, c’est celle qui est derrière lui». «Ce jugement de valeur devrait également

scandaliser. La RDC est dans un processus démocratique où les gens expriment clairement

leurs ambitions. C’est différent avec la période de la transition avec Mobutu où les gens

étaient avec Mobutu la nuit et le jour ils militaient à l’opposition. Il n’y a pas de raison de

transposer la situation de 1990 à aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne. Qu’il y ait des taupes

dans l’opposition, c’est possible. Mais que le critère pour les démasquer soit l’allégeance à

faire à Etienne Tshisekedi, c’est renversant. Tel principe n’est pas démocratique et donc loin

d’un Etat de droit qui consacre la liberté de pensée et d’association», conclut L’Avenir.

 

     C’est tout l’inverse de ce que pense Le Phare pour qui « le Congo profond réclame le

changement ». Il indique que le plébiscite que le président national de l’UDPS vient de

récolter à Lubumbashi, Kasumbalesa, Kipushi et Kolwezi, lors de son récent périple au

Katanga, est interprété par de nombreux analystes de la vie politique congolaise, comme le

témoignage de la confiance que la population katangaise, toutes tendances confondues, a

voulu exprimer à l’égard d’Etienne Tshisekedi, pour son idéal politique caractérisé par la

démocratie par la voie de la non violence.

 

     En l’occurrence, chaque journal tire avec une belle énergie la couverture de son côté

en étirant fortement les bretelles de la vraisemblance. L’Avenir monte en épingle une

vantardise maladroite, cependant que Le Phare affecte de confondre l’affluence sur le

passage d’un cortège avec des intentions de vote.

 

    Toujours ce même 8 août, sous le titre : « Etienne Tshisekedi répond à Kengo et à

Kamerhe », Forum des As note que pour gagner la bataille électorale, Tshisekedi se dit

confiant en la machine de son parti avant de négliger, manifestement, l’apport de l’opposition

pour laquelle il a une appréciation pour le moins mitigée. Pour lui, en effet, il n’a qu’une seule

opposition : celle qui est derrière lui. « Il y a opposition et opposition au Congo », a-t-il

déclaré avant d’ajouter « C’est aux jeunes de venir vers les vieux, il y a aussi des taupes parmi

ceux qui se disent de l’opposition ». Le message est clair. Etienne Tshisekedi répond là,

presque à la cantonade à tous les appels, notamment de Vital Kamerhe et Léon Kengo, à une

candidature commune de l’opposition pour la prochaine présidentielle et sa réponse est, pour

l’essentiel, ue fin de non-recevoir.

 

     Il ya eu ensuite le meeting au Stade des Martyrs. Dans le domaine de la « politiquespectacle

», le stade des Martyrs représente une sorte de « pont-aux-ânes » du fait même de sa

capacité, très supérieure aux 80.000 places des tribunes puisque, pour un meeting, on place

aussi du monde sur la pelouse. Essayer de remplir « les Martyrs » est donc en soi un test quant

à la capacité d’un homme à faire courir les foules. Il faut toutefois relativiser : les partis qui

ont pour base tribale une ethnie nombreuse et très bien représentée à Kinshasa – c’est le cas

des Luba-Kasai, qui doivent être entre 200.000 et 250.000 – devraient pouvoir remplir

plusieurs fois le stade.

 

     Il y a tenu des propos beaucoup plus conciliants, faisant allusion à des négociations au

sein de l’opposition. S’agissant des alliances, le président de l’Udps a profité de cette

occasion pour saluer la présence au stade, de tous les alliés. Avant de renchérir que l’alliance

est importante. Mais avant d’en arriver là, chacun doit organiser son parti, consolider sa base.

C’est seulement après que nous allons nous réunir pour traiter des différents programmes et

choisir un seul candidat pour les élections présidentielles. La Prospérité du 10 août a mis

l’accent sur l’ « Affaire de la candidature commune de l’opposition» évoquée par Etienne

Tshisekedi avec cette phrase clé en manchette : « chacun doit consolider sa base ! ». D’après

La Prospérité, Etienne Tshisekedi a salué la présence des partis alliés présents au stade et

souhaité que chaque parti politique s’efforce, au préalable, de consolider sa base, avant

d’envisager une réunion d’ensemble pour discuter de différents programmes et choisir un seul

candidat pour la présidentielle de novembre 2011.

 

     «En RDC, Etienne Tshisekedi rebondit sur la proposition d'un candidat commun à la

présidentielle», note Radio France Internationale. «En RDC, l’idée d’un candidat unique

de l’opposition fait son chemin, tranche la radio française. L’ancien président de l’Assemblée

Vital Kamerhe a lancé la proposition. Etienne Tshisekedi, leader de l'UDPS, l'Union pour la

démocratie et le progrès social, s’est dit ouvert à cette idée lors d’un grand meeting au stade

des Martyrs à Kinshasa ce mardi 9 août 2011». «A propos d’un candidat commun, je dis la

chose suivante : avant de parler de plateforme commune, il faut un programme commun.

Chacun doit d’abord mettre de l’ordre dans son parti ; ceux qui doivent constituer la

plateforme, ce ne sont pas les individus, mais les partis politiques», a déclaré le président de

l’UDPS.

 

     Le journal Forum des As revient sur la même information et indique qu’Etienne

Tshisekedi s’est finalement prononcé sur la candidature unique de l'opposition. «Avant de

parler d'une plate-forme commune, il faut que chacun s'organise dans son parti. Ce ne sont

pas les individus qui constitueront cette plate-forme, ce sont les partis politiques. Puis

viendra la seconde période où nous allons nous mettre ensemble avec un programme

commun», a déclaré hier le lider maximo dans un stade des Martyrs archicomble. Parlant de

son séjour en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et en Afrique du Sud, rapporte le journal, «le

sphinx de Limete a expliqué que son périple visait deux choses : premièrement, voir les

décideurs internationaux». Dans nos entretiens, a fait savoir Etienne Tshisekedi, «je leur ai

fait savoir les difficultés qui rongent le peuple congolais. Ils sont tous acquis pour le

changement en RDC. Je leur ai dit : en novembre 2011, ne nous amenez pas le désordre de

2006. Les Congolais sont devenus matures et veulent choisir librement le candidat qui va

diriger leur pays. Ils ont tous accepté cela et m'ont donné raison. Donc, aux élections de

novembre 2011, n'ayez aucune crainte. Vous êtes cette fois-ci responsable de votre avenir».

Deuxièmement, continue Forum des As, «Etienne Tshisekedi a laissé entendre à ses

interlocuteurs que la RDC est parmi les derniers pays du monde». Enfin, le leader de l’UDPS

a invité les Congolais d’avoir l'amour de leur pays. «La démocratie que nous allons instaurer

à partir du 7 décembre sera la cogestion du Congo par les Congolais (…) Chacun doit savoir

que, parmi les maux qui ont rongé notre pays, il y a le vol, la corruption, le détournement des

deniers publics, etc… »

 

      Il n’y a là rien de fondamentalement nouveau. L’on sait depuis longtemps qu’ETwM

n’acceptera jamais une autre candidature unique que la sienne. Mais le reste de l’opposition, à

l’exception du MLC, qui réagit surtout en fonction de la situation très particulière de Bemba,

ne s’y montre pas hostile et donne des signes d’envie de maintenir, envers et contre tout, une

dynamique unitaire. Si l’on relit la presse de ces derniers mois, on s’aperçoit de la présence

invariable de délégations des autres partis aux événements organisés par l’un d’entre eux.

Ceci dit, il faut aussi tenir compte d’une autre constante dans l’attitude de l’UDPS : aller à

toute négociation, mais en claquer la porte avant la fin.

 


 

 

 

Les Chefs des différentes confessions religieuses en RDC appellent à l’appaisement en vue des élections

 

"Nous, Chefs des Confessions Religieuses, appelés à vous guider dans la foi et éclairer votre conscience, venons auprès de vous, frères et sœurs Congolais, pour lancer un appel vibrant, pathétique et solennel en faveur des élections apaisées dans notre pays, la RD Congo".

POUR DES ELECTIONS APAISEES EN RD CONGO

APPEL DES CHEFS DES CONFESSIONS RELIGIEUSES

PREAMBULE

Nous, Chefs des Confessions Religieuses, appelés à vous guider dans la foi et éclairer votre conscience, venons auprès de vous, frères et sœurs Congolais, pour lancer un appel vibrant, pathétique et solennel en faveur des élections apaisées dans notre pays, la RD Congo.

Notre démarche se veut de paix, de fraternité, de service et d’amour. Dieu nous confie la mission de prêcher la bonne nouvelle de la paix à temps et à contretemps, en tout lieu et en tout temps, quelles que soient les circonstances, et à tous les hommes, quels que soient leur rang et leur qualité. Nous aurons failli à notre vocation de messagers de la paix, synonyme du développement, si, à ce stade, nous nous taisons.

En tant que Chefs des Confessions religieuses, vous vous reconnaissez en nous et, sans aucun doute, vous attendez de nous la sagesse de Salomon afin de jouer, pour l’avenir de notre pays, le « rôle d’interpellateur objectif des consciences, sans complaisance ni parti-pris ». Notre silence serait donc complice et notre complicité, catastrophe pour le pays. De là découle la raison profonde de notre appel

  1. I. Raison de notre appel

Dans les jours et mois à venir, nous allons être appelés à choisir nos représentants à différents niveaux de la gestion de la chose publique. En tant qu’organisation « Confessions religieuses », nous n’avons pas, malgré nos préférences individuelles, à prendre position pour tel ou tel parti politique ni à donner des consignes de vote en faveur ou en défaveur de tel ou tel candidat, sauf évidemment en cas d’atteinte grave à la morale, à la dignité de la personne humaine et à nos convictions religieuses.

Les échos qui nous viennent de l’Intérieur du pays, les différents messages qui sortent des officines des partis politiques et les manifestations tumultueuses de ces derniers jours nous font craindre des scrutins agités plutôt qu’un processus électoral apaisé. Les exemples semblables et malheureux de certains pays d’Afrique constituent des sonnettes d’alarme dont il nous faut absolument tenir compte. Nous sommes en droit de craindre que ce qui s’est passé ailleurs, non loin de chez-nous, ne se reproduise chez-nous. La RD Congo ne peut pas s’estimer à l’abri des dérapages ; elle n’est pas à l’abri des troubles qui n’ont comme résultat que la destruction des infrastructures et la perte des vies humaines endeuillant des familles et la Nation entière. Nous intervenons donc en tant que corps pour éviter à notre histoire commune toutes les situations électorales et postélectorales malheureuses qui ne profitent, à la longue, à personne, ni même à ceux qui les occasionnent. Elles mènent au contraire à une spirale de violence dont on ne sait quand s’en sortir. Pour notre pays qui a connu pas mal de turpitudes et de guerres à répétition, retardant du coup son développement, nous ne pouvons que souhaiter, pour ne pas dire exiger, de la part des candidats : la sagesse, la compréhension, la concorde, la retenue et la tolérance. Le climat apaisé des élections dépend fondamentalement de la manière dont nous nous comportons et agissons vis-à-vis de nos adversaires politiques. Voilà pourquoi nous en appelons à la conscience de chacun à travers quelques recommandations.

  1. Nos recommandations

En âme et conscience, prenant nos responsabilités devant Dieu et devant les hommes en vue des élections apaisées, nous recommandons à tous les Congolais, nos compatriotes qui sont nos frères et nos sœurs dans la foi, en faisant appel à la sagesse et au patriotisme de chacun, des attitudes à adopter pour garantir, dans notre pays, des élections apaisées et qui rassurent.

- Aux dirigeants des partis politiques

  1. 1. Etre acquis aux vertus démocratiques

La démocratie se fonde sur le respect des droits et des devoirs. De ce fait, elle exige plus que tout autre régime, la vertu. Elle est régie par une Constitution, la loi fondamentale, et des textes qui s’imposent à tous, c’est-à-dire des règles juridiques impersonnelles qui garantissent l’égalité de tous devant la loi. Personne, quels que soient son rang ou sa condition, n’est au-dessus de la loi. La loi est opposable à tous. Peut-on prétendre respecter les lois du pays une fois aux affaires si durant la campagne électorale on prend l’habitude de les fouler aux pieds ?

Etre acquis aux vertus démocratiques suppose donc l’acceptation du pluralisme et le respect des règles, notamment la Constitution et les textes en vigueur. Il implique aussi une confiance certaine dans les Institutions du pays, confiance sans laquelle tout semble perpétuellement remis en question. Ce qui revient à dire que, lorsque les candidats se moquent du code de bonne conduite, lorsqu’ils prétextent des libertés politiques pour verser dans les violations des lois, la Justice doit s’appliquer dans sa rigueur pour faire respecter les lois de la République, les droits et les obligations de chacun. La pertinence et l’opportunité de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes trouvent, ici, leur place. En effet, en faussant de l’une ou de l’autre manière les résultats, la corruption installe la méfiance. Pour des élections apaisées, il est impérieux de lutter contre l’impunité qui, dans le cas d’espèce, entretient les conflits. Sinon, au lieu de recourir aux tribunaux pour régler les litiges électoraux, les candidats lésés cherchent à se faire justice dans la violence. De toutes les façons, quoi qu’il en soit, nous en appelons à la retenue, à la maîtrise de soi qui doit caractériser les hommes d’Etat.

S’interdire de jouer avec le feu de la division et s’abstenir d’attiser les brasiers de la haine, tels sont les engagements que chacun, par amour pour le pays, doit prendre. Avant, pendant et après les élections, les candidats s’efforceront d’avoir une attitude responsable, celle qui se nourrit, dans les lieux publics, de la civilité, c’est-à-dire du respect d’autrui. Cette civilité est inséparable de la tolérance. Celle-ci reconnaît à autrui le droit de ne pas être, de ne pas penser, de ne pas agir comme soi-même et suppose la réciprocité, qui est le respect mutuel des préférences. Ce qui exclut, pour la réussite des élections apaisées, les injures, mensonges, attaques personnelles, intrigues, manipulations et toutes les pratiques similaires susceptibles de créer ou d’envenimer des tensions dans le pays, tant au niveau national qu’au niveau local.

Tout en reconnaissant que les candidats sont des adversaires plutôt que des ennemis, on ne doit pas perdre de vue que, lorsque le succès de l’adversaire a pour conséquence mon propre anéantissement, la tendance est d’en faire mon ennemi. D’où l’importance de la retenue, d’une prudence appuyée sur la régularité de bonnes habitudes et qui fait que, en cas de défaite électorale, nous l’acceptons honnêtement et courageusement, et, en cas de victoire, nous évitons le triomphalisme. Ne jamais perdre de vue que nos attitudes, nos paroles, en tant que candidat ou candidate, sont très importantes et déterminantes pour des élections apaisées, puisqu’elles influencent nos partisans, qui sont nos électeurs. Ici, une certaine humilité arrange les choses. Ne pas toujours considérer que les autres ont le monopole du mal et nous celui du bien. De même, ne jamais prendre la défaite d’aujourd’hui dans une élection comme un échec définitif, sans espoir d’être vainqueur un jour ou à l’occasion d’autres échéances électorales.

Nous serons d’autant plus mesurés si notre engagement politique se fait pour un idéal coulé dans un projet de société qui guide et nourrit notre agir.

  1. 2. Répondre au profil et s’engager sur base d’un projet de société

La RD Congo a besoin, pour son avenir, un avenir que nous voulons radieux, des hommes et des femmes ayant un sens élevé de responsabilité et de patriotisme, des hommes et des femmes d’une sagesse avérée, d’une maîtrise de soi à toute épreuve et d’une retenue éprouvée, mais qui arrivent au pouvoir par des élections justes, c’est-à-dire transparentes et crédibles.

Le respect de la Constitution et des textes en vigueur est un signe de patriotisme, la marque de l’amour que l’on a pour le pays et ses habitants. Les élections donnent une occasion privilégiée de le manifester. Sans une bonne dose de patriotisme, d’abnégation ou d’oubli de soi, personne ne peut se sacrifier pour son pays.

Pour cela, les candidats doivent toujours viser le bien commun qui n’est pas à confondre avec la somme des intérêts particuliers souvent contradictoires entre eux. Il s’agit de chercher le bien de la société considérée comme un tout et de chacun de ses membres pris individuellement. Les voies et moyens pour y parvenir sont consignés dans des projets de société et des programmes de gouvernement, feuilles de route que les candidats soumettent à la décision du choix.

Les Chefs des Confessions religieuses recommandent l’organisation des campagnes électorales sur base des projets de société et non à coup des cadeaux et des libéralités visant l’achat des consciences. Une campagne de ce genre a l’avantage de faire éviter autant que possible de transformer les joutes politiques et oratoires en moments d’injures publiques et de culture de la haine. Le projet de société permet d’élever les débats, de discuter sur des idées. Encore faut-il que les candidats répondent au profil de compétence, de loyauté, d’intégrité et de moralité. Pour nous, en effet, plafonner les dépenses électorales et limiter les dons, à défaut de les supprimer, constituent à coup sûr une chance pour la sérénité des élections. Le peuple congolais doit voter en âme et conscience, avec toute responsabilité, à la suite d’une comparaison et d’une évaluation des candidats sur base des programmes, pour ceux qui lui présentent le meilleur projet de société et le meilleur profil. Mais, une fois que le peuple s’est prononcé, chacun doit prendre de la hauteur pour respecter le verdict des urnes comme expression de la volonté du souverain primaire.

  1. 3. Respecter le verdict des urnes

Avant les élections, tout le monde part gagnant. Après, il y a absolument des gagnants et des perdants. Pour des élections apaisées, il vaut mieux que chaque candidat trouve le temps et la manière solennelle d’exprimer son engagement personnel à respecter le verdict des urnes. C’est une manière de prendre le peuple souverain au sérieux. De même, il est important de multiplier les faits et gestes qui inspirent confiance afin de lutter contre le soupçon qui gangrène les élections. Il nourrit la non-acceptation et la contestation systématique des résultats ; de sorte qu’elles auront beau être libres, démocratiques, crédibles et transparentes, elles ne manqueront pas de tomber sous le coup de la suspicion puisque basée sur la méfiance.

Les contestations tendancieuses et hasardeuses des suffrages sont aussi tributaires de la mauvaise foi. Elles se font non pas parce que dans son for interne on ignore la validité des résultats sortis des urnes, mais à cause du regret dû au désespoir de ne pas arriver à récupérer les sommes englouties. En effet, au lieu de la persuasion, en l’absence d’un véritable projet de société, on s’accroche à l’illusion d’une popularité qui fait prendre pour des partisans les foules intéressées par les dons, les cadeaux, les primes et d’autres avantages.

Dans les conditions où la corruption, devenue comme un mode normal de vie, fait de l’engagement politique le chemin le plus court, le moyen par excellence de l’enrichissement personnel, lieu des honneurs et des privilèges plutôt que des services et des sacrifices, le respect du verdict des urnes en cas de défaite est plutôt vécu comme une privation, une mise à l’écart du partage du gâteau. Encore une fois, la lutte contre la corruption, pour rendre à la politique ses lettres de noblesse, s’impose de soi. De toutes les façons, dès que la victoire est proclamée, tout le monde doit se soumettre à la loi. On doit, en bon démocrate, s’abstenir de recourir à des actions subversives, des moyens illégaux ou violents pour se soustraire à l’autorité de la loi. S’il existe des contentieux, il faut les traiter par voie de justice, selon les prescrits de la loi électorale, et dans la crainte de Dieu.

  1. 4. Craindre Dieu

En tant que Chefs des Confessions religieuses, nous restons convaincus que la crainte de Dieu est le début de la sagesse, surtout dans la gestion de la chose publique. Nous pouvons, en effet, tromper l’homme en tout temps, en tout lieu, mais nous ne saurons en aucun cas tromper Dieu qui voit le fond et le tréfonds de nos cœurs.

La fierté de tout croyant est de vivre en conformité avec sa foi. Le témoignage de vie, même en politique, est plus fructueux que la parole. Voilà pourquoi, nous pensons qu’il vaut mieux confier la direction des affaires du pays à ceux qui sont compétents, ceux qui se laissent guider par la Parole de Dieu, des personnes de bonne volonté, des hommes vertueux qui sont attentifs aux valeurs démocratiques et éthiques, et qui savent se sacrifier pour un idéal noble, celui du service pour le bien commun du peuple congolais.

Les élections ne seront apaisées qu’avec des esprits apaisés et des cœurs en paix. Elles seront agitées si les esprits sont surchauffés et les cœurs troublés. C’est donc et avant tout un problème d’homme. Il faut pour la sécurité, la sérénité et la quiétude du processus électoral, une véritable conversion de cœur.

- Au peuple, le souverain primaire

Nous recommandons au peuple congolais d’avoir jalousement à l’esprit son statut de « souverain primaire ». Celui-ci indique que chaque citoyen, par le droit de vote, détient une part de la souveraineté nationale. L’exercice de ce droit appelle une vigilance pour ne pas se laisser entraîner avant, pendant et après les élections, dans des conflits partisans et égoïstes. Au lieu de s’adonner à la violence, il faudrait cultiver les vertus de la démocratie. La liberté de conscience et le fair-play sont, ici, importants, d’une part, parce qu’ils permettent de voter avec responsabilité pour des candidats qui écoutent cet appel de paix et se comportent en conséquence ; d’autre part, puisqu’ils donnent l’honnêteté et le courage d’accepter la défaite de notre candidat.

Nos recommandations portent aussi sur un de graves problèmes qui enveniment la vie au soir du scrutin. Il s’agit de la confusion observée entre la victoire dans un bureau de vote et celle proclamée après la compilation ou la sommation des résultats. Chacun cherche à prendre pour gagnant le candidat qui est son préféré et qui se trouve en tête dans un seul bureau de vote. Pourtant, il existe une nette démarcation entre « gagner dans un centre » et « gagner les élections ». On peut bien remporter la victoire dans un bureau et perdre une élection. Seul le total des voix exprimées de tous les bureaux déterminent les gagnants et les perdants. Mais c’est puisqu’il nous arrive de prendre nos désirs pour la réalité, nos estimations pour les résultats sortis des urnes et nos préférences pour la référence, que nous contestons le verdict des urnes. La sérénité et la lucidité en période électorale exigent de chacun et de son camp d’aller aux élections avec l’éventualité de perdre ou de gagner et de se comporter en conséquence, c’est-à-dire dignement aussi bien dans la victoire que dans la défaite.

- A la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)

Votre responsabilité est capitale et déterminante. Nous vous recommandons des faits et gestes qui rassemblent. Pour ce, il vaut mieux prévenir que guérir en mettant déjà en place « des mécanismes adaptés à une résolution prompte, juste et équitable des incidents électoraux. »

Nous vous exhortons à faire effectivement fi de vos appartenances politiques pour toujours vous retrouver dans le difficile et délicat rôle de neutralité en veillant à la transparence qui, seule, apaise le climat politique. La transparence inspire confiance et, de ce fait, reste un atout majeur pour l’acceptation des résultats sortis des urnes. Cette acceptation, on ne le dira jamais assez, favorise mieux que tout le climat apaisé des élections que nous appelons de tous nos vœux au lendemain de la proclamation des résultats.

- Aux médias

La responsabilité capitale des médias lors de tout processus électoral n’est plus à démontrer. L’information correcte joue un rôle important dans la participation citoyenne en démocratie. L’égal accès des candidats aux médias publics doit être assuré, mais avec un grand sens de responsabilité, puisqu’ils doivent être au service du bien commun : « La société a droit à une information fondée sur la vérité, la liberté, la justice et la solidarité »[1]. Par conséquent, nous invitons les médias, en cette période cruciale et fragile de notre histoire et conformément au code de déontologie de leur métier, à « ne pas déformer, dénaturer ou fausser, par leur formulation, par insistance, grossissement, omission ou manipulation, les opinions d’autrui, les titres ou les commentaires des articles qui doivent être traités avec impartialité et bonne foi »[2].

- Au Gouvernement de la République

En tant que pouvoir exécutif, le Gouvernement a un rôle irremplaçable dans l’encadrement du processus électoral. C’est lui qui dégage les ressources financières et logistiques nécessaires aux différentes opérations, assure l’impartialité de l’armée, la police et des services de sécurité, ainsi que des mécanismes indispensables pour garantir l’indépendance de la CENI. De ce fait, nous lui recommandons de faire de la réussite des élections un point d’honneur à la hauteur de la vocation et de la grandeur de notre pays qui dépend, à n’en point douter, de l’organisation correcte du processus électoral.

Mais, le Gouvernement ne pourra vraiment y arriver que s’il veille aussi bien à l’exigence de l’exemplarité en ce qui concerne le respect de la Constitution et des lois, qu’à la mise en place des mécanismes qui garantissent la transparence sur les sources de financements des campagnes, la sécurité et la protection de la population en général, et des candidats en particulier. En effet, pour des élections apaisées, la sécurité est un élément important de crédibilité. Elle est indispensable pour faciliter la libre circulation et la libre expression des candidats en promouvant les débats d’idées, particulièrement à la veille des échéances électorales, qui suppose la liberté de réunion, de manifestation et l’accès équitable aux médias pendant tout le processus électoral. Voilà pourquoi, le Gouvernement ne devra jamais prendre son rôle à la légère. Il doit au contraire avoir une attitude responsable, avec des discours et des actions qui rassurent afin que les prochaines élections se déroulent dans la transparence, la vérité et la paix pour inscrire notre pays dans le registre des nations respectables et dignes.

- A la Communauté Internationale

Nous saluons la présence des représentants de la Communauté Internationale dans notre pays. Elle a été salutaire dans les moments difficiles. Nous ne pouvons que nous réjouir lorsqu’elle intervient effectivement en faveur du peuple. Sa présence comme ses interventions sont souvent « des signes évidents que, pour le bien commun, l’intérêt supérieur de la Nation, elle s’engage en toute équité ». Cependant, nous lui recommandons, malgré son apport substantiel dans l’organisation matérielle du scrutin, de ne pas trouver prétexte sur tel ou tel incident pour déroger à la neutralité qui doit la caractériser. C’est dans ce sens que nous invitons la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) en particulier, à assurer, conformément à sa mission, une protection accrue de la population et, au soir du vote, une sécurisation optimale des urnes, et d’aider à une bonne communication entre les différents intervenants au processus électoral en vue d’un climat de confiance réciproque.

  1. III. Prière finale

Nous implorons la bénédiction de Dieu sur chacun de vous et vous assurons de prier pour que le processus électoral se déroule dans les conditions qui inspirent confiance.

Que Dieu qui donne la vie et qui confie aux hommes la mission de transformer le monde pour plus de justice, de paix et d’amour, nous inspire tous, candidats et électeurs, hommes et femmes appelés à veiller au bon déroulement du processus électoral, afin que, avant, pendant et après le scrutin, nos gestes comme citoyens, nos actes comme croyants et nos paroles comme patriotes, donnent à notre pays la chance de connaître des élections apaisées en vue d’un Congo uni, fort et prospère.

Fait à Kinshasa, le 09 août 2011

  1. Monseigneur Nicolas DJOMO LOLA, Evêque de Tshumbe et Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Eglise Catholique),
  2. Monseigneur Pierre MARINI BODHO, Président National de l’Eglise du Christ au Congo ;
  3. Monseigneur Nicéphore MICRAGIANNANITIS, Archevêque de l’Eglise Orthodoxe au Congo Métropolite de Kinshasa ;
  4. Son Eminence Simon KIMBANGU KIANGANI, Chef de l’Eglise Kimbanguiste ;
  5. Cheick ABDALLAH MANGALA LUABA, Imam Représentant Légal de la Communauté Islamique ;
  6. Albert KANKIENZA MUANA MBOO Président – Evêque Général et Représentant Légal de l’Eglise du Réveil du Congo ;
  7. Monseigneur Simon NZINGA MALUKA Président National de l’Union des Eglises Indépendantes du Congo ;
  8. Commissaire Madeleine NGWANGA Représentant Légal de l’Armée du Salut.

[1] Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise, n° 415.

[2] Observatoire des Médias Congolais (OMEC), Code de déontologie des journalistes en RDC, Gret, Kinshasa 2005, article 9.

__._,_.___

 


rencontre_2.jpgRencontre de Scheutistes à Bruxelles - par webMaster le 12/08/2011 @ 19:57

 

Ce vendredi 12 août, nous étions une cinquantaine de cicm "anciens et actuels" missionnaires au Congo. C'est chaque année que des rencontres sont ainsi organisées par région : Afrique, Asie, Amériques. L'occasion non seulement de rappeler de bons souvenirs, mais également de parler du présent de chacun, toujours en Mission, soit en Afrique, soit en Europe.


Crise au Gabon, Afrique de l'Est, Europe..... - par webMaster le 05/08/2011 @ 22:26

 

Bulletin du CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde). Quelques nouvelles et analyses alternatives et très souvent pertinentes


Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde
www.cadtm.org

Bulletin électronique n°82 - Vendredi 5 août 2011

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BULLETIN D'INFORMATION francophone du CADTM - Email: info@cadtm.org
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Le CADTM édite aussi un bulletin électronique en anglais http://www.cadtm.org//spip.php? article287 et un autre en espagnol http://www.cadtm.org//spip.php ? article277 .

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3 août 2011





Aux origines de la dette des USA - par webMaster le 28/07/2011 @ 16:54

 

Un article du Monde communiqué par un de nos correspondants : 

http://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/HALIMI/20844

Crise Européenne - par webMaster le 23/07/2011 @ 18:30

 
Un article du journal "Le Monde", communiqué par PIerre Wavreille à Taïwan :
 http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760


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