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Expo : notre ou votre Congo - par webMaster le 18/09/2016 @ 16:35

 

 

Tout doucement, Belges et Congolais, nous osons regarder notre passé commun d'un regard critique, au-delà de bien des clichés. C'est un regard d'historiens, pas de ces faux moralisateurs qui regardent l'histoire d'il y a plus de cent ans, avec les critères de la modernité.

 

Bruxelles du 22 septembre au 17 décembre : https://cec-ong.org/expositions/exposition-notre-congo-onze-kongo/

 

 

 

 

 

 


La langue du sourire - par webMaster le 29/08/2016 @ 09:42

 

 

DU CONGO, PHILIPPINES, USA : le langage sourire.  

 

Nous avons rencontré Frédéric Mizengo à Bruxelles, lors de son passage vers les USA après son congé en RDC, son pays natal : une trop brève conversation.

 

Aux Philippines

      Dans ce pays, j’ai étudié la théologie pendant quatre ans. Les débuts furent difficiles, car même si je connaissais un peu l’anglais, il m’était difficile de parler avec les gens, puisque je ne connaissais rien de la langue locale, je ne pouvais que sourire. Après un temps, je commençais à me faire comprendre, et les progrès furent rapides.

     Si on me demande ce que j’ai trouvé de différent entre mon pays le Congo et ici, je dirai que chez moi, on a l’habitude de parler beaucoup, fort haut et de très vite commencer à communiquer avec les autres. Par contre, les Philippins sont plus réservés, plus calme dans leurs conversations. Après un temps, on s’y habitue et on peut très facilement communiquer, et j’ai trouvé la population très intéressante.

 

USA

     J’ai été ordonné il y a trois ans, et depuis, je suis vicaire aux USA dans un faubourg de San Antonio habitée par beaucoup d’étrangers, surtout d’origine mexicaine. Dans ma jeunesse, j’ai beaucoup fréquenté les mouvements de jeunesse comme St Kizito et Annuarite, c’est ainsi que probablement, je suis très fort engagé avec la jeunesse avec le groupe « Teens ». Chaque mardi, nous nous retrouvons pour des activités très diverses : jeux, distractions, discussions, et les jeunes peuvent parler de leurs problèmes.

     J’ai été étonné de voir comment ces jeunes participent à l’adoration régulière pendant laquelle, je reçois les confessions. Mais je dois m’adapter, car ici aux USA, je dois garder une certaine réserve et distance vis-à-vis des jeunes. Ce n’est pas comme au Congo, où on fraternise de très près et avec chaleur. De plus, les parents n’aiment vraiment pas que l’on réprimande leurs rejetons !

      Enfin, ce qui m’a frappé aussi, c’est la vitalité de l’Église et la foule qui participe aux offices. Les églises sont pleines, et le culte toujours bien mouvementé.

 


Mgr Van Cauwelaert est parti - par webMaster le 21/08/2016 @ 19:02

 

 

Mgr Van Cauwelaert s’en est allé

 

Il avait 102 ans quand il est parti, et a laissé une trace bien visible aussi bien dans l’Église du Congo que dans l’Église Universelle. Il avait été en effet, un membre très actif lors du Concile Vatican II en 1960, et ensuite, comme consulteur pour la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples à Rome.

En 1959, il devient le premier évêque d’Inongo dans la Province du LAC en RDC. Il mit alors tout son dynamisme pour promouvoir la langue locale « lingala » dans la liturgie, ainsi que pour la promotion d’un laïcat adulte et formé. Fidèle à ses conviction, et âgé à peine de 53 ans en 1967, il est le premier évêque européen à démissionner en faveur d’un évêque congolais. Il sera également d’une aide précieuse pour Mgr Laurent Monsengwo, l’actuel cardinal de Kinshasa et membre du « groupe des 8 » chargé par le Pape François de la réforme de la Curie romaine.

De retour en Belgique, il s’engage dans le Mouvement Pax Christi dont il sera le vice-président de l’aile flamande pendant de nombreuses années, et à ce titre visitera de nombreuses ONG actives dans les pays du Sud. Comme religieux missionnaire, il assumera également la tâche de président du Comité des Instituts Missionnaires à Bruxelles.

Il était resté d’une vigueur physique et intellectuelle remarquables jusqu’à l’approche de son centenaire. À cette occasion, un livre écrit par des personnes qui l’ont connu, reprend non seulement les épisodes de sa vie, mais aussi plusieurs de ses écrits. Il est disponible en français et en flamand à CICM chaussée de Ninove (02/526 14 00). Quand on lui parlait de tout ce qu’il avait réalisé au cours de sa vie, il répondait très simplement : Je n'étais pas seul, ce sont les autres qui ont tout réalisé. Et c’est vrai qu’il a été à la base de nombreux engagements dans le monde et dans l’Eglise.

 Il s’est éteint paisiblement au mois d’août, et c’’est à Schilde qu’il repose actuellement au milieu de centaines de ses confrères.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Zambie : retour de Pierre Rucquoy - par webMaster le 08/07/2016 @ 21:22

 

Après un séjour qui se devait d'être court en Belgique, notre ami Pedro part ce samedi pour retrouver sa chère centaine de  "Fleurs de Soleil" en Zambie.

Son séjour a été un peu plus long que prévu, car la médecine lui a découvert une anomalie grave de l'aorte qui demandait une opération très délicate et super urgente ! Son moral a été évidemment attaqué par cette nouvelle, mais après l'opération et deux semaines de repos, il repart plein de courage et d'enthousiasme. Mais cette fois, avec la ferme décision de travailler à sa relève au pays, car il s'est rendu copte que parfois, la vie ne tient qu'à un fil !

 

Ce qui est extraordinaire, c'est l'élan de ferveur et la multitude de prières qui ont traversé les océans pour le soutenir : de Zambie à Haïti en passant par la  République Dominicaine. Le jour de son opération, les "Fleurs de Soleil" en Zambie ont passé la nuit en prière pour lui !

Nous lui souhaitons encore suffisamment d'années que pour mettre en place une relève solide.

 

 

 

 

 


 

Le 1° prêtre mongol sera ordonné en août. Il est bon de rappeler qui si aujourd'hui plusieurs congrégations missionnaires sont présentent en Mongolie, c'est aux Scheutistes que le pape, il y a une vingtaine d'années a rappelé qu'ils avaient reçu l'ordre d'aller en Mongolie, mais ils n'avaient pu y aller, à cause de l'arrivée au pouvoir de Mao.

Oulan-Bator (Agence Fides) – « Nous aurons bientôt le premier prêtre natif de Mongolie. Il s’agit de Joseph Enkh, qui sera ordonné prêtre à Oulan-Bator le 28 août prochain par S.Exc. Mgr Wenceslao Padilla, Préfet apostolique d’Oulan-Bator. Cet événement revêt une importance particulière pour notre jeune Eglise, refondée en 1992 et qui aujourd’hui compte un peu plus de 1.000 baptisés. L’ordination d’un prêtre du cru stimulera l’enthousiasme et le sens d’appartenance parmi les mongols, envers une Eglise qui a été longtemps considérée comme étrangère ». C’est ce qu’affirme à l’Agence Fides le Père Prosper Mbumba, missionnaire congolais en Mongolie et membre de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie (CICM).
Joseph Enkh a été ordonné diacre le 11 décembre 2014 à Daejeong (Corée du Sud), où il a reçu sa formation initiale et est rentré en Mongolie en janvier dernier. Depuis lors, il mène son expérience pastorale, en desservant différentes Paroisses de Mongolie où se trouvent actuellement au total environ 20 missionnaires et 50 religieuses de 12 Congrégations présents dans six Paroisses.
Le Père Mbumba indique à Fides : « Les préparatifs de l’ordination sont en cours sous tous leurs aspects. Les chrétiens prient beaucoup pour leur futur prêtre et les Paroisses promeuvent actuellement des rencontres de catéchèse afin d’offrir à la population une meilleure compréhension du ministère sacerdotal. Dans toutes les églises de Mongolie se tiendra une neuvaine de prière en vue de l’ordination. De nombreux fidèles continuent à adresser des pensées et à exprimer leurs attentes au futur prêtre sous forme écrite. Ils écrivent des lettres pour lui faire savoir qu’ils sont fiers de sa vocation et qu’ils comptent sur sa présence et sur son œuvre ». Le missionnaire conclut : « Rendons grâce à Dieu pour ce don et pour cet enthousiasme et prions pour que puisse avoir lieu une nouvelle effusion de l’Esprit en cette terre ». (PA) (Agence Fides 01/06/2016)

 

 

 


 

 


Rendez-nous nos terres - par webMaster le 27/02/2016 @ 17:29

ILS VOLENT NOS TERRES, PRENONS LEURS JARDINS

 

Le 24 février, la presse a très brièvement relaté l’action à Ixelles, de quelques dizaines de militants soutenus par plusieurs organisations telles que CNCD, Entraide et Fraternité… ainsi qu’AEFJN où Scheut est présent. Ces militants se révoltent depuis des années dans leur propre pays contre des entreprises qui accaparent leurs terres sans scrupules. Mais trop souvent, ils sont poursuivis et emprisonnés, car ils s’opposent au bien public. Ils étaient venus à Bruxelles, le nid d’un de ces vautours SOCFIN/Bolloré, armés de pelles et de râteaux.

 

Bref historique

C’est en 1889 qu’Adrien Hallet, un audacieux agronome wallon débarque à Boma, dans l’île de Mateba afin d’y organiser l’élevage ; il passe ensuite à la Compagnie des Produits qui se livre à l’exploitation de l’huile de palme. Par après, avec le soutien de Léopold II, il créera une autre entreprise commerciale, la Belgika, et ensuite il s’associe aux Français en se tournant vers la Malaisie pour y développe des palmeraies grâce à son expérience congolaise. Et c’est en Extrême Orient ensuite, qu’il développera la culture de l’hévéa dans des terres plus appropriées qu’au Congo.

En une vingtaine d’années, il est la tête de plusieurs entreprises commerciales en Malaisie, Indochine, à Java, Sumatra ainsi qu’en Afrique Equatoriale Française et au Congo belge. Et pour en assurer le flux financier, il crée la « Banque des Colonies ».

Deux générations de « Hallet » plus tard, et suite à une multitude de créations nouvelles comme Palmcam au Cameroun, Papangu en RDC, Socninaf au Kenya, Socfin, SAC en Sierra Leone, Socfin KDC au Cambodge…. le groupe devient une multinationale en matière d’hévéas et huile de palme. Le tout sous la dénomination générale de SOCFIN, avec près de 40% d’actions entre les mains d’un autre groupe agro-industriel français : Bolloré.

 

On n’a rien sans rien

Telle était la devise du fondateur, et elle n’a pas changé, avec tous les dégâts environnementaux et sociaux que cela entraîne. On se souvient ainsi de l’incendie qui a ravagé une île indonésienne pendant plusieurs mois : puisque le gouvernement refuse le permis d’exploitation de cette immense forêt, nous la brûlons, et l’Etat n’aura plus d’autre solution que de nous la céder. Et en plus, les cendres feront un bon engrais ! Une méthode employée plus d’une fois dans bien d’autres pays.

Et le plus souvent, cette expansion infernale s’exerce au détriment des communautés locales. En effet, la plupart du temps ce sont des terres fertiles utilisées pour l’agriculture familiale qui ont été englobées par la société et acquises grâce à l’appui des autorités nationales ou locales, mais sans consultation des communautés. Au final, des paysans se retrouvent sans leur principale source de subsistance, avec une compensation financière extrêmement faible et n’ont souvent comme seule option que de travailler pour l’entreprise dans des conditions de travail déplorable. Des situations qui dégénèrent souvent en conflits fonciers et sociaux, car en plus de prendre leurs terres, l’entreprise dépasse les limites autorisées.

Ainsi, en Sierra Leone en 2011, alors que le gouvernement avait autorisé 6.500 ha, l’entreprise s’est permise d’étendre ses plantations jusqu’au double ! Des conflits ont évidemment éclatés, mais ont été systématiquement réprimés. Six représentants l’organisation paysanne ont été condamnés à 6 mois de prison ferme pour conspiration et incitation à commettre un délit : la destruction de 40 palmiers.

En Afrique, des entreprises asiatiques signent avec les gouvernements, la location de dizaines de milliers d’hectares en faisant miroiter les tonnes de production de produits agricoles, tout bénéfice pour la population locale. Malheureusement la réalité est toute autre, car les trois quart de la production retournent dans les pays d’origine (en Chine, la population agricole est en baisse catastrophique). De plus, après 20 ans de surexploitation du lieu et d’utilisation massive d’engrais et de pesticides, la terre rendue aux villageois et totalement détruite et inculte pour les générations futures.

Au Cameroun en 45 ans, des milliers d’hectares de forêt ont été défrichés et remplacés par des monocultures de palmiers. En plus de participer au réchauffement climatique, cette activité réduit les espaces disponibles pour les cultures vivrières dont dépendent les populations locales. Dans les régions de Dibombari, Mbongo, Mbambou et Kienké, environ 6.000 familles ont vu leurs forêts détruites et 40 000 hectares de leurs terres alloués à la Socapalm, Société Camerounaise de Palmeraies.  De plus, les rivières de plusieurs pays africains sont polluées par l’abus de pesticides et d’engrais.

 

Une résistance mondiale

Dans la plupart des pays concernés, non seulement la population locale s’organise déjà depuis une dizaine d’années, mais des liens ont été établis entre les provinces et les pays. C’est ainsi que l’affaire des six condamnés de Sierra Leone a fait le tour du monde, grâce à l’organisation internationale de résistance par l’Alliance internationale des riverains des plantations SOCFIN/Bolloré (voir leur site/web).

Au Cameroun l’année dernière, l’usine Socapalm de Dibombarri a été bloquée par les riverains ainsi que la plantation de Mbongo : les communautés locales réclamant la rétrocession des terres confisquées. Une centaine de villageois s’étaient déployés dans la plantation, trois cents bloquaient l’accès à l’usine principale tandis qu’une centaine d’autres empêchaient le départ des ouvriers vers les champs de palmiers. Cette fois, vu l’ampleur du mouvement, les autorités publiques avaient joué la carte de l’apaisement et avaient refusé la demande de l’entreprise de recourir à la force.

 

Avec l’annonce d’actions similaires dans d’autres plantations appartenant au même groupe au Liberia, au Cambodge, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, le mouvement des paysans regroupé en alliance internationale devrait continuer à s’étendre dans les jours et semaines à venir.

 

Regrets

Nous Scheutistes, sommes heureux de constater que les mouvements populaires locaux sont rejoints aujourd’hui par les organisations internationales. Il est cependant regrettable que les médias n’aient pas suffisamment bien relayé la manifestation à Bruxelles, et que catho.be, CNCD, et AEFJN n’ont annoncé cette manifestation que bien trop tard. Dans l’avenir, comme chrétien et comme missionnaire, nous serons attentifs à cette problématique.

 

 

 

 


Nouvelles de Chine - par webMaster le 08/02/2016 @ 12:39

                                                               

                                      VF       

           Verbiest Update

                  Information sur les activités de

                   l’Institut Verbiest KULeuven, l’Institut Verbiest Taipei

                  et le Collège Chinois à Leuven

                     envoyée par e-mail par la Foundation Verbiest à ses amis

 

               Nr. 29 – Février – 2016

  

L’interview du pape François sur la Chine

La voix du pape fait partie du dialogue Sino-Vatican en cours

 

À l'occasion du nouvel an chinois, le pape François a accordé une longue interview au site d’Asia Times online quotidien, Hong Kong. Il a présenté ses vœux au peuple chinois et exprimé sa grande estime pour sa culture. Le texte original se trouve sur le site atimes.com de l’Asia Times.

 

L’interview du pape François sur la Chine doit être vue comme une partie intégrante du dialogue Sino-Vatican en cours. Le pape avait repris ce dialogue – interrompu en 2010 – dès le moment de son élection, même si plusieurs de ses conseillers n’étaient pas d’accord. Dès le début de son pontificat le pape François révéla un de ses traits particuliers qu’on découvre aussi dans cette interview, notamment sa grande confiance en un dialogue franc et chaleureux. Son dialogue avec la Chine a porté ses premiers fruits en 2015 quand les autorités chinoises acceptèrent des évêques pour les diocèses de Zhouzhi et d’Anyang. Des négociations entre les délégations de Beijing et de Rome ont déjà eu lieu à trois reprises: à Rome [2014], à Beijing [octobre 2015] et de nouveau à Rome [25-26 janvier 2016]. Aucune annonce officielle n’a été faite, mais les deux dernières séries de négociations ont créé une atmosphère conviviale entre Beijing et Rome; on n’en avait plus connu de telles depuis des décennies. Les médias rapportent qu’une importante étape a été franchie à Rome en janvier concernant la nomination des évêques. C’est grâce à ce contexte convivial que l’interview historique du pape sur la Chine a été possible.

 

J’ai l’impression que cette interview du pape est une déclaration claire et chaleureuse faite dans le contexte du dialogue discret qui est actuellement en cours entre Rome et Beijing. Comme s’il prenait part aux pourparlers, le pape François s’adresse à tous les Chinois, ainsi qu’aux fidèles de l’Église catholique universelle et aux peuples du monde entier. Ses paroles sont marquées par l’amitié, l’admiration et l’empathie humaine pour le peuple chinois. Il dit franchement ce qu’il pense de la Chine: “J’ai beaucoup de respect” pour ... “votre grande culture et sa sagesse inépuisable”. ... Il tranquillise le peuple chinois en déclarant que l’Église catholique doit “respecter toutes les civilisations” ... et que “l’Église a un grand potentiel pour recevoir les cultures”. Le Pape est conscient des “plaies” propres à la Chine et des moments difficiles de son passé. À ce sujet, il dit: “Chaque personne doit se réconcilier avec son histoire comme son propre parcours, avec ses réussites et ses erreurs ... cette réconciliation peut susciter une plus grande maturité et plus de croissance”. L’interview montre clairement que le pape est en faveur de relations plus étroites – des rencontres – avec la Chine: “la rencontre est le résultat du dialogue”, “nous devons trouver le moyen, toujours grâce au dialogue, il n’y a pas d’autre moyen”. Indirectement, il s’adresse même à tous les peuples qui pourraient avoir peur de l’influence croissante de la Chine sur la scène mondiale et il affirme que “la peur n’est pas bonne conseillère ... Je n’aurais pas peur”, “allons de l’avant ensemble”. Et aux fidèles qui pourraient avoir peur du dialogue avec la Chine, il dit: “Le dialogue ne veut pas dire que nous finirons par un compromis”. Des amis en Chine – catholiques et non-catholiques – se sentent confortés et encouragés par cette attitude favorable du pape à l’égard de leur pays, de leur culture et de leur population. Les  commentaires qui nous parviennent en témoignent. Aucun pape ne s’est jamais exprimé de façon si exhaustive et si positive sur la Chine que le pape François l’a fait dans cette interview.

 

 

Le pape François, “pionnier du dialogue avec la Chine”

Par cette interview et par son dialogue couronné de succès, le pape François occupe une place parmi ses prédécesseurs qui étaient tous des pionniers du dialogue avec la Chine. En 1970, quand la Chine n’était pas encore membre de l’ONU – et pendant la Révolution culturelle ! – le pape Paul VI s’est rendu à la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et plaida en faveur de la présence de la Chine à l’ONU. Le pape Jean-Paul II a fait preuve d’une grande modération et a gardé toutes les portes ouvertes au dialogue, même dans les situations les plus dramatiques, telles que l’évènement de Tian An Men [4 juin 1989] et l’ordination illégale de cinq évêques [Épiphanie 2000]. Le pape Benoît XVI a écrit une lettre pastorale à l’Église en Chine, un modèle pour le dialogue avec la Chine. Par cette interview sur la Chine et le dialogue en cours, le pape François prend une place dans la galerie des “papes pionniers du dialogue avec la Chine”.

 

Que pouvons-nous attendre dans un proche avenir?

Quelques suppositions devront suffire étant donné que jusqu’à présent il n’y a pas eu de déclaration officielle ni du Vatican ni de Beijing. Toutefois, après les négociations à Beijing en octobre dernier, nous avons pu noter des signes qui indiquent clairement qu’une atmosphère conviviale se développait: la délégation du Vatican s’est rendue près des tombes de Matteo Ricci, de Schall et de Verbiest. Elle a rencontré l’évêque de Beijing et a été reçue par le recteur du séminaire national (lui-même évêque illégal). Après la récente série de négociations à Rome (25 et 26 janvier), certains médias ont même affirmé que des progrès ont été enregistrés concernant la nomination des évêques. Cela confirme que des questions plus épineuses sont tenues à l’écart pour le moment, et que des progrès ont été réalisés pour des questions qui sont essentielles pour pouvoir répondre aux besoins pastoraux actuels de l’Église de Chine. Il paraît que le pape nommerait bientôt trois évêques. Dans ce cas on pourrait vraiment parler de progrès.

 

Mais nous savons tous que beaucoup plus doit encore se réaliser: qu’adviendra-t-il des huit évêques clandestins parmi lesquels trois sont excommuniés? Qu’en est-il des évêques en prison: Su Zhiming, Shi Enxiang? Comment régulariser la situation de Mgr Ma Daqing de Shanghai? Peut-on espérer d’autres bonnes nouvelles dans le courant des prochains mois? Il y a même des gens qui pensent que le pape François fera un “geste de miséricorde” en 2016 en légitimant certains évêques clandestins en Chine. De nouveau, rien n’a été déclaré officiellement à ce sujet, mais dans la logique de cette Année Sainte de la miséricorde cela semble tout à fait possible. Beaucoup de gens en Chine comptent sur une telle percée.

 

Pour tous les catholiques le moment est venu d’être solidaires et de se rallier aux décisions du Pape

Pour les catholiques – en Chine et en dehors de la Chine – l’ancien défi d’être solidaires pour soutenir le Pape dans la voie qu’il suit est plus que jamais actuel, crucial et historique. Certains catholiques chinois qui ont souffert dans le passé se considèrent comme des “purs et durs” (hardliners) et s’opposent à tout dialogue avec les autorités chinoises. Ceci n’est pas surprenant et tout à fait compréhensible. Quand on sait ce qui s’est passé pendant les années 1950-1960 on comprend. À juste titre, ils ont reçu beaucoup de soutien en Chine et en dehors de la Chine. Ils ont même le grand mérite d’avoir dit clairement et publiquement ce qu’ils pensent pendant le dialogue en vue de la normalisation de la situation de l’Église en Chine. Le dialogue aurait été tendancieux sans leur voix. L’Église universelle admire ceux d’entre eux qui ont répondu positivement à l’appel à l’unité et à la réconciliation du pape Benoît XVI dans sa lettre pastorale. D’autres n’y ont pas encore répondu. La communauté chrétienne le comprend. Entre-temps, le pape François poursuit toutefois la voie du dialogue vers l’unité et la réconciliation telle qu’elle est recommandée par son prédécesseur le Pape Benoît, parce que la nomination d’évêques pour plusieurs diocèses ne doit plus se faire attendre. Le dialogue se poursuit lentement mais difficilement. La première série de négociations a même échoué précisément parce qu’on y parle aussi le langage des “purs et durs”. En effet, ils sont engagés dans les pourparlers. Pourtant, grâce à beaucoup de patience et beaucoup d’efforts, certains accords ont apparemment été conclus. C’est évidemment le privilège du Saint-Père d’évaluer et de voir si l’accord est acceptable pour l’Église. L’“Église une, sainte, catholique et apostolique” en Chine ne peut pas se permettre de ne pas soutenir le pape en ce moment historique. Nous sommes confiants qu’elle ne manquera pas à ce devoir. Nous sommes aussi convaincus, qu’encouragés par leurs pasteurs, les chrétiens chinois, dont on connaît leur ferveur, ne manqueront pas de se laisser guider par le Saint-Esprit en ces moments critiques.

 

Jeroom Heyndrickx, cicm

 

 

 

 

 


Aussi étrange que cela paraisse, le gouvernement belge a déjà confié à plusieurs entreprises belges, le soin d'accueillir les personnes qui attendent la réponse à leur demande d'asile. Cela signifie : gestion de bâtiments, personnel, aides psychologiques et sociales, nourriture etc...

Voici des extraits de l'analyse faite par le CIRE : http://www.cire.be/publications/analyses/la-privatisation-de-l-accueil-des-demandeurs-d-asile

 

Au total, un marché de 18.500 places d’accueil a été ouvert en quelques mois. Fin octobre 2015, ce sont déjà 2.200 places qui sont attribuées à des entreprises privées qui vont gérer six centres d’accueil. En novembre 2015, Fedasil a annoncé que 1.162 places étaient déjà disponibles dans sept centres gérés par le privé

(...) En Allemagne, une entreprise gère plus de 15.000 places d’accueil dans 90 centres avec près de 900 travailleurs et la sécurité des centres est sous-traitée à des sociétés de sécurité privées. Ces dernières ont été liées à plusieurs scandales de maltraitance de candidats réfugiés. En Angleterre, trois sociétés privées gèrent des centres pour demandeurs d’asile pour un total de 23.000 places dans des conditions considérées comme insatisfaisantes. En Irlande, de nombreuses sociétés privées sont actives pour un accueil de 4.000 demandeurs d’asile répartis en 34 centres d’accueil. En Italie, les centres d’accueil (CAR) sont là aussi gérés par des compagnies privées. Ce marché de l’accueil est tellement juteux qu’il se retrouve au coeur du procès « Mafia Capitale ». Les principaux inculpés considéraient l’accueil comme la poule aux oeufs d’or.

 

(..)CONCLUSIONS

 privatisation de l’accueil des demandeurs d’asile est une réalité belge et européenne qui est le résultat de choix politiques délibérément adoptés en ce sens. Ce marché et les dérives éventuelles qu’il contient se trouvent au confluant de plusieurs enjeux politiques. D’une part, il s’agit d’une privatisation d’un des pans de l’aide sociale. Les risques de voir d’autres secteurs des politiques sociales (pension, chômage, soins de santé, activation des chômeurs…) soumises elles aussi aux lois et opérateurs du marché est désormais réel. D’autre part, c’est également un nouveau pas franchi22 vers une délégation de la gestion migratoire au profit des compagnies privées. Il est permis d’imaginer qu’à l’avenir la gestion des centres de détention ou l’examen des procédures d’asile pourraient être confiés, comme cela l’est déjà dans d’autres pays, à des opérateurs privés afin qu’ils puissent en réaliser un profit. Cette privatisation constitue aussi un nouveau recul de la sphère politique, une nouvelle expansion du marché et une exclusion supplémentaire des migrants de l’espace public. Pour finir, elle réalise une mise sur le marché de missions qui répondent avant tout à une obligation et un devoir moral.

 

 

 

 


Léopold II et les morts au Congo - par webMaster le 17/01/2016 @ 21:12

LEOPOLD II ET 10 MILLIONS DE MORTS AU CONGO : DU VRAI ET DU FAUX

Depuis quelques années, et spécialement à l’occasion de l’annulation de la cérémonie d’hommage à Léopold II au moment du 150° anniversaire de son accession au trône, les critiques les plus sévères se sont fait entendre contre l’action du roi au Congo. Plus d’une fois, des personnalités et des médias ont parlé de 10 millions de morts, certains ont même avancé le terrible terme de génocide de Léopold II au Congo ! Ce sont ces dernières affirmations qui m’ont fait réagir, et m’intéresser plus sérieusement à la question car il me semblait qu’à l’époque la population entière du Congo ne pouvait pas dépasser 10 millions d’habitants ! Voici ce que je retiens :

-          Que Léopold II n'ait pas contrôlé ses troupes au Congo, et qu'au contraire, il les ait pressées, car il avait absolument besoin d'argent à cette époque, notamment pour « construire » Bruxelles c'est une évidence prouvée historiquement.

-          Que les premiers colons au Congo étaient principalement des aventuriers, c’est certain, les lettres de plusieurs d’entre eux témoignent de la brutalité de plus d’un !

-          Que le roi ait fermé les yeux sur les exactions de bien des Belges au Congo et principalement dans les régions du caoutchouc, c’est également prouvé historiquement. Même si plus d’une fois il fait des remarques. Les anciens du Mayumbe ont entendu parler du « commandant Jacques, Kikwanga, kwanga ntu », qui a sévit dans la région bien après.

-          Que des milliers de Congolais aient été tués froidement lors de représailles contre les villages, lors de chasses aux fuyards ou en punition suite à une "faute", cela aussi est prouvé historiquement, les récits de leurs auteurs en témoignent.  

-          Qu’il y ait un certain nombre de mains tranchées sur des congolais bien vivants, les témoignages d’agents et de missionnaires protestants sont éloquents. En effet, les soldats venus de Zanzibar devaient prouver que la cartouche manquante à l’appel avait bien servi pour tuer un congolais, ils devaient rapporter sa main droite. Et lorsqu’ils rataient leur cible ou qu’ils avaient tiré un gibier, c’était leur manière de se justifier ! De plus, il semble que c’était une coutume à cette époque, de ramener « un trophée ».

-          Que des milliers de Congolais soient morts de faim, d'accident ou de noyades lors de fuites, cela aussi est fort probable.

-          Que des Blancs se soient livrés à des tortures inhumaines, séquestration d'enfants et d'épouses en vue d’obliger les Congolais à rapporter du caoutchouc, cela aussi c'est prouvé, et même, était monnaie courante à l’époque.

     Mais 10 millions de morts ? Sur quelle base affirme-t-on cela ? Combien de millions de Congolais peuplaient le Congo en 1900[1]. Stanley, lors de la descente sur le Fleuve aurait, recensé 17 millions d’habitants peu avant ! Et, le journaliste Morel cite le chiffre de 7.248.000 lors du premier recensement « officiel » de l’EIC en 1912 ! C’est ainsi que certains auteurs ont osé affirmer qu’en près de trente ans, la population congolaise aurait diminué de 10 millions, suite à l’action de Léopold II.

  La réalité, c’est que les « recensements » n’étaient que des évaluations et des extrapolations. Ainsi, Stanley, en descendant le Fleuve évalue la population qu’il voit sur les berges, ensuite, en extrapolant ce chiffre à l’ensemble du Congo, il arrive à 17 millions d’habitants, chiffre totalement farfelu ! On sait également que lors de la Conférence de Berlin Stanley a inventé une somme astronomique afin de persuader les pays de la nécessité de  contourner les cataractes grâce à un chemin de fer.

Il semble donc qu’au 19ème siècle la population congolaise était sans doute bien inférieure à 10 millions d'habitants. « À titre de comparaison, la Rhodésie du Sud (ex-Zimbabwe) voisine, dont le territoire représente près d'un quart de celui du Congo, recensait à peine un demi-million d'habitants à la même époque. L'Égypte et le Nigeria, avec plus de 100 millions d'habitants aujourd'hui, en comptaient à peine 4 millions au 19ème siècle. Avec ses forêts vierges, le Congo avait une densité de population peu élevée, comparable à celle de l'Amazonie. En explorant le Congo, Stanley a extrapolé bien à tort les populations plus nombreuses situées le long des rivières à l'ensemble du territoire, comptant celles-ci par dizaines de millions ».

Conclusions : Il est absolument impossible de chiffrer exactement le nombre de victimes de l’exploitation du Congo par Léopold II, mais que des milliers de congolais aient été froidement massacrés, c'est certain. De même pour les mutilés et torturés. Que les méthodes employées à cette époque par les Blancs étaient connues du Roi, c’est certain ; qu’il ne s’y soit pas opposé avec la vigueur voulue,  cela aussi est certain aussi.

Mais qu'on parle de génocide ou de 10 millions de morts, il faut arrêter de fabuler. Un livre récent peut nous éclairer et qui, à mes yeux a pu rassembler le plus de documents authentiques, est  celui de Daniel Vangroenweghe DU SANG SUR LES LIANES (édition revue et corrigée en 2014 par les Editions Aden/Bruxelles). La première édition en 1986 a d'ailleurs été soumise à une enquête parlementaire (l’auteur étant été accusé « d’outrage à la royauté »). Et après de nombreux débats, cette dernière conclu sur....... un non-lieu : tout est historiquement prouvé.

Ces derniers temps, heureusement, plusieurs articles très sérieux ont été publiés dans des revues tels que Le Vif Express, l’Echo, Libre Belgique etc…

Mais ce qui est vrai aussi, c’est que de nouvelles maladies ont certainement emporté des dizaines de milliers de Congolais : grippe, djiques, typhus, MST etc…, et cela, dans tout le Congo. Dans son ouvrage, l’auteur ne s’aventure pas à citer des chiffres, mais tout en donnant un nombre impressionnant de témoignages des atrocités commises, il ne nie pas que le nombre des victimes des nouvelles épidémies ait été bien supérieur au nombre de victimes des atrocités.

Je ne suis pas un ardent défenseur de l’action coloniale de Léopold II, mais pourquoi le monde entier s’est-il mobilisé contre lui en laissant de côté les atrocités commises en Afrique du Sud, en Rhodésie, au Tchad et autres colonies. C’est certainement à cause de l’horreur des « mains coupées », mais certainement aussi également par jalousie : « Comment est-ce possible que le roi d’un si petit pays puisse s’emparer d’une de la région la plus riche d’Afrique » ! Que dire également de l’extermination d’une grande partie des indiens d’Amérique du Nord, ainsi que des massacres en Amérique Centrale et du Sud ? Il ne faut pas oublier non plus que le rapport officiel de la Commission d’enquête internationale de 1904 note les nombreux apports positifs de l’action du roi : lutte anti-esclavagiste, construction de routes, de ports, d’hôpitaux, écoles, électricité etc…

Jean Peeters, cicm

 


Nouvelles de Bangui - par webMaster le 14/12/2015 @ 17:57

Une longue lettre de notre confrère Edouard Tsimba à Bangui. Responsable du grand séminaire, ce dernier est leiu de refuge pour la population chrétienne depuis le début de la guerre. Le nombre de réfugiés varie entre 2.000 et 5.000 selon que les troubles sont plus ou moins dangereux.

 

Décembre 2012- décembre 2015, trois très longues années

A la fin du mois de septembre, il n’était pas possible de se déplacer facilement dans la Capitale comme à l’intérieur du pays. Il était plus prudent pour tout le monde de rester où l’on était. De nouveau de l’insécurité et cela a augmenté vers mi-octobre. Des gens qui étaient avec nous et qui sont rentrés chez eux dans les quartiers ont commencé à revenir. Des gens que l’on avait aidé à reprendre la vie (réparation de la maison, commencer un petit commerce, s’acheter quelques biens, aider pour les frais pour l’école des enfants, acheter des médicaments pour soulager quelques uns…). Ces gens  sont de nouveau chez nous. Ils avaient de nouveau tout perdu et l’insécurité augmentait dans certains quartiers de la ville comme dans certaines villes à l’intérieur du pays. Des maisons ont été brûlées, au moins une paroisse a été complètement détruite, des blessés, de morts… Personne n’est épargnée quand il y a des balles perdues.

Alors que le nombre de déplacés (réfugiés) était descendu jusque moins de 2000 à la fin du mois d’août, maintenant, ils sont de nouveau presque 5000 personnes à se réfugier chez nous. Il y a quelques jeunes filles qui seront mères très prochainement.  Mais les pères de ces enfants ne sont plus dans le site. Depuis le mois de février, il n’y a plus chez nous ni dispensaire, ni maternité. Maintenant, nous devons nous débrouiller pour nous occuper, un peu, de tout. Il faisait un peu calme, il y avait du silence, maintenant, ce n’est plus possible. Ca me rappelle les premières semaines du mois décembre 2013. C’est presque certain que ces gens vont encore rester chez nous quelques mois. Combien ? Qui le sait ?

En attendant, et heureusement d’ailleurs, nous avions fait des limites dans la maison. Il y a un peu plus que la moitié de notre terrain qui est réservée aux réfugiés (déplacés). L’autre partie est réservée à nos jeunes et aux formateurs. Les gens essayent de respecter ces limites. Nous avons besoin d’un espace pour nous si non, impossible de travailler. Mais cela n’empêche pas certains enfants  et quelques adultes de dépasser, de temps en temps, ces limites. Que faire ? Il faut de la patience pour répéter en leur montrant beaucoup d’amour mais aussi en leur demandant de l’amour pour nous.

Les tentes reconstruites pour les déplacés sont un peu distantes de tous les bâtiments occupés par nos jeunes. Ceux-ci peuvent donc suivre les cours et avoir de l’espace nécessaire pour étudier, pour travailler manuellement, pour prier… Beaucoup de gens, la plupart malheureusement, continuent de dormir à même le sol. Beaucoup dorment encore dehors, devant les bâtiments que nous n’utilisons pas. Le poulailler, vidé dès le début, sert toujours de dortoir pour un bon nombre.

Le jardin que nous avions commencé pour les légumes a de nouveau échoué parce que c’est sur ce même terrain que les gens se retrouvent. On a encore une trentaine de chèvres. Nous devrions en avoir déjà plus qu’une centaine. Une bonne partie a été volée. La nuit, les gens prenaient quelques unes de nos chèvres, les portaient au dos comme s’ils portaient un bébé. Ainsi, ils trompaient même ceux qui parmi eux assuraient la sécurité du site. Mais parmi les « voleurs », il y avait aussi des gens de la sécurité. Ils ont été chassés depuis lors de chez nous. Même l’acheteur n’habitait pas loin de chez nous.

Les gens commencent à manquer de bois de chauffage. Je les vois maintenant se servir des rameaux de palmier pour la cuisine. Ce matin j’ai vu des gens qui cherchaient à tout prix à prendre quelques branches sèches de nos arbres. J’en ai vu d’autres qui coupaient les racines ou les écorces de quelques arbres pour les utiliser. Evidemment si cela se fait trop souvent, les arbres finiront par sécher aussi. Là quand même, je suis intervenu pour demander qu’on arrête cette pratique.

Et la faim, et la tension de l’insécurité et le fait de rester des journées entières sans rien faire ou presque, le fait de rester à garder dans les cœurs et à penser à ce qu’ils ont perdu comme membres de famille et biens, le fait de ne pas savoir comment recommencer et comment sera demain font qu’on commence à constater parmi les gens des comportements bizarres. En effet, il n’y a pas un vrai accompagnement psychologique suivi pour aider les gens à vivre ces années de tension. De temps en temps, une ONG s’improvise pour écouter les gens et les accompagner. Mais je leur demande de ne pas jouer avec la vie des gens.

Pendant qu’on prie à la chapelle, une dame entre bien respectueusement, va droit devant au premier banc et s’assied. Elle se lève après un tout petit temps. Elle continue vers l’autel et va s’assoir à la chaise réservée au célébrant principal lors des eucharisties. Un séminariste va lui demander de ne pas y rester, elle ne fait aucun problème et rentre s’assoir avec tout le monde. Puis, elle sort de la chapelle sans déranger en passant me dire à l’oreille « papa, je sors un peu, mais on va se voir. » Nous en avons quelques uns ainsi avec des comportements bizarres, mais ils ne sont pas nécessairement dangereux.

Une autre dame est convaincue qu’elle est religieuse de plusieurs Instituts à la fois. Elle est même convaincue qu’elle est chez nous pour un stage. Elle peut être dangereuse et violente. Il faut parfois lui parler avec beaucoup de fermeté. Alors, elle se calme, pour un moment. Quand il y avait encore un dispensaire, le médecin pouvait lui donner quelque chose pour la calmer pour quelques heures…

La journée comme la nuit, et cela plus fréquemment maintenant, on entend des gens de l’intérieur des tentes qu’ils habitent dire à haute voix : « il y a un esprit ici, il me fait ceci…j’ai peur, je n’en peux plus, au secours… ».  Les gens accourent vers la personne, certains se mettent à prier, d’autres rient, d’autres encore ne comprennent rien… Il m’est arrivé plus d’une fois d’aller aussi. Une seule fois, debout devant ma chambre, j’ai crié à haute voix : « Ca suffit, silence ». Quelque chose a marché, tout était redevenu calme, la personne qui a attiré les gens était en paix comme s’il n’y avait rien eu… et les gens me regardaient, moi. Je me demandais ce que je venais de faire et qui faisait que tous les regards étaient tournés vers moi…J’avais même un peu peur. Quelqu’un m’a dit «papa, tu es un prêtre, un homme de Dieu et ils (les mauvais esprits) ont peur. » Je suis allé prier tout de suite après.

Les gens viennent me réveiller la nuit. Un monsieur est en train de faire une cérémonie avec quelques petits cercueils en bois qu’il fabrique pendant la journée. Les gens semblent distinguer avec un peu de lumière des choses qui ressemblent à des crânes. Tout le monde a peur dans la tente. Je vais voir, je m’approche du monsieur et je lui demande d’arrêter. Ce qu’il fait tout de suite. Je lui demande de sortir de la tente et d’aller passer le reste de la nuit près de ceux qui assurent la sécurité. Le lendemain, je prends un peu de temps pour parler avec lui. Il me dit que ces cercueils sont pour lui comme des enveloppes pour expédier ses lettres aux autorités du pays. C’est la même personne qui m’a dit un jour qu’il avait reçu une révélation et qu’il se présentait pour enseigner le Pentateuque à ceux de nos jeunes qui viennent de commencer la première année de théologie. Après, j’ai appris que le même monsieur fabriquait aussi des avions et des véhicules, en bois, mais sans moteur et sans pneus. Dommage !

Avant-hier, vers minuit, une dame est décédée dans le site chez nous. Il fallait trouver les moyens pour son enterrement. La cotisation des gens donnait un peu moins que 30 euros. Il fallait compléter pour acheter un cercueil et payer les autres frais pour les couvertures, draps, transport pour le cimetière…. Les ONG ne s’occupent pas des morts.

Il faut réhabiliter ou construire  une douzaine d’abris (tentes) pour les déplacés ; une ONG s’en occupe. Je dois veiller à ce qu’aucune de ces tentes ne soit trop proche de nos chambres. Nous aurons alors un peu plus de calme, peut-être.

En effet, telle que la situation est actuellement, nous risquons d’avoir ces quelques milliers de gens avec nous encore pour quelques mois. J’espère qu’ils pourront fêter Noël 2016 et le nouvel an 2017 chez eux. Pour cette année, ils seront encore chez nous. Ca sera leur troisième Noël et nouvel an avec nous.

Le Saint Père est venu pour sa visite pastorale du 29 au 30 novembre. Beaucoup de préparations. Il y avait aussi un grand dispositif de sécurité ! Tout s’est bien passé, heureusement. Il a semé des paroles de paix, de réconciliation et de justice. Il a semé amour et vie pour tous parce que c’est possible, parce qu’on est tous frères et sœurs. On va voir maintenant en quelle terre est tombée sa parole. Aujourd’hui, il y a referendum pour les nouvelles Constitutions du pays. Il y a eu beaucoup coups de feu et de canons depuis très tôt ce matin.

C’est le temps de l’Avent et puis c’est Noël. C’est le temps de la conversion puis d’accueil de la Parole. C’est chacun et nous tous qui sommes invités à travailler pour la justice et pour la paix. C’est certain qu’il y a des pas dans ce sens que beaucoup essayent de faire, mais la route à faire reste très longue. Et cela, pas seulement ici chez nous, mais un peu partout dans le monde. C’est un peu partout que les gens aspirent à vivre dans la paix.

Cette année, nous avons 51 jeunes qui suivent leur formation dans la maison. Trente six parmi eux résident dans la maison. On essaye de les aider, à les accompagner à devenir de bons pasteurs. Pour cela, ils doivent devenir de grands amoureux de la Parole de Dieu, de grands amoureux de Jésus Christ, avec une grande passion pour les gens qui leur seront confiés. Quelques milliers leur sont confiés dès maintenant.

Enfin, parmi les formateurs, il y a un confrère scheutiste.

Cela me donne joie,  force et courage.
Un très grand merci pour vos prières et pour votre aide pendant ces 3 longues années. Sans cela ces années auraient été encore plus longues et plus dures.

J’ai commencé à écrire ces infos début décembre. Mais une forte crise de malaria (paludisme) m’a beaucoup fatigué et m’a cloué au lit pendant quelques jours. C’est seulement depuis quelques jours que je me sens de nouveau un peu mieux et que je commence à travailler normalement. Eh oui, le corps a des limites et on doit les accepter.

Joyeuse fête de Noël, bonne fin d’année 2015 et  heureuse année 2015, avec beaucoup de paix, chaque jour.

Merci, merci de tout cœur, pour ce que vous êtes et pour tout ce que vous faites. Que Dieu vous bénisse. Qu’il vous comble de bienfaits pour la nouvelle année.

Courage et je vous promets mes humbles prières. Nous espérons toujours que demain sera un peu mieux qu’hier et aujourd’hui.

Alors, on continue avec espoir.

Unis dans la prière.

Pendant que je termine ces informations, il y a des coups feu et de canon et les gens, et nous tous, nous avons peur… C’est trop. Pourvu que cela ne dure pas, pourvu qu’il n’y ait pas de sang qui coule encore… Je me presse d’envoyer ce message parce qu’on ne sait jamais si la connexion Internet va s’arrêter après.

 

Edouard Tsimba,

 

 

 




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