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Solidarité avec notre confrère - par webMaster le 30/11/2014 @ 15:19

 

 

 

En ce dimanche 30 novembre et 1° jour de l'Avent, tous les Scheutistes qui sont en Belgique et Hollande ont décidé de vivre cette journée en solidarité avec Edouard Tsimba. Notre confrère est responsable du grand Séminaire de Bangui en Centre Afrique.  Quelques mois après son arrivée, c'est la guerre.

Depuis, quand ils fait calme les lieux sont occupé par 3 à 4.000 personnes qui s'y sont réfugiées, mais dès que le canon et les mitrailettes recommeencent, ils se retrouvent à plus de 8.000 personnes. Tout est occupé : chapelle, clase etc...., heureusement, ils respectent la chambre d'Edouard.

Ce qui est le + difficile, c'est que notre confrère est seul scheutiste, et les autres professeurs ne sont pas toujours là. Il vient de recevoir la visite réconfortant d'Ernest, membre du Conseil Général, mais il est de nouveau seul.

 

Nous espérons que l'énergie spirituelle déployée aujourd'hui par nombre de confrères lui donnera le courage de continuer a espérer des temps meilleurs.Moi, j'ai allumé un cierge qui brûlera toute la journée de manière à ce que je me souvienne de lui.

 

 

 

 


 

 

Les mois de juillet août sont favorables aux rencontres. Deux de celles-ci ont permis à des Scheutistes toujours présents en Afrique ou ayant travaillé en Afrique, de se rencontrer.

Cette vidéo d'une quinzaine de minutes donne un aperçu de cette rencontre, ainsi que de la maison provinciale de la chaussée de Ninove.

Si le lien ne s'ouvre pas, soit faites clic droit et choisir "ouvrir le lien", soit "copier le lien", et le copier dans la barre du navigateur

 

https://www.youtube.com/watch?v=bxQdJ8RP_YI&feature=youtu.be

 

 

 

 

 

 

 


Texte d'AEFJN

 

L’accaparement de terres et la fausse promesse de sécurité alimentaire

 

Des décideurs politiques du monde entier assimilent souvent un INVESTISSEMENTaccru en Afrique par des sociétés étrangères d’agro-industrie à une sécurité alimentaire améliorée. Cependant, l’effet d’une production agricole plus élevée par de telles sociétés sur la sécurité alimentaire en Afrique n’est pas clair. Dans son article, le Dr Destaw Andargie argumente que c’est le plus souvent une fausse promesse et il donne l’exemple de l’Ethiopie.

 

Tout d’abord, il est nécessaire de clarifier ce qu’on entend par le concept de sécurité alimentaire en vue de mesurer son impact sur la vie quotidienne des gens. La sécurité alimentaire peut être évaluée à différents niveaux : global, national et individuel ou au niveau du ménage. Pour la sécurité alimentaire globale ou nationale, on regarde le niveau de l’approvisionnement : la disponibilité de la nourriture au niveau soit global soit national. Cependant, ceci nous dit très peu quant à l’accès à la nourriture au niveau individuel ou au niveau du ménage. On n’a qu’à considérer le surplus de production dans les nations développées, qui est soit gaspillé avant de pouvoir être consommé, soit vendu à bas prix sur les marchés du Tiers-monde, en nuisant aux producteurs locaux de nourriture. La sécurité au niveau individuel ou du ménage donne une meilleure vue du cœur du problème de la faim, parce qu’elle regarde la distribution des denrées alimentaires et pas simplement la disponibilité de la nourriture dans une région ou un pays donné. Elle considère à quelle quantité de nourriture les gens ont accès par leur propre production ou par leur capacité d’acheter de la nourriture au marché. C’est la mesure la plus précise pour déterminer les causes de la faim et de la famine. L’auteur mentionne que même durant des périodes de famine, il y avait assez de nourriture sur le marché pour ceux qui pouvaient se la payer.

 

Le Dr Andargie argumente que des acquisitions de terres à grande échelle par des sociétés étrangères ne réduiront pas l’insécurité alimentaire en Ethiopie, parce que ces sociétés produisent “exclusivement” pour le marché. Les sociétés alimentaires visent à satisfaire la demande de nourriture au prix le plus « compétitif ». Ce prix est déterminé par la compétition entre les consommateurs de nourriture à travers le monde. Ainsi la quantité de nourriture qu’on peut se payer dépend de son budget et aussi du prix que d’autres consommateurs à travers le monde sont disposés à payer. Ainsi les consommateurs éthiopiens entrent en compétition avec des consommateurs de pays riches et il est clair qu’ils sont perdants dans cette compétition. Ainsi l’agro-industrie qui acquiert du terrain et des ressources d’eau adjacentes en Ethiopie produit pour le marché mondial, ce qui veut dire qu’elle exportera ses produits vers des nations plus riches parce qu’elle en tirera un meilleur prix que celui qu’elle peut obtenir du consommateur éthiopien. Le marché est aveugle vis-à-vis des besoins et par conséquent ces solutions basées sur le marché ne réduiront pas l’insécurité alimentaire. C’est plutôt le contraire car des ressources productives, terre et eau, sont détournées de la culture d’aliments de base pour les pauvres vers la production d’agro-carburants et d’aliments pour bétail afin de satisfaire la demande croissante de viande dans les pays riches.

 

L’auteur suggère qu’en vue de s’attaquer à la faim, il faut s’occuper à la fois de la distribution et de la disponibilité au niveau des ménages. Les producteurs de nourriture, c.-à-d. les agriculteurs familiaux, doivent être soutenus suffisamment pour améliorer leur productivité, parce qu’actuellement ils peuvent être eux-mêmes victimes de la faim. De plus, la capacité des pauvres urbains à acheter suffisamment de nourriture doit être renforcée, ainsi la pauvreté urbaine doit être combattue. Les programmes de sécurité alimentaire doivent prendre ces questions en compte.

 


 

ENQUETE AEFJN (Réseau Afrique/Europe Justice et Foi)

 

Ce réseau qui rassemble les instituts missionnaires d’Europe œuvrant en Afrique nous demande de participer, même très modestement, à un vaste sondage concernant deux problèmes cruciaux. 1° L’accaparement des terres (expropriation forcée des terres à grande échelle) menace directement l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire … Profitant du manque de cadre légal concernant le droit foncier et de la complicité des autorités locales, des acquéreurs et des firmes tant nationaux qu’internationaux s’approprient de grandes surfaces cultivables pour y faire de l’agriculture intensive ou pour spéculer…

2° La disponibilité de médicaments …joue un grand rôle dans la qualité des services de santé. Le marché risque donc d'être la proie de marchands sans scrupule aussi bien au niveau des grandes compagnies que des vendeurs locaux….

 

       Pour lutter contre ces fléaux, le réseau Afrique Europe Foi et Justice (A.E.F.J.N.) essaie de conscientiser les autorités européennes. Pour cela, notre force est notre réseau de frères, de sœurs et de collaborateurs et de collaboratrices œuvrant au niveau local, près de la réalité du terrain. Nous avons besoin de vos témoignages authentiques pour prouver aux autorités la nécessité urgente de réagir.

       Le réseau, animé par Christian Roberti, nous demande soit de répondre à ce sondage (pas nécessairement à toutes les questions) ou de l’envoyer à des personnes fiables qui sont sur le terrain. En faisant travailler nos méninges, on trouve finalement des contacts avec des missionnaires non scheutistes. Pas nécessaire d’envoyer les deux questionnaires aux mêmes personnes.

 

QUESTIONNAIRES

 

 

1° Accaparement des terres

-          depuis quand ?

-          de la part de qui ?

-          quelle surface de terre a été saisie (estimation)?

-          l’autorité politico-administrative a-t-elle consulté les petits propriétaires avant que ne soit procédé aux expropriations ? A-t-elle respecté l’avis des petits propriétaires ? A-t-elle respecté le droit coutumier en matière foncière?

-          les petits agriculteurs familiaux expropriés ont-ils été dédommagés ?

-          quel usage a été fait des terrains saisis ? Les terres acquises ont-elles été laissées en jachère ou ont-elles été exploitées ?

-          est-ce que, suite à l’accaparement des terres, il y a une interruption dans les approvisionnements alimentaires au niveau local ou régional ?

-          y a-t-il eu des retombées positives pour la population en termes d’emploi (p.ex. les terres acquises ont-elles été sous-louées à des petits fermiers)? d’habitat ? d’équipement ?

-          des plantes O.G.M. (Organismes Génétiquement Modifiés) ont-elles été utilisées ?

-          des engrais ont-ils été utilisés ? Quel type d’engrais et provenant de quelle firme?

-          les cultures ont-elles provoqué une pollution du sol ?

 

Médicaments :

 

  1. Comment vous assurez-vous que vos fournisseurs de médicaments veillent à la qualité des produits qu’ils vous vendent ?
  2. Citez quelques-uns de vos fournisseurs de médicaments essentiels.
  3. Est-ce vous manquez de produits pour traiter les maladies courantes que vous avez à traiter ?
  4. Le prix que vous payez aux fournisseurs pour acheter vos médicaments vous semble-t-il exagéré ? normal ? trop faible ?

Si ce prix est trop élevé, savez-vous pourquoi ?

  1. Avez-vous constaté des effets secondaires graves imputables à des médicaments ? Avez-vous déjà soupçonné certains médicaments d’être falsifiés ? Si oui, décrivez. 

 

REPONSES : AEFJN, 18 rue Doyen Adriaens, 1080 Bruxelles / crob.cssp@gmail.com

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                         

 

 

 

 

 


Un Scheutistes laïc en Chine - par webMaster le 14/09/2014 @ 09:01

 

 

 

SAVIEZ-VOUS QUE …  UN SCHEUTISTE LAÏC : PAUL SPLINGAERD

 

Ayant connu Théophile Verbist comme aumônier à l’Ecole Militaire, ce jeune Espiègle Bruxellois de 23 ans se joignit à la toute première caravane Scheutiste pour la Mongolie Intérieure en 1865, mais en tant que laïc.

 

 

Exceptionnellement habile, à peine arrivé à Siwantze, il est le factotum qui arrange tout, qui s’adapte et n’a pas froid aux yeux. Il se rend plusieurs fois à T’ientsin pour y chercher le subside de la mission, malgré le danger d’être assailli par les brigands. Extraordinairement doué pour les langues, il apprend le chinois rien qu’à l’oreille et au bout de quelques mois, il aide les Scheutistes pour traduire leurs sermons en chinois.

Suite à la mort prématurée du Fondateur, il perd ses fidèles compagnons et gagne Péking pour y chercher du travail. Il entre en contact avec des ambassadeeurs qu’il impressionna par sa connaissance de la langue et sa débrouillardise. Il guidera vers l’intérieur du pays des visiteurs de haut rang ou des explorateurs, en tant qu’interprète et garde du corps. Il parle en effet le chinois, l’allemand, l’anglais, le français, et s’en tire en mongol, russe et turc.

Commerçant en laine et cuir, il parcourt les routes de la Mongolie Intérieure où réside le P. Verlinden qu’il a choisi comme confident. A 30 ans, il pense à se marier avec une jeune Chinoise de l’Internat de la Mission, mais… elle veut devenir religieuse. Le P. Verlinden lui conseille de se marier et de bien éduquer ses filles de sorte qu’elles aspirent à la vie Religieuse. Effectivement, Paul et Marie eurent une douzaine d’enfants dont quatre devinrent Religieuses. Leurs trois garçons se marièrent avec des Chinoises et les autres cinq filles épousèrent toutes des Belges.

Grâce à ses bonnes relations, en 1881 il est nommé mandarin et responsable de la douane à la frontière avec la Russie. On n’avait jamais vu une distinction pareille attribuée à un étranger. Mgr Otto dira : Je ne vis jamais d’Européen qui alliât mieux le caractère de chez nous au caractère chinois…..c’est un vrai génie naturel, un Marco Polo “.  

En 1900, en pleine insurrection des Boxers, grâce à ses contacts, les missions du Kansou connurent un peu de tranquillité. Il essayera aussi d’arranger la question de la réparation des dommages encourus par les missions et défendra la cause des chrétiennes chinoises qui avaient été vendues aux musulmans.

En 1904, son chapeau s’orna d’un bouton rouge et d’une queue de renard, signes honorifiques que seules les hautes autorités militaires ont le droit de porter.

Pour son travail, Paul revient en Belgique en 1905, et reste en contact  étroit avec Scheut. Mais à peine débarqué, les journalistes se mirent à ses trousses comme des chiens enragés….dira-t-il avec son accent bruxellaire.

De retour en Chine, il mourut en chemin à Singanfou en 1906. La tombe de Mr.& Mme Splingaerd se trouve au cimetière Chala de Pékin.

Ce jeune aide-laïc qui accompagna notre Fondateur en Chine a dépassé de loin ce que  l’on attendait de lui en tant que soutien polyvalent pour la mission.

JP. Bénit  :  Extraits de  Profils CICM d’Albert Raskin, cicm-Roma 1982.

 

 

 


Après une courte escapade pour un temps de retraite, notre confrère Edouard a rejoint son poste à la direction du grand séminaire de Bangui. Malheureusement, après un temps d’accalmie, les combats ont repris de plus belle, et de nouveau, toute l’enceinte du séminaire, qui s'était vidée d'une petite partie des réfugiés au moment des accalmies, est de nouveau envahie, tellement les gens ont peur de rester à la cité.
 
 Et c’est peut-être cela qui est le plus pénible pour tous, car ces accalmies peuvent durer quelques jours, mais parfois quelques semaines, et ensuite, les coups de feu, les détonations assourdissantes reprennent pour quelques jours, et ensuite, de nouveau, ça se calme
 
Aujourd'hui, comme il y a cinq mois, ce SONT  près de 8.000 personnes (oui : huit milles ! ) qui ont trouvé refuge DANS  cette enceinte complètement entourée par un haut mur. La vue aérienne qui vient de nous parvenir donne une idée des dimensions de ce grand séminaire: logements, infirmerie, maison des professeurs; terrain de sport etc.
 
Ce sont justement les dimensions du terrain de sport qui nous donnent une idée des dimensions de cette enceinte, et nous comprenons ainsi que plus de 8.000 personnes y ont déjà séjourné. 
 
Les médias ne parlent plus de Bangui, car l'attention est détournée ailleurs, mais notre confrère nous demande de prier pour toutes celles et ceux qui sont avec lui, et pour lui aussi, afin qu'il puisse tenir le coup.
 
 
Pour agrandir cliquer sur l'image qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre
SAINT-MARC-BANGUI.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'occasion de la fête du village et de la messe en patois gaumais, François qui était revenu du Japon pour une dizaine de jours à l'occasion du mariage d'une nièce en France, est venu dire au revoir aux gens de Tintigny son village natal.

Grands retrouvailles, car il a rencontré plusieurs couples qui étaient venus le voir au Japon. Blaise Mbuinga, scheutiste congolais qui travaille au Japon depuis 7 ans était également présent. Lui aussi connaissait quelques uns de ces visiteurs.

Comme plusieurs autres Scheutistes belges, François a décidé de passer ses années de vieillesse jusqu'au bout dans une maison de repos cicm au Japon, maison très agréable, et....... proche du cimetière. Comme il le dit : nous sommes dans la salle d'attente;

 

A voir : copier l'adresse ci-dessous et la coller dans la barre du web si le lien ne s'ouvre pas

 

https://www.youtube.com/watch?v=koTeov1qwN8&feature=youtu.be

 

 

 

 


E.Tsimba Bangui : juin 2014 - par webMaster le 26/06/2014 @ 17:49

Dernières nouvelles de notre confrère pris dans la tourmente

Déjà un peu plus que 6 mois !

  • Avant je calculais selon les fêtes liturgiques et je me disais : « Je pense qu’à Pâques, les déplacés qui sont chez nous seront partis… ». Après je me suis dit que ça sera à Pâques, à l’ascension, à la Pentecôte… je ne dis plus rien pour ne pas être chaque fois déçu. J’espère qu’on n’aura pas besoin de ‘fêter’ Noël 2014 dans les mêmes conditions que Noël 2013. En effet, le nombre des gens ne diminue pas depuis quelques jours. La semaine passée, on avait dépassé 10.000 personnes dans le site. Le comptage d’hier soir montrait qu’il y avait 9.832 personnes qui logent encore chez nous. On compte la nuit pour être certain que tout le monde est bien à la maison. Parfois je me demande où ils se mettent quand il est en train de pleuvoir. La journée, je peux encore suivre les différents mouvements. La nuit, quand la pluie commence, on entend seulement les gens qui se plaignent comme s’ils voulaient dire à la nature : « Soyons sérieux…, pourquoi la pluie ici et maintenant…. Pourquoi pas la pluie seulement là où nous avons nos plantations… ? » Puis c’est le silence… Je vois les gens qui restent debout, collés aux murs pour ne pas être trop trempés avec la pluie, surtout quand il y a du vent.
  • Depuis vendredi passé, notre groupe électrogène est revenu après plus d’un mois en panne, et… réparé, avec tout un nouveau bloc moteur. Cela va nous coûter un peu plus que 5.000 Euros. J’espère que les différentes ONG qui aident dans le site vont nous aider aussi à payer la facture. Si non, cela va nous faire une autre dette encore. Il y en aura des travaux à faire quand les déplacés seront partis. Je n’y pense pas trop pour le moment. On verra. A chaque jour suffit sa peine ! Au moins, nos jeunes peuvent encore bien étudier le soir avec une lumière meilleure que celle des lampes à pétrole ou des bougies, imprimer des travaux… Dommage qu’on n’a pas d’écran géant pour que les gens suivent le mondial de football.
  • Finalement, l’eau de la ville vient d’arriver encore près de chez nous. C’est depuis presque 3 ans que cela n’arrivait plus. On va demander à la compagnie en charge de nous connecter et d’installer des tuyaux pour que les gens puissent se servir. En effet, notre petit château d’eau est prévu pour pas plus que 100 personnes. Et nous faisons trop travailler la pompe. Arriver à avoir l’eau de la ville rendrait beaucoup de services aux gens. Mais cela ne va pas se faire en un jour ou tout simplement parce qu’on le demande. Que ça soit au moins clair qu’il n’y aura pas des factures à payer.
  • A voir ce qui se passe et à entendre ce qui se dit, il est pratiquement certain que les gens ne vont pas rentrer chez eux avant le mois de septembre. La raison ? C’est que c’est à ce moment là qu’on va recevoir les casques bleus. En effet, c’est avec eux et avec les forces européennes, qui semble-t-il, sont déjà dans le pays, que le vrai désarmement va se faire. Il y a encore trop de bandes armées un peu partout dans le pays et ils veulent faire cette opération de désarmement au même moment, partout dans le pays.
  • On est en pleine saison des pluies. On n’a pas d’autres choix que d’accepter que d’autres tentes avec bâches soient construites chez nous. Mais les gens commencent à être à l’étroit et c’est en pleine saison des pluies. C’est vraiment triste de voir des femmes qui viennent juste d’accoucher avec les bébés aux bras debout pour se protéger un peu de la pluie. J’ai demandé des couvertures. On n’en trouve plus et on ne doit pas s’attendre à une distribution. J’ai demandé des bâches pour que les gens ne passent pas la nuit à même le sol ou bien pour se protéger de la pluie. On n’en donne plus. Les bâches servent seulement à construire des tentes, à couvrir les latrines, les douches… c’est important aussi. Bientôt, il n’y aura plus des places pour construire les latrines et les douches. Nous en sommes à une troisième série de constructions. Les précédentes étaient pleines ; on va attendre quelques mois et on aura une terre avec du très bon fumier. J’avais demandé qu’on vide certaines latrines et refaire d’autres aux mêmes endroits. On m’a répondu qu’il n’y a plus d’endroits pour jeter ce qu’on viderait. Une machine est tombée en panne…
  • Notre maison est située dans le couloir des avions qui décollent et atterrissent. Nous en voyons de toutes les formes. Il y en a même qui volent tellement bas, en partant, que tout le monde panique parce qu’on se demande pourquoi ils doivent passer si bas, juste à quelques mètres  de la tour de notre chapelle.  Ce sont des avions militaires. Ce ne sont pas des moments à vivre trop souvent pendant la journée. Des hélicoptères de combat volent au-dessus de nous. Ce n’est pas toujours bon signe. Ils volent tout feu éteint… Nous espérons toujours que c’est pour la sécurité. On ne saura jamais les vraies raisons de leurs mouvements. Je ne pense pas que ça soit seulement pour ‘chauffer les moteurs’.
  • Le 31 juillet, nos jeunes s’en iront pour les grandes vacances. Je compte prendre, si Dieu le veut, une semaine pour ma retraite annuelle au mois d’août, hors de la maison. J’espère m’arranger pour que quelqu’un « veille » sur la maison. Dieu veillera bien sur les gens. Puis, on verra.
  • Les bruits des armes à feu ont beaucoup diminué mais il y a toujours des armes et surtout des gens prêts à les utiliser. Et c’est cela qui fait que les gens ont peur de rentrer chez eux. Ceux qui ont essayé quand même de rentrer chez eux ont vite fait de rentrer chez nous où ils trouvaient encore de la « sécurité ». Cela ne peut tout simplement pas continuer ainsi. Ce n’est pas une vie normale et on commence tous à ressentit de la fatigue. Un mois ou deux mois, ça passe encore. Mais cela fait plus que 6 mois qu’on est dans cette situation et demain n’est pas plus clair pour personne. C’est cela aussi qui fait poser des questions. Je ne sais et je ne vois un peu que de ce qui se vit à la Capitale, et plus précisément à la périphérie chez nous. Il y a une plus forte présence des forces armées étrangères qui rassure. Mais à l’intérieur du pays, ça va beaucoup moins bien parce que ces forces ne sont pas encore partout en nombre suffisant. Les gens armés qui ont été refoulés de la Capitale ont installé leurs bases à l’intérieur du pays et y font ce que bon leur semble. Pourvu que demain soit meilleur que maintenant, pour tous et partout dans le pays. Unis dans la prière. 

 

Lien vers l'interview du P. Alphonse Marichal par la TV du Diocèse de Boma en RDC :  50 ans au Congo

https://www.youtube.com/watch?v=FxOogegyNWo

 

 

faire clic droit sur la souris et choisir "ouvrir le lien" s'il ne s'ouvre pas directement

 

wink

 

 

 

 


Malgré certaines déclarations du gouvernement français, la situation à Bangui et en Centre Afrique ne s'améliore pas. Notre confrère et ancien supérieur général, Edouardd Tsimba avait accepté la direction du Grand Séminaire à Bangui. Ce lieu est actuellement le refuge de centaines de réfugiés. Il nous écrit en ce jour de l'Ascension .

BANGUI : Info du 29 mai 2014

      Et moi qui pensais qu’à l’ascension, il y aurait beaucoup moins de monde… c’est encore raté… Ca sera peut-être à la Pentecôte alors… Si avant cela, tout le monde pouvait rentrer… je serai le plus heureux…, mais… ça dépend de tant de choses et de tant de personnes… pas grand-chose qui dépend de moi, ni de ceux qui sont dans le site non plus…, malheureusement. On accueille, on prie, on fait ce qui est possible et quand c’est possible… et on espère.

         Depuis dimanche 25 mai, nous accueillons d’autres personnes dans notre site. En effet, il y en a qui étaient ici avant, qui étaient rentrés chez eux, mais qui reviennent. Il y a aussi des nouveaux, des nouvelles figures. Ces personnes fuient les violences dans le quartier pas trop loin de chez nous. Une maman avec un bébé passe la nuit devant mon bureau. Je vois aussi des enfants qui sont arrivés chez nous sans leurs parents. Quand on commence à tirer, on court dans toutes les directions, chacun pensant aller là où il pense que c’est mieux. A la fin les familles sont séparées.

          Avant hier, il y avait une forte pluie. Imaginez alors ce qui se passe dehors.

            Une fois par mois, il y a une organisation internationale de la Croix Rouge Genève qui apporte de la nourriture : du riz, du sel, des haricots et de l’huile. Chaque jour est un vrai miracle pour la plupart des gens. Il y en a aussi qui vendent une partie de ce qu’ils reçoivent pour acheter de la farine de manioc, du piment, du bois de chauffage… ou bien ils échangent carrément une partie de ce qu’ils reçoivent contre ce qu’ils n’ont pas. Les gens peuvent vivre 3 jours avec cette aide. Puis, il faut se débrouiller.

           On a dépassé 240 bébés dans notre maternité. Je ne sais pas pourquoi, mais il n’y a que 9 filles parmi ces bébés. Je ne comprends pas, mais c’est ainsi.

Vendredi passé, il y a eu rencontre des responsables des sites avec les grands responsables de HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés). Rien de spécial, sauf que la situation n’est pas encore prête pour changer.

Le grand problème reste la sécurité avant que les gens ne rentrent chez eux. Mais ceux qui devraient nous parler de la sécurité ne sont pas présents à ces réunions. Il y a eu promesse de les inviter pour une prochaine réunion. Ils en prévoient une tous les mois.

Le site de l'aéroport (le plus grand site pour moment) sera autrement les jours qui viennent. En effet, les déplacés sont invités à chercher d'autres sites parce que c'est là que doivent se positionner les troupes internationales qui vont venir. L'aéroport même devrait être agrandi. Pas assez de place pour parquer les nombreux avions des troupes... et peut être aussi agrandir la piste... Mais les gens qui y sont déjà ne sont pas intéressés à quitter. Les autres sites non plus ne sont pas trop chauds pour les accueillir parce que déjà saturés et parce que pas assez de nourriture et autres nécessités à leur offrir. Ca ne sera pas facile. Il semble aussi que malgré les troupes étrangères qui sont autour de l'aéroport, on enregistre quand même certains cas d’enlèvements dans ce site en vue de réclamer rançon... Où est-ce qu'il y a sécurité vraiment? Chaque site doit s'organiser pour se protéger. On ne doit pas attendre que les forces étrangères aillent prendre la place de la police ou de la gendarmerie... qui n’existe pas encore vraiment et qui n’est pas encore bien équipée.

On est là, on attend, mais on risque d'attendre longtemps encore avant de voir les vrais changements que tout le monde espère.

J’ai réuni les volontaires qui s'occupent de la sécurité de notre site pour les encourager à être plus vigilants. Mais qu'est-ce qu'on peut faire si une bande armée venait à entrer dans un site? Rien ou presque. Si Dieu ne veille... c'est en vain que les gardes veillent... j'y crois.

Le groupe électrogène est toujours en panne. Peut-être que demain, même si c’est l’Ascension et que c’est congé, un mécanicien viendra voir et peut-être commencer à ouvrir… Nous avons sollicité l’aide des ONG qui aident dans le site pour aider pour les frais de réparation. On verra. Finalement, ils ne sont pas venus avec toute la panique dans la ville.

Je pense que beaucoup de gens commencent à se fatiguer d’être ici. On a de plus en plus des palabres entre les gens. C’est souvent engendré quand il y a distribution de vivres ou autres. Comment distribuer 6 couvertures, 10 récipients, 12 sachets de savon en poudre, 14 sachets de pate de tomates… à 4000 personnes ? C’est certain que tout le monde ne peut pas être servi. Ça on comprend, mais… « Pourquoi c’est moi aujourd’hui ? », ça on n’accepte pas. J’ai une fois pensé à prendre tout le temps à découper une couverture en plusieurs petits morceaux pour servir plusieurs personnes. Je me souviens en effet, quand je lisais les aventures de Tintin et Milou, que Tintin avait résolu une bagarre entre deux personnes qui se disputaient un chapeau en coupant le chapeau en deux. Ici, il s’agit de quelques milliers de personnes qui se disputent… C’est un peu plus difficile.

Comme missionnaire, j’essaye quand même de rendre les gens plus attentifs aussi à d’autres souffrances dans le monde : l’avion d’une compagnie Malaisienne disparu, des enlèvements des lycéennes au Nigéria, une condamnation pour apostasie au Soudan, des inondations ici et là, et en Ukraine et… C’est bon que nos gens sachent qu’ailleurs, il y a aussi des enfants  de Dieu qui souffrent et avec qui nous devons rester solidaires, ne fût ce que par nos prières.

Que l’Esprit Saint vienne éclairer les dirigeants qui ont à prendre les grandes décisions. Que l’Esprit Saint vienne, sans tarder, nous guider vers la vérité et nous faire comprendre ce qu’il y a encore à comprendre. Qu’il nous donne les paroles justes au moment qu’il faut. L’Esprit Saint souffle, parfois grâce à chacun d’entre nous… mais parfois aussi malgré nous. Mais heureusement qu’il souffle toujours et c’est pour le bien de tous, et partout.

 

Jeudi 29 midi :

             Hier après-midi, il y a eu beaucoup de coups de feu. Une bande armée, parlant anglais, est entrée dans la cour de la Paroisse Notre Dame de Fatima où il y a des missionnaires comboniens. Cette paroisse héberge aussi des déplacés. Au moins 15 personnes ont été tuées et il y a eu beaucoup de blessés. Ces gens armés sont entrés au presbytère mais je ne sais pas ce qu’ils cherchaient. Beaucoup de ceux qui se réfugiaient là sont venus chez nous et jusque maintenant ils continuent de venir. On doit dépasser les 7000 personnes pour le moment. Il y en a qui entrent, mais sortent après quelques heures parce que entretemps, ils ont trouvé une famille qui veut bien les accueillir, ce qui est très bon. Beaucoup dorment dehors, sur le béton ou à même le sol. Heureusement qu’il ne pleut pas. Mais j’ai peur qu’il va pleuvoir dans l’après midi.

            Il y a aussi eu un prêtre tué. On ne connaît pas les circonstances de sa mort.

          Hier, il y a eu une grande bagarre entre deux jeunes. Un est dans un état très grave. On a fait appel à une ambulance pour venir le chercher. Notre sécurité de la maison organisée par les gens du site ont arrêté l’autre et ce matin, il vient d’être amené à la gendarmerie. C’est presque certain que celui qui est amené à l’hôpital ne finira pas la journée. Il a eu de très grands coups de bois à la tête… triste. Hier dans l’après midi, une madame est décédée chez nous avec une balle perdue dans la poitrine laissant un bébé de 6 mois. Il y en a beaucoup comme ça en ville.

Pour le moment, pas de trafic, les routes sont barricadées, les gens restent chez eux.

Mais dans la nuit, nous avons eu la naissance de 7 bébés : 3 garçons et 4 filles. Je ne crois pas que ces bébés soient au courant de ce qu’ils viennent trouver. Ça va être très dur aussi pour leurs parents. Mais c’est difficile de dire aux bébés d’attendre quelques jours avant de venir au monde.

Pourvu que ces enfants innocents puissent grandir en santé, en sagesse et sainteté.

Voilà tout pour le moment.

           On est à la fin du mois de Marie (« c’est le mois le plus beau » chantions-nous beaucoup d’années passées) et aussi la fête de l’Ascension aujourd’hui. Que Marie prie pour nous. Que Jésus parle de nous à son Père et notre Père. Merci pour vos prières. Je prie pour vous aussi.

Edouard


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