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E.Tsimba Bangui : juin 2014 - par webMaster le 26/06/2014 @ 17:49

Dernières nouvelles de notre confrère pris dans la tourmente

Déjà un peu plus que 6 mois !

  • Avant je calculais selon les fêtes liturgiques et je me disais : « Je pense qu’à Pâques, les déplacés qui sont chez nous seront partis… ». Après je me suis dit que ça sera à Pâques, à l’ascension, à la Pentecôte… je ne dis plus rien pour ne pas être chaque fois déçu. J’espère qu’on n’aura pas besoin de ‘fêter’ Noël 2014 dans les mêmes conditions que Noël 2013. En effet, le nombre des gens ne diminue pas depuis quelques jours. La semaine passée, on avait dépassé 10.000 personnes dans le site. Le comptage d’hier soir montrait qu’il y avait 9.832 personnes qui logent encore chez nous. On compte la nuit pour être certain que tout le monde est bien à la maison. Parfois je me demande où ils se mettent quand il est en train de pleuvoir. La journée, je peux encore suivre les différents mouvements. La nuit, quand la pluie commence, on entend seulement les gens qui se plaignent comme s’ils voulaient dire à la nature : « Soyons sérieux…, pourquoi la pluie ici et maintenant…. Pourquoi pas la pluie seulement là où nous avons nos plantations… ? » Puis c’est le silence… Je vois les gens qui restent debout, collés aux murs pour ne pas être trop trempés avec la pluie, surtout quand il y a du vent.
  • Depuis vendredi passé, notre groupe électrogène est revenu après plus d’un mois en panne, et… réparé, avec tout un nouveau bloc moteur. Cela va nous coûter un peu plus que 5.000 Euros. J’espère que les différentes ONG qui aident dans le site vont nous aider aussi à payer la facture. Si non, cela va nous faire une autre dette encore. Il y en aura des travaux à faire quand les déplacés seront partis. Je n’y pense pas trop pour le moment. On verra. A chaque jour suffit sa peine ! Au moins, nos jeunes peuvent encore bien étudier le soir avec une lumière meilleure que celle des lampes à pétrole ou des bougies, imprimer des travaux… Dommage qu’on n’a pas d’écran géant pour que les gens suivent le mondial de football.
  • Finalement, l’eau de la ville vient d’arriver encore près de chez nous. C’est depuis presque 3 ans que cela n’arrivait plus. On va demander à la compagnie en charge de nous connecter et d’installer des tuyaux pour que les gens puissent se servir. En effet, notre petit château d’eau est prévu pour pas plus que 100 personnes. Et nous faisons trop travailler la pompe. Arriver à avoir l’eau de la ville rendrait beaucoup de services aux gens. Mais cela ne va pas se faire en un jour ou tout simplement parce qu’on le demande. Que ça soit au moins clair qu’il n’y aura pas des factures à payer.
  • A voir ce qui se passe et à entendre ce qui se dit, il est pratiquement certain que les gens ne vont pas rentrer chez eux avant le mois de septembre. La raison ? C’est que c’est à ce moment là qu’on va recevoir les casques bleus. En effet, c’est avec eux et avec les forces européennes, qui semble-t-il, sont déjà dans le pays, que le vrai désarmement va se faire. Il y a encore trop de bandes armées un peu partout dans le pays et ils veulent faire cette opération de désarmement au même moment, partout dans le pays.
  • On est en pleine saison des pluies. On n’a pas d’autres choix que d’accepter que d’autres tentes avec bâches soient construites chez nous. Mais les gens commencent à être à l’étroit et c’est en pleine saison des pluies. C’est vraiment triste de voir des femmes qui viennent juste d’accoucher avec les bébés aux bras debout pour se protéger un peu de la pluie. J’ai demandé des couvertures. On n’en trouve plus et on ne doit pas s’attendre à une distribution. J’ai demandé des bâches pour que les gens ne passent pas la nuit à même le sol ou bien pour se protéger de la pluie. On n’en donne plus. Les bâches servent seulement à construire des tentes, à couvrir les latrines, les douches… c’est important aussi. Bientôt, il n’y aura plus des places pour construire les latrines et les douches. Nous en sommes à une troisième série de constructions. Les précédentes étaient pleines ; on va attendre quelques mois et on aura une terre avec du très bon fumier. J’avais demandé qu’on vide certaines latrines et refaire d’autres aux mêmes endroits. On m’a répondu qu’il n’y a plus d’endroits pour jeter ce qu’on viderait. Une machine est tombée en panne…
  • Notre maison est située dans le couloir des avions qui décollent et atterrissent. Nous en voyons de toutes les formes. Il y en a même qui volent tellement bas, en partant, que tout le monde panique parce qu’on se demande pourquoi ils doivent passer si bas, juste à quelques mètres  de la tour de notre chapelle.  Ce sont des avions militaires. Ce ne sont pas des moments à vivre trop souvent pendant la journée. Des hélicoptères de combat volent au-dessus de nous. Ce n’est pas toujours bon signe. Ils volent tout feu éteint… Nous espérons toujours que c’est pour la sécurité. On ne saura jamais les vraies raisons de leurs mouvements. Je ne pense pas que ça soit seulement pour ‘chauffer les moteurs’.
  • Le 31 juillet, nos jeunes s’en iront pour les grandes vacances. Je compte prendre, si Dieu le veut, une semaine pour ma retraite annuelle au mois d’août, hors de la maison. J’espère m’arranger pour que quelqu’un « veille » sur la maison. Dieu veillera bien sur les gens. Puis, on verra.
  • Les bruits des armes à feu ont beaucoup diminué mais il y a toujours des armes et surtout des gens prêts à les utiliser. Et c’est cela qui fait que les gens ont peur de rentrer chez eux. Ceux qui ont essayé quand même de rentrer chez eux ont vite fait de rentrer chez nous où ils trouvaient encore de la « sécurité ». Cela ne peut tout simplement pas continuer ainsi. Ce n’est pas une vie normale et on commence tous à ressentit de la fatigue. Un mois ou deux mois, ça passe encore. Mais cela fait plus que 6 mois qu’on est dans cette situation et demain n’est pas plus clair pour personne. C’est cela aussi qui fait poser des questions. Je ne sais et je ne vois un peu que de ce qui se vit à la Capitale, et plus précisément à la périphérie chez nous. Il y a une plus forte présence des forces armées étrangères qui rassure. Mais à l’intérieur du pays, ça va beaucoup moins bien parce que ces forces ne sont pas encore partout en nombre suffisant. Les gens armés qui ont été refoulés de la Capitale ont installé leurs bases à l’intérieur du pays et y font ce que bon leur semble. Pourvu que demain soit meilleur que maintenant, pour tous et partout dans le pays. Unis dans la prière.