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Texte d'AEFJN

 

L’accaparement de terres et la fausse promesse de sécurité alimentaire

 

Des décideurs politiques du monde entier assimilent souvent un INVESTISSEMENTaccru en Afrique par des sociétés étrangères d’agro-industrie à une sécurité alimentaire améliorée. Cependant, l’effet d’une production agricole plus élevée par de telles sociétés sur la sécurité alimentaire en Afrique n’est pas clair. Dans son article, le Dr Destaw Andargie argumente que c’est le plus souvent une fausse promesse et il donne l’exemple de l’Ethiopie.

 

Tout d’abord, il est nécessaire de clarifier ce qu’on entend par le concept de sécurité alimentaire en vue de mesurer son impact sur la vie quotidienne des gens. La sécurité alimentaire peut être évaluée à différents niveaux : global, national et individuel ou au niveau du ménage. Pour la sécurité alimentaire globale ou nationale, on regarde le niveau de l’approvisionnement : la disponibilité de la nourriture au niveau soit global soit national. Cependant, ceci nous dit très peu quant à l’accès à la nourriture au niveau individuel ou au niveau du ménage. On n’a qu’à considérer le surplus de production dans les nations développées, qui est soit gaspillé avant de pouvoir être consommé, soit vendu à bas prix sur les marchés du Tiers-monde, en nuisant aux producteurs locaux de nourriture. La sécurité au niveau individuel ou du ménage donne une meilleure vue du cœur du problème de la faim, parce qu’elle regarde la distribution des denrées alimentaires et pas simplement la disponibilité de la nourriture dans une région ou un pays donné. Elle considère à quelle quantité de nourriture les gens ont accès par leur propre production ou par leur capacité d’acheter de la nourriture au marché. C’est la mesure la plus précise pour déterminer les causes de la faim et de la famine. L’auteur mentionne que même durant des périodes de famine, il y avait assez de nourriture sur le marché pour ceux qui pouvaient se la payer.

 

Le Dr Andargie argumente que des acquisitions de terres à grande échelle par des sociétés étrangères ne réduiront pas l’insécurité alimentaire en Ethiopie, parce que ces sociétés produisent “exclusivement” pour le marché. Les sociétés alimentaires visent à satisfaire la demande de nourriture au prix le plus « compétitif ». Ce prix est déterminé par la compétition entre les consommateurs de nourriture à travers le monde. Ainsi la quantité de nourriture qu’on peut se payer dépend de son budget et aussi du prix que d’autres consommateurs à travers le monde sont disposés à payer. Ainsi les consommateurs éthiopiens entrent en compétition avec des consommateurs de pays riches et il est clair qu’ils sont perdants dans cette compétition. Ainsi l’agro-industrie qui acquiert du terrain et des ressources d’eau adjacentes en Ethiopie produit pour le marché mondial, ce qui veut dire qu’elle exportera ses produits vers des nations plus riches parce qu’elle en tirera un meilleur prix que celui qu’elle peut obtenir du consommateur éthiopien. Le marché est aveugle vis-à-vis des besoins et par conséquent ces solutions basées sur le marché ne réduiront pas l’insécurité alimentaire. C’est plutôt le contraire car des ressources productives, terre et eau, sont détournées de la culture d’aliments de base pour les pauvres vers la production d’agro-carburants et d’aliments pour bétail afin de satisfaire la demande croissante de viande dans les pays riches.

 

L’auteur suggère qu’en vue de s’attaquer à la faim, il faut s’occuper à la fois de la distribution et de la disponibilité au niveau des ménages. Les producteurs de nourriture, c.-à-d. les agriculteurs familiaux, doivent être soutenus suffisamment pour améliorer leur productivité, parce qu’actuellement ils peuvent être eux-mêmes victimes de la faim. De plus, la capacité des pauvres urbains à acheter suffisamment de nourriture doit être renforcée, ainsi la pauvreté urbaine doit être combattue. Les programmes de sécurité alimentaire doivent prendre ces questions en compte.