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Que font-ils ici ces prêtres - par webMaster le 05/04/2015 @ 21:45

MISSION DES PRETRES VENUS D’AILLEURS

 

Il y a trois mois, le Comité missionnaire de Charleroi organisait une rencontre avec des prêtres venus d’ailleurs, afin de mieux les connaître, ainsi que leurs motivations. Une question posée par Jonas, prêtre Spiritain brazzavillois me turlupine : mais pourquoi cet Occident rejette-t-il aujourd’hui le christianisme  qu’il est venu nous apporter  il y a plus de 150 ans, alors que nous en Afrique, nous avions une religion très humaine, croyants en un Dieu immanent et éminent.  Oui, je me pose cette question chaque jour en voyant l’occident. Il y a des moments où je me dis que c’est l’opium du peuple. Pourquoi cet occident rejette-t-il aujourd’hui ce christianisme ?

 

Opium du peuple ?

Que les différents pouvoirs politiques et économiques occidentaux aient utilisé  les Eglises chrétiennes pour assoir leur pouvoir, je crois qu’il n’y a pas de doute : en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, les Eglises ont été utilisées pour « humaniser » l’exploitation de leurs richesses par le pouvoir colonisateur. La plupart du temps, la Bonne Nouvelle a été accompagnée d’œuvres diverses comme la construction d’hôpitaux et d’écoles. C’était, pour ces Pouvoirs, une manière de s’attirer la confiance des habitants et de leurs chefs. Une manière d’endormir leur résistance. Léopold II n’avait-il pas exigé le départ des missionnaires spiritains français à l’embouchure du Fleuve Congo pour qu’ils soient remplacés par des missionnaires belges ?

Par contre affirmer que c’était là une volonté claire des missionnaires, est totalement faux et contraire aux nombreux faits de rébellion de nombreux missionnaires contre le pouvoir colonial. Il suffit de de se souvenir de la célèbre Controverse de Valladolid où le dominicain Bartolomé de Las Casas réussit à faire accepter par le pouvoir Espagnol que les Indiens étaient des êtres humains à part entière. A la même époque, ce sont les Jésuites qui résistèrent en créant les célèbres Réductions au Paraguay.

Au Congo, dans la plupart des régions, de nombreux conflits opposèrent les missionnaires aux autorités et à l’armée coloniale. Au Kasaï, un missionnaire, prévenu par un soldat congolais réussit à s’enfuir d’une ferme-école, juste avant l’assaut par l’armée. Plus tard, il sera même expulsé par les autorités belges ! Il ne faut pas oublier non plus, que c’est en grande partie grâce aux missionnaires protestants que Léopold II fut obligé de mettre fin à la trop célèbre campagne de cinq ans de « mains coupées ».

 

Un espoir pour nos communautés ?

C’est ce que j’ai pu constater lors de la célébration de la messe de Pâques à Bruxelles ce dimanche. Deux prêtres belges âgés célébraient en compagnie de deux jeunes prêtres africains. Peu de chaises étaient restées libres ce dimanche : une grande majorité d’Africains venus de plusieurs pays différents, ainsi qu’une trentaine de Belges. Tous unis dans une même célébration métissée.

En effet, en 20 ans, cette église St Roch près de la gare du Nord à Bruxelles s’est colorée de plus en plus. Et aujourd’hui, la liturgie s’inspire à la fois de la tradition exubérante africaine tout en respectant le besoin d’un certain dépouillement belge. C’est un comité liturgique bigarré qui organise le tout, afin que tous puissent avoir un rôle.

Ce qui m’a étonné, c’est le nombre de prises de parole des jeunes : intentions, lectures (même l’évangile ou certaines prières sont lus par un ou une laïc). C’est le groupe des jeunes qui a décoré le chœur et qui vient « servir » les prêtres, aucun « célébrant principal », mais chaque prêtre accomplit une tâche dans la célébration, et en plus, deux chorales : une africaine et une belge, qui se répartissent les chants. Et il est inutile d’ajouter que l’encens coule à flots, si on peut dire !

 

Conclusion

Oui, je crois la présence de ces nombreux prêtres venus d’ailleurs est une bénédiction pour nos communautés, à condition que ces dernières « jouent le jeu ». En effet St Roch n’est pas la seule église de Bruxelles qui est animée par des prêtres venus d’ailleurs : au centre-ville comme dans les communes avoisinantes, ils sont nombreux.

Que serait devenue cette petite communauté vieillissante de St Roch et d’autres paroisses si elles étaient restées entre elles ? Elles se seraient désertifiées au fur et à mesure des années. Dernièrement j’ai vécu également des églises pleines à Waterloo, et de nouveau, dans des communautés qui s’étaient adaptées à leurs nouveaux animateurs. Quelques participants belges m’ont affirmé avec un sourire de satisfaction : au début que ce prêtre congolais est arrivé, on se demandait ce qu’il venait faire ici alors qu’il manque de prêtres chez eux. Petit à petit, le nombre d’Africains présents a augmenté. Aujourd’hui, ils font également partie des comités, et on sent un vent de jeunesse souffler sur notre paroisse. Il y a même de nouveaux Belges qui participent aux messes. Heureusement qu’ils sont là, sinon nos communautés mourraient bientôt.