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Aussi étrange que cela paraisse, le gouvernement belge a déjà confié à plusieurs entreprises belges, le soin d'accueillir les personnes qui attendent la réponse à leur demande d'asile. Cela signifie : gestion de bâtiments, personnel, aides psychologiques et sociales, nourriture etc...

Voici des extraits de l'analyse faite par le CIRE : http://www.cire.be/publications/analyses/la-privatisation-de-l-accueil-des-demandeurs-d-asile

 

Au total, un marché de 18.500 places d’accueil a été ouvert en quelques mois. Fin octobre 2015, ce sont déjà 2.200 places qui sont attribuées à des entreprises privées qui vont gérer six centres d’accueil. En novembre 2015, Fedasil a annoncé que 1.162 places étaient déjà disponibles dans sept centres gérés par le privé

(...) En Allemagne, une entreprise gère plus de 15.000 places d’accueil dans 90 centres avec près de 900 travailleurs et la sécurité des centres est sous-traitée à des sociétés de sécurité privées. Ces dernières ont été liées à plusieurs scandales de maltraitance de candidats réfugiés. En Angleterre, trois sociétés privées gèrent des centres pour demandeurs d’asile pour un total de 23.000 places dans des conditions considérées comme insatisfaisantes. En Irlande, de nombreuses sociétés privées sont actives pour un accueil de 4.000 demandeurs d’asile répartis en 34 centres d’accueil. En Italie, les centres d’accueil (CAR) sont là aussi gérés par des compagnies privées. Ce marché de l’accueil est tellement juteux qu’il se retrouve au coeur du procès « Mafia Capitale ». Les principaux inculpés considéraient l’accueil comme la poule aux oeufs d’or.

 

(..)CONCLUSIONS

 privatisation de l’accueil des demandeurs d’asile est une réalité belge et européenne qui est le résultat de choix politiques délibérément adoptés en ce sens. Ce marché et les dérives éventuelles qu’il contient se trouvent au confluant de plusieurs enjeux politiques. D’une part, il s’agit d’une privatisation d’un des pans de l’aide sociale. Les risques de voir d’autres secteurs des politiques sociales (pension, chômage, soins de santé, activation des chômeurs…) soumises elles aussi aux lois et opérateurs du marché est désormais réel. D’autre part, c’est également un nouveau pas franchi22 vers une délégation de la gestion migratoire au profit des compagnies privées. Il est permis d’imaginer qu’à l’avenir la gestion des centres de détention ou l’examen des procédures d’asile pourraient être confiés, comme cela l’est déjà dans d’autres pays, à des opérateurs privés afin qu’ils puissent en réaliser un profit. Cette privatisation constitue aussi un nouveau recul de la sphère politique, une nouvelle expansion du marché et une exclusion supplémentaire des migrants de l’espace public. Pour finir, elle réalise une mise sur le marché de missions qui répondent avant tout à une obligation et un devoir moral.